Critique de Conan par Ecranlarge:
"Vu les réactions effarées de certains spectateurs au sortir de la projo presse, il y a fort à parier que ce Conan ne se paye pas franchement bonne presse. Nanar, affligeant, zéderie, nullissime... Il faudrait cependant voir à relativiser quelque peu ces propos, et à envisager un instant de prendre le recul nécessaire afin de se dire que le cœur de cible du film de Marcus Nispel ne se trouve que très rarement dans ce genre de salles (Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font - Lc 23,33-34). Imaginez par exemple que vous demandiez à une dentellière de juger le travail de cloutage effectué sur le blouson de cuir d'un biker : il y a peu de chances que ce travail d'orfèvre punk trouve grâce à ces yeux. Il y a même des chances qu'elle décrète que c'est mal torché. En cinéma, c'est la même chose : il y a les bikers (Neil Marshall, Marcus Nispel...) et, pour tout dire, il y a beaucoup de dentellières.
Vous l'aurez compris, le Conan de Nispel ne s'adresse pas vraiment aux fans de Tarkovski. Ni même aux fans de Milius, finalement. Parce que si apprécié soit-il, le Conan de John Milius n'était ni celui de Richard Fleischer, ni davantage celui de Robert E. Howard. Comme de nombreux autres personnages de fiction, Conan a plusieurs vies : films, dessins animés, jeux vidéos, comics... Celui qui nous intéresse ici est très proche de sa représentation dans les comics : violent, décomplexé (« I live, I love, I slay... And I'm content »), mais également très graphique : tout ou presque y passe par l'image, dans des compositions de plans assez sublimes, dignes d'un Frank Frazetta (vivement le Blu-ray), parfois un peu gâchées cela dit par l'usage de la 3D, qui n'a aucun intérêt (vivement la révision en 2D)."
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