Radical et minimaliste
Après la folie Marie-Antoinette (2008), la réalisatrice de The Virgin Suicides (1998) et de Lost in Translation (2003), revient à une veine plus modeste. C'est son film le plus radical et minimaliste à ce jour. Il évoque quelques jours de la vie de Johnny Marco (interprété par Stephen Dorff), un acteur entre deux âges, vivant à demeure dans un hôtel de luxe à Los Angeles, qui réalise soudain que sa renommée tient moins à sa carrière qu'à l'intérêt frelaté que lui accordent les tabloïds. Au milieu de cette abyssale vacuité, où l'ennui le dispute aux séances de photos débiles et aux coucheries impavides, le film évoque, avec un humour inquiet, les quelques moments qu'il passe avec sa fille, une jeune adolescente que son ex-femme lui a confiée.
Fable désenchantée et laconique sur cette société du spectacle dont la réalisatrice est issue, Somewhere ("quelque part") dégage ce parfum légèrement décadent sur le malheur des gens riches et célèbres qui est la marque de Sofia Coppola. S'ajoute ici, à travers cette relation à la fois tendre et douloureuse entre un père et sa fille, une part évidente d'inspiration biographique, qui fait décidément des Coppola un clan où le cinéma et la famille entretiennent des liens électifs, pour ne pas dire incestueux.
(Le Monde)
A noter cependant, pour être complet et impartial, que le film a été longuement ovationné.