C'était avec une petite crainte que je me suis déplacé au cinéma hier soir pour voir ce nouveau film de Sofia Coppola, réalisatrice qui m'avait comblé grâce aux deux films d'elle que j'ai vu auparavant à savoir Virgin Suicides et Lost in Translation. Une crainte vite levée, la fille de Dieu (sisi
) signe encore une fois une oeuvre forte et bouleversante.
Ce n'était donc pas une légende, le film commence bien par un plan fixe de quelques minutes filmant une Ferrari faisant des tours de piste. Ce qui agacera déjà beaucoup de monde à ce stade de film m'a au contraire mis en confiance, c'est une scène qui impose un rythme et qui n'est pas laissée là au hasard. Sofia Coppola signe une nouvelle oeuvre intimiste, intimiste comme sa mise en scène encore une fois qui reste sobre, pure, dénuée de quelconque effets de style. La cinéaste filme un morceau de vie avec une grande finesse et met en scène des personnages "vrais", qui sonnent juste.
Stephen Dorff offre une bien belle composition et l'alchimie entre lui et la jeune Elle Fanning est parfaite. Cette histoire d'un père et d'une fille qui passent quelques (rares) moments ensemble m'a touché. On aurait voulu les voir plus souvent ensemble à l'écran, mais ceci aurait nuit au film, tant son intérêt demeure dans ces rares moments de tendresse qui succèdent à de vastes instants d'ennui. Les scènes s'étirent afin de mieux le percevoir mais jamais pour me le faire ressentir, j'ai été assez subjugué par la beauté de l'oeuvre en son ensemble, c'est un film vraiment très beau.
D'une idée de départ toute simple, Sofia Coppola réalise un film fort, touchant et sûrement très personnel. Elle s'immisce malicieusement dans la vie de ses personnages pour mieux en souligner les traits, pour mieux les percevoir, les comprendre et évite toute surenchère dramatique, ces personnages respirent l'authenticité. C'est un produit de cinéma pur, quelque chose d'unique. J'émettrais quand même quelques réserves quant au fait que quelques marques apparaissent bien en évidence mais bon ça devient habituel maintenant et la scène de fin reste un peu réductrice même si elle m'a plu. J'aurais peut-être souhaité un approfondissement du personnage de Stephen Dorff mais peut-être cela aurait été de trop et aurait trahi un peu l'ambiance générale. Mais qu'importe, la Sofia me comble une fois de plus avec ce bien beau film, léger et subtil, à l'ambiance si envoûtante et aux personnages si touchants. Vivement que je voie Marie-Antoinette maintenant, ah Sofia je t'aime!
8/10