Les mauvaises critiques de ce film sont très faiblardes, je m'attendais à ce que lepro apprécie.
Je pense que la grande disparité des réceptions du film est avant-tout une question de maturité, qui conditionne la crédibilité que l'on accorde à une histoire au premier degré et donc, de par son absence, le goût pour le singulier, le fantasmagorique, l'inhabituel voir l'irréel.
Certaines personnes (dont je fais partie) considèrent que l'on peut raconter des histoires très intéressantes aussi bien intellectuellement (sur le plan de la psyché des personnages, des catégories et réalités sociales) qu'affectivement en filmant uniquement des scènes de la vie quotidienne, des moments de vie paraissant quelconque, des situations communes. Beaucoup plus intéressant, en réalité, que des histoires (vraies ou fantasmées) de chevaliers, mafieux, de cow-boys, de super-héros et j'en passe, qui ne disent rien ou si peu, et ne me font plus vibrer.
D'ailleurs, mes scènes préférées chez Coppola, Tarantino ou Scorsese, sont les discussions interminables autour d'une table de snack ou d'une bouteille de rhum, où le propos n'est pas tant intéressant que l'attitude des personnages.
Il faut voir la littérature (qui reste l'art intellectuel le plus noble) pour comprendre que les plus grand auteurs, ceux qui racontent le plus de choses, touchent le plus, sont ceux qui appartiennent au courant réaliste, plutôt que les écrivaillons qui dépeignent d'énièmes histoires fantasmagoriques, cherchant à flatter grassement l'ego du lecteur crédule au travers du processus catharsique.