"Le film est rarement dans une position de force par rapport au spectateur, il lui laisse l'occasion ( la chance même ) de s'approprier ce qu'il souhaite, d'interpréter chaque séquence comme il le veut. "
Exact. J'ai l'impression que c'est une tendance générale du cinéma actuel. Surement un signe du nihilisme de notre époque à moins que ça n'est toujours existé dans les films dits indépendants.
"Et finalement, il ne se passe vraiment rien dans Somewhere ? C'est faux évidemment, puisque le film dit des choses sur le star-system, les relations père-fille, la vacuité de l'existence."
Au sujet du star-system, je trouve qu'on frôle la caricature à trois reprises : La scène du premier striptease où Johnny Marco s'emmerde ferme. Primo parce les deux playmates sont grossièrement ridicules et secundo parce que l'ennui de Johnny est beaucoup trop perceptible. Ensuite, la scène de la séance photo où Johnny prend la pose aux côtés de Michelle Monaghan (Kiss Kiss Bang Bang.) Personne n'ignore que les sourires des acteurs en promo sont feintés donc je ne vois pas la nécessité de nous rabâcher ce sujet. Enfin, la scène finale quand Johnny abandonne son véhicule et fait son Forrest Gump. On est à la limite du mélodramatique.
"Quelque part, le film a une force documentaire énorme puisqu'il semble filmer la réalité et non pas une fiction. Du coup, l'émotion - même si plus rare que d'habitude chez Coppola - est plus intense parce qu'on a l'impression que tout ce qu'on voit est sincère."
Arf, même question qu'à DarkToonLink au sujet de l'émotion : est-ce réellement la vocation de ce film que de susciter une intense émotion ? Les interviews que j'ai vu sur Somewhere n'ont pas répondu à cette interrogation. En outre, tu fais remarquer avec pertinence que le film est "plus proche du cerveau que du cœur."