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Liste des sujets

Somewhere, de Sofia Coppola

WernerHerzog
WernerHerzog
Niveau 10
09 janvier 2011 à 03:18:31

Elle Fanning l'a troublé.

:hap:

blazcowicz
blazcowicz
Niveau 10
09 janvier 2011 à 03:19:59

En même temps à chaque fois c'est pareil, je vous l'ai dit on l'aura demain :hap:

HenryFonda
HenryFonda
Niveau 10
09 janvier 2011 à 03:20:42

La scène où elle prépare le petit déjeuner :coeur:

DarkToonLink
DarkToonLink
Niveau 17
09 janvier 2011 à 03:23:56

Magnifique scène. :oui:

leprodiss
leprodiss
Niveau 10
09 janvier 2011 à 03:25:11

J'ai trop du mal :rire:

C'est frustrant. C'est dur de dire du bien d'un grand film et d'une grande réalisatrice.

WernerHerzog
WernerHerzog
Niveau 10
09 janvier 2011 à 03:26:39

Hé hé.

:hap:

PS : Viens sur msn si tu as le temps, c'est important (sans blague).

DarkToonLink
DarkToonLink
Niveau 17
09 janvier 2011 à 03:27:37

Il va le descendre. :hap:

HenryFonda
HenryFonda
Niveau 10
09 janvier 2011 à 03:27:49

Pourtant ça devrait venir du coeur, donc normalement ça doit sortir tout seul :hap:

DarkToonLink
DarkToonLink
Niveau 17
09 janvier 2011 à 03:35:43

Bientôt 2 heures... :hap:

leprodiss
leprodiss
Niveau 10
09 janvier 2011 à 03:36:13

Nan mais je fais autre chose à côté :ok:

:hap:

HenryFonda
HenryFonda
Niveau 10
09 janvier 2011 à 03:38:28

Tu es cruel :hap:
Bon je vous laisse demain à 10h30 : Arrietty :bave:

DarkToonLink
DarkToonLink
Niveau 17
09 janvier 2011 à 03:45:55

Je voulais aller le voir en avant-première demain matin aussi mais il ne passait qu'en VF, alors je vais attendre Mercredi je pense.

leprodiss
leprodiss
Niveau 10
09 janvier 2011 à 03:56:47

Bonne nuit :hap:

WernerHerzog
WernerHerzog
Niveau 10
09 janvier 2011 à 03:56:51

:(

EvilJamesBide
EvilJamesBide
Niveau 9
09 janvier 2011 à 03:57:06

<c'était prévisible :hap:

leprodiss
leprodiss
Niveau 10
09 janvier 2011 à 03:58:35

Nan, je me relis. J'aimerais poster en nouvelle page :hap:

EvilJamesBide
EvilJamesBide
Niveau 9
09 janvier 2011 à 04:00:50

Bon vas-y, je sors fumer la dernière et quand je reviens CA A INTERET D'ETRE POSTE PUTAIN!!! :-(( YOU WANT TO FUCK WITH ME? ALRIGHT! YOU FUCK WITH THE BEST!!! :-((

DarkToonLink
DarkToonLink
Niveau 17
09 janvier 2011 à 04:01:28

.

leprodiss
leprodiss
Niveau 10
09 janvier 2011 à 04:02:36

Merci !

:hap:

leprodiss
leprodiss
Niveau 10
09 janvier 2011 à 04:05:31

Si quelqu'un vous demande quelle est la meilleure réalisation de Francis Ford Coppola, il ne faudra pas répondre Apocalypse Now ou Le Parrain, mais Sofia, sa fille. En quatre films, la cinéaste américaine s'impose définitivement comme une grande, une auteure majeure capable de se renouveler en permanence tout en travaillant les thèmes qui lui sont récurrents, imposant sa vision du monde et une sensibilité à part dans le paysage cinématographique. Après trois premiers films présentés comme les diverses parties composant une trilogie, il était intrigant de voir comment Sofia Coppola allait aborder le tournant que représentait Somewhere, quelle direction elle allait donner à son cinéma. Le film se présente comme la continuité logique de son travail tout en injectant une dose d'audace et de renouveau dans la carrière de la réalisatrice.

Soit un acteur un peu paumé séjournant dans un hôtel ( non ça n'est pas Bill Murray dans Lost In Translation ), recevant la visite de sa fille, pré-ado blonde au visage angélique ( non ça n'est pas une vierge suicidaire ). Voilà le film, qui ne bouge plus pendant une heure quarante. Parce qu'il ne se passe rien dans Somewhere. Et pourtant, le film dit tout. Sur un postulat de départ en apparence hyper faible, Coppola fille met en scène une oeuvre qui dépasse les conventions et les clichés cinématographiques, donnant l'impression que ce qu'on voit à l'écran appartient plus à notre réalité qu'à un univers de pure fiction. Pourquoi ? Certainement parce que dans Somewhere, tout est sincère, qu'il est question d'authenticité des rapports humains et des émotions. On a cette impression rarement vécue au cinéma que le film offre de véritables moments de vie, précisément parce qu'il ne se passe pas grand-chose. Au cinéma d'habitude il faut raconter une histoire, et proposer de l'action, du mouvement. Notions qui semblent aux antipodes de Johnny Marco ( Stephen Dorff, impeccable ), personnage totalement léthargique qui semble faire de l'immobilisme son moteur principal. C'est un individu neurasthénique qui ne trouve aucun but à sa vie ( mais en cherche-t-il un ? ), qui ne fait que s'enfermer dans une routine absolue, un cercle vicieux d'oisiveté que la première séquence du film symbolise parfaitement : il tourne en rond. Et puis sa fille arrive, et on se dit que le film va quitter cet état d'abattement général et d'inaction pour proposer le portrait d'une relation père/fille, que Sofia Coppola va peut-être dire quelque chose du lourd héritage qui est le sien. Qu'il va se passer quelque chose. Non. Il ne se passe absolument rien ! Johnny et Cleo jouent à la console, Johnny et Cleo nagent dans une piscine, Johnny et Cleo sont dans une voiture. Johnny et Cleo pourraient alors nous ennuyer un peu, mais le talent de Sofia Coppola fait qu'il se passe le contraire. Johnny et Cleo sont fascinants parce qu'ils nous ressemblent, parce que nos vies n'ont rien de véritablement cinématographique, qu'il n'y a pas dans notre existence un rebondissement toutes les dix minutes. Sofia Coppola est clairement une cinéaste de l'anti-artifice, jouant plus volontiers sur le registre de la discrétion, privilégiant les détails à la surenchère. Et son style est sans afféterie aucune. Elle ne dit pas les choses à haute voix, mais chuchote à l'oreille du spectateur parce qu'elle opère avec tact et que son cinéma est dans une délicatesse de la transmission. Coppola ne montre pas, elle suggère. Le film est rarement dans une position de force par rapport au spectateur, il lui laisse l'occasion ( la chance même ) de s'approprier ce qu'il souhaite, d'interpréter chaque séquence comme il le veut. Cela est dû à l'absence de volonté de la part de l'auteur de rendre tout psychologique, d'expliquer chaque scène, de tout souligner pour que le spectateur comprenne les choses plus facilement. C'est surtout grâce à sa mise en scène subtile que Coppola fait ressentir les émotions, parce qu'elle fait durer les séquences, parce qu'elle débarrasse l'écran de sa substance superflue pour en arriver à une sorte d'épuisement total qui ne retient que le plus pur : les sentiments.

En ce sens, l'influence antonionienne sur la cinéaste atteint ici son apogée. Symboliquement, le film va même loin puisqu'un séjour en Italie a lieu, comme si le cinéma de Coppola avait besoin de développer son identité en faisant se dérouler quelques-unes de ses séquences dans le pays d'Antonioni. Il y a dans Somewhere ce qu'on avait aperçu en bribes dans les précédents films, une manière de travailler l'espace en le vidant et en isolant les personnages ( Kirsten Dunst sur le " playground love ", Scarlett Johansson dans sa chambre d'hôtel avec Tokyo en arrière-plan, Kirsten Dunst à nouveau dans son château ), une façon particulière d'étirer les scènes en longueur et de dire quelque chose de l'état de personnages se retrouvant en déperdition totale. Comme chez Antonioni, les personnages de Somewhere sont souvent captés au sein d'un espace sans vie qui en dit beaucoup sur ce qu'ils sont. Il y a dans le film une sorte d'atonie caractéristique de la psychologie des personnages, une passivité qui paradoxalement rend l'entreprise coppolienne plus sincère et vraie que la majorité des autres films. Coppola, réalisatrice dont le cinéma est l'anti-tonneau des Danaïdes : elle vide pour mieux remplir. Elle abandonne de plus en plus la matière grave et triste ( on pleure de moins en moins dans ses films, l'émotion est moins recherchée ) pour expérimenter une sorte d'ascèse cinématographique plus proche du cerveau que du coeur. Plus le temps passe et plus son cinéma s'élève, avec ceci de paradoxal qu'il semble de plus en plus minimaliste. Il faut enlever la chair pour mieux atteindre l'esprit.

Et finalement, il ne se passe vraiment rien dans Somewhere ? C'est faux évidemment, puisque le film dit des choses sur le star-system, les relations père-fille, la vacuité de l'existence. La nuance réside dans le fait - comme il a été dit - que le film ne semble jamais dire les choses trop fort. Et surtout il y a des personnages d'une admirable beauté, précisément parce qu'ils semblent tout simplement humains. Johnny Marco d'un côté, au bord de la dépression, l'air toujours paumé, ne trouvant pas sa place dans un monde qui semble-t-il n'a plus rien à lui offrir. De l'autre, Cleo ( Elle Fanning, grâcieuse ), à l'opposé de la puérilité de son père, une gosse responsable et qui semble déjà adulte, mais qui cache un immense chagrin au fond d'elle, une solitude qu'elle dissimule derrière ses grands airs. Et l'humanité des personnages naît des situations ordinaires, mais aussi de leurs gestes, de leurs réactions, de leur comportement qui pourrait très bien être celui du spectateur. Quelque part, le film a une force documentaire énorme puisqu'il semble filmer la réalité et non pas une fiction. Du coup, l'émotion - même si plus rare que d'habitude chez Coppola - est plus intense parce qu'on a l'impression que tout ce qu'on voit est sincère. La réalisatrice dit beaucoup sur le vide existentiel, la futilité de la vie, et la participation de Harris Savides au film ( chef-op' de Gus Van Sant sur Elephant notamment ) est une preuve supplémentaire que Somewhere s'inscrit davantage dans un registre travaillant la disparition du corps et de l'esprit. Il y a un somewhere oui, encore faut-il le remplir d'un somebody, être présent au monde. C'est là tout ce qui occupe le personnage principal du film.

Audacieux, tendre, humain, plein de sincérité, une grandiose leçon de cinéma et une intense bouffée d'air frais dans le paysage du septième art. Les films de Sofia Coppola ne ressemblent à aucun autre, c'est aussi ce qui fait leur beauté et leur nécessité absolue.

9,5/10

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