Il est vrai que ce film est quelque peu déstabilisant, ce ne sont pas des éléments habituels qui créent le malaise dans le film, il semble être fait de part en part d’un type particulier de terreur, qui nous rappelle les nuits troublées de notre petite enfance. Tout est effrayant, les choses les plus banales sont teintes d’une note bizarre sur laquelle on ne peut pas mettre le doigt. On sent que quelque chose se passe, quelque chose d’obscur et menaçant, juste en deçà de la surface, comme derrière un rideau. Ce n’est pas une menace réelle, mais simplement le sentiment d’inquiétude que l’on a, la musique et les effets sonores ont un rôle essentiel dans l’atmosphère qu’il réussit à créer.
Un autre élément qui amplifie à la fois ce sentiment d'oppression et la constante menace d’un extérieur inconnu, est le choix du décor et les angles de prise de vue. Les intérieurs de ce film vont d’une banalité au bord du mauvais gout jusqu’aux labyrinthique. Les intérieurs sont donc eux-mêmes des personnages qui participent à l’histoire, qui nous conduisent au fond de leurs inconscients.
Ce qui fait de ces intérieurs, qui rappellent familièrement les intérieurs de « Monsieur Toutlemonde », des espaces inquiétants et surréalistes, sont ces petits détails qui clochent. Mais l’effet est essentiellement obtenu par la combinaison du visuel et du son.