Petite critique contenant spoiler.
Eden Lake est un survival horrifique pondu par le Britannique James Watkins, déjà scénariste de The Descent. On sait donc à quoi s'attendre : des scènes choques, une immoralité décomplexée et une gradation lente de la violence durant une longue descente aux enfers.
Pour ce faire, le réalisateur prend un malin plaisir à jouer avec le spectateur, qui se verra malmené entre espoir et horreur, tension et tranquilité.
On commence par nous montrer un couple heureux pour qui tout va très bien dans le meilleur des mondes. Puis, d'un coup, les rouages de la discorde se mette en marche et entraîne une mécanique de l'horreur parfaitement huîlée. Le procédé de Watkins est simple : en introduisant des protagonistes nageant en pleine euphorie, puis en les confrontant d'un coup à l'atrocité absolue, à l'instar de Deer Hunter, il cherche à créer un contraste choquant entre "l'avant" et "l'après", qui surprendra d'autant plus le spectateur.
L'idée est bonne, mais malheureusement, on se rend vite compte que le talent de Watkins se prête bien mieux à la deuxième partie qu'à la première, car l'empathie que l'on est censé éprouvé pour ce couple tarte dans la première partie, n'est pas au rendez-vous. Pourquoi? Simplement parce que Watkins offre une sorte de romance lourdingue proche de la niaiserie des Feux de l'Amour, et tout ça sur des musiques pompeuses et des dialogues franchement mal foutus.
Ce n'est que lorsque le film s'oriente vers un registre plus conflictuel, violent et foisonnant de suspense que le film trouve véritablement sa nature, ce qui fait son essence. Dès lors, un cocktail d'émotions fortes abreuve nos tendances masochistes et un shot de violence primaire arrose nos instincts carnassiers. Aucun Survival ne m'avait stressé comme cela depuis Apocalypto.
On regrettera quand même que les défauts inhérents à presque tous les films d'horreur se retrouve dans celui-ci également. C'est-à-dire un lot d'incohérences conséquent notamment dans les réactions des personnages ( la femme se fait poursuivre par des gamins en vélo dans la forêt et elle suit le sentier, alors que si elle partait dans la broussaille, ils n'auraient aucune chance de la rattraper; elle n'a pas de réseau pour appeler la police, mais les gamins en ont pour s'appeler entre eux ).
8/10