Moi j'ai envie de pose des question pour savoir si il se termine comme le comics.
La critique de L'Écran Fantastique :
Citation :
Mattew Vaughn est décidément un réalisateur hors pair. Après s'être fait remarqué en adaptant un polar anglais sans concession de J.J. Connolly (Layer Cake avec un Daniel Craig encore débutant), il s'est essayé à la Fantasy avec Stardust d'après Neil Gaiman. Le voici aujourd'hui qui se frotte au monde des Comics en portant à l'écran une œuvre de l'auteur très original Mark Millar, qui avait déjà imaginé Wanted, adapté avec plus ou moins de bonheur par Timur Bekmambetov. Il aurait tout à fait pu se contenter d'aborder son sujet avec légèreté et nous offrir une comédie adolescente un peu potache comme Hollywood en produit à la pelle, mais ce n'est pas le style de ce réalisateur. Il parvient en effet avec ce long-métrage à se montrer aussi acide que le Jason Reitman de Juno, aussi frais que le Sam Raimi de Spider-Man premier du nom, et aussi dur que le Christopher Nolan de Batman Begins.
Vaughn ne s'intéresse de fait qu'à son personnage, cet adolescent comme il en existe tant, plein d'énergie et de possibilité et qui se lance avec une fougue que seul son âge permet dans la passion qui l'anime alors. Il ne veut pas devenir une star de la guitare électrique ni un dieu du skateboard, mais un justicier masqué... Qu'importe alors les coups, les échecs, les blessures, les humiliations, les erreurs, les déroutes, les errements, les obstacles a priori insurmontables : les adolescents ne doutent de rien, et c'est à ça qu'on les reconnaît ! En plus, celui-là est plus intelligent, ou du moins clairvoyant que la moyenne, doté de cette conscience aiguë du monde qui l'entoure. Il lui suffit de réaliser combien est étrange que personne n'ait jamais tenté de devenir un super-héros pour que cela devienne l'objectif de sa vie, sa mission sur terre. Plus rien ne pourra le faire dévier de sa trajectoire et c'est tant mieux, car elle nous emmène dans une aventure douce-amère comme on en a rarement vue au cinéma.
Avoir choisi d'incarner avec tant de vérité ce personnage de héros permet dès lors toutes les audaces, tous les excès autour de lui. Ainsi de Nicolas Cage, sorte de "vigilante" survivaliste, qui éduque sa fille comme s'il s'agissait de Danny the Dog, version couettes et langue bien pendue, aussi mortelle avec un fusil mitrailleur que mains nues. Mark Strong, inquiétant en Lord Blackwood dans Sherlock Holmes, semble ici tout droit sorti du Casino de Scorsese, animal froid et calculateur, qui assassine par pure nécessité professionnelle. Aussi, quand ses hommes se font tuer par l'improbable équipe de super-héros, son sang ne fait qu'un tour, avec pour objectif de faire couler celui des autres. Nous ne raconterons pas l'intrigue pour préserver l'impact (faramineux) que le film a sur le spectateur, parvenant à changer de registre avec une virtuosité extraordinaire qui ne perd pas le public, ni ne le déçoit à aucun moment. Porté par des acteur tous parfaits, incarnant des personnages inattendus et loin de toute caricature, plongé dans une intrigue aussi simple qu'intelligemment écrite, Kick-Ass s'impose comme un pur chef d'œuvre de comics sur grand écran, un très grand moment de cinéma qui parvient à nous faire passer par tous les états émotionnels avec la même maestria, coup de poing à la fois sanglant et très drôle qui ose tout, et le fait à la perfection.