Le 22 mars 2012 à 22:02:10 :
C'est déjà bien meilleur que Super 8.
Non.
Une dizaine d'années après avoir assisté à cette grosse désillusion qu'a été Cowboys & Envahisseurs au cinéma, l'envie de me regarder sa version longue jouissant de 20 minutes supplémentaires m'est venue. Peut-être allait-elle améliorer sa structure et son intrigue ? Pensez-vous : c'est encore pire !
Je me suis rarement autant ennuyé devant un film. Pour les quelques personnes/inconscients qui voudraient le voir, privilégiez l'ébauche d'origine. Sans plaisanterie aucune, les 20 minutes n'apportent rien hormis des longueurs interminables cassant totalement le rythme. Comment expliquer un tel fiasco malgré les espoirs jadis nourris pour cette adaptation du roman graphique éponyme ?
Pourtant, Il serait mensonge éhonté d'affirmer qu'il n'y avait pas une ambition dans ce projet, ambition qui se ressent au niveau du casting ; Daniel Craig et Harrison Ford dans les rôles principaux, ça pouvait laisser entrevoir quelques rayons de soleil. J'oublie volontairement Olivia Wilde qui est - et a toujours été - une piètre actrice. Mais sacrebleu ; mettre de la thune essentiellement dans les salaires et les effets spéciaux n'a jamais suffi pour faire un bon film, ça se saurait !
: Nous vous mettons en correspondance avec votre contact.
: Enchanté, Kevin Feige à l'appareil !
L'élément qui doit - et devrait - être primordial dans une production pour envisager un minimum de « succès » est sans nul doute son écriture. Honnêtement, je ne sais pas comment il est possible de pondre de tels dialogues.
- Primo : cette histoire de flashbacks avec sa défunte femme est aussi intéressante qu'un livre traitant de la filmographie de Paul W. S. Anderson - surtout avec la photo dégueulasse aperçue lors de ces séquences.
- Secundo : il faudrait arrêter de présenter les extraterrestres comme des créatures débiles et aussi belliqueuses. S'ils possèdent une technologie permettant de se déplacer entre les univers, ils ne peuvent pas foncer tête baissée dans les pièges comme des gogolitos. Un peu de bon sens ; sapristi !
- Tertio : l'amour qu'éprouve le personnage d'Olivia Wild pour le héros est incohérent en plus de n'être absolument pas développé. Au pasage ; c'est censé être une espèce venue des étoiles qui a pris forme humaine pour éviter de nous choquer. Pourquoi cette « étrangère » tomberait sous le charme de cet homme, surtout en l'espace d'une journée ? Scénario ? Où es-tu scénario ? Ah bah il est parti !
En l'occurrence, et à l'image des protagonistes du long-métrage, mes yeux se sont levés vers le ciel à de multiples reprises mais pas pour les mêmes raisons. On peut aussi évoquer les tentatives d'humour avortées, faute à une gestion calamiteuse du tempo. Du reste, il est bien beau de mettre des références à plein de classiques tels ; Indiana Jones, Retour vers le futur, Alien - mais ça ne fait qu'accentuer son inconsistance formelle.
Est-ce que la technique peut au moins sauver un tant soit peu l'œuvre ? Comme évoqué plus haut, les effets spéciaux restent l'un des rares points convenables à mettre au crédit du film, ces derniers tenant encore la route une décennie engloutie. Par contre, je passe sur le design des extraterrestres/vaisseaux totalement loupé, à l'instar des décors très modestes pour un budget de 165 millions. Toutefois, on peut reconnaître le boulot sur les différents costumes qui est plutôt qualitatif en comparaison de la pauvreté globale.
La réalisation est de son côté tout juste passable, un tantinet ballot lorsque l'on connaît le potentiel du genre illustré. Je ne m'explique pas non plus le peu de plans larges présents à l'écran, surtout pour un western. Malgré ce gâchis malheureux, 2/3 scènes se dégagent légèrement sans casser trois pattes à un canard - Jon Favreau a déjà fait mieux. Sans être mémorable, la mise en scène de son premier Iron Man était un minimum efficace, sans même parler de l'adaptation du Livre de la Jungle très chouette qui possédait quelques idées bien senties.
Histoire de terminer sur une note positive : les partitions signées Harry Gregson-Williams - compositeur attitré de Tony Scott entre 98 et 2010 - sont plutôt correctes.
Cowboys & Envahisseurs partait d'une doctrine sympathique, avec cette volonté de mettre en parallèle deux genres aux antipodes. Force est de constater que l'alchimie ne prend pas et que les rares passages satisfaisants sont trop succincts pour justifier un visionnage. À dire vrai, le mot qui correspondrait le mieux à ce (trop) long-métrage serait inintéressant ! On se fiche des personnages, des dialogues, des péripéties, de l'histoire, et l'on retient seulement l'ennui bien palpable. Pour le coup, son échec critique/commercial est amplement légitime.
: C'était pas mauvais, c'était très mauvais !