Ne nous donne pas de faux espoirs
Je l'ai vu,bon film.Woody Allen maîtrise bien son sujet,et signe une oeuvre aussi grave que légère,remplie de multiples détails aussi bien au niveau visuel que dans les dialogues plus complexes qu'ils n'y paraissent.
Vicky Cristina Barcelona est certes bourré de clichés,peu importe,il est suffisamment frais,réjouissant,euphorisant en contrepartie pour faire oublier ce défaut pas si important non plus.Car si les images et les idées peuvent paraître très stéréotypées,elles ne font que rejoindre cette idée de carpe diem qui baigne le film.Il y a dans VCB une philosophie de vie qui va à l'encontre du "système de vie occidentale",trop porté sur le matérialisme et le jeu des apparences.Une des phrases prononcées par Javier Bardem résume un peu tout ça:
"We will eat,drink,make love",trois verbes-emblèmes d'une approche épicurienne de l'existence.Alors,en ces temps sophistiqués,où on nous casse les oreilles à coup de "crise économique"et"travailler plus pour gagner plus",un film comme Vicky Cristina Barcelona ne peut qu'être salutaire,une sorte de porte de sortie bienvenue.
Au niveau des acteurs,c'est rayonnant comme le soleil à Barcelone.Javier Bardem tient le haut du pavé en incarnation typique du mâle espagnol(ou de son idée préjugée),il est séducteur en diable.Rebecca Hall est une révélation,et le duo qu'elle forme avec la toujours géniale Scarlett Johansson est épatant d'assymétrie.Quant à Pénélope Cruz,elle fait des ravages en furie folle jonglant entre espagnol et anglais.Son apparition est d'autant plus remarquable qu'elle relance le film qui commençait peut-être à s'enfermer dans un cercle vicieux(ou peut-être que Woody ne faisait qu'installer les personnages et les enjeux)Une deuxième partie de film tout aussi jouissive(par contre la scène torride entre Scarlett et Pénélope,c'est la montagne qui accouche d'une souris quand même,beaucoup de bruit pour rien-enfin 15 secondes)
Très belle surprise donc.