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Ma rencontre avec Quentin Tarantino

asnlman
asnlman
Niveau 7
16 avril 2008 à 01:06:38

[ ceci est un texte rédigé dans un état normal et dans le plus grand sérieux - ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas le prendre avec de l'humour ]

C’était un soir de 2004 à Paris, à un concert de Sylvie Vartan. Ne voyez pas un quelconque signe de gérontophilie dans mes paroles, non, mais plutôt un goût non démenti pour l’éclatante verdeur du has-been en général, suscitant chez moi une véritable fascination depuis que j’ai vu, dans mon enfance, Sheila se trémousser avec une certaine grâce sur du disco.

21h. Sans crier gare, le concert démarra, laissant les retardataires s’affairer dans le noir. Sylvie Vartan n’y alla pas par quatre chemins et commença directement par interpréter l'un de ses plus grands tubes, « Bang, bang ». Ce ne fut qu’un peu plus tard que j’appris qu’elle ne chanta jamais cette chanson ; c’était Sheila. Mais Sheila, Sylvie Vartan, quelle importance, finalement, je veux dire, elles sont toutes les deux tellement proches l’une de l’autre aux yeux du grand public et de ma génération, deux icônes d’hier, des « merveilleuses années 60 », comme dirait l’autre hypocrite, quelle importance donc, en regard de la rencontre que j’allais faire et qui allait s’avérer déterminante.
Je ne saurais décrire le public, celui-ci étant plongé dans un noir profond. Seul subsistait dans la lumière un homme américain au physique curieux, ne semblant ne jamais être sorti de l’adolescence. Il se trouve que c’était Quentin Tarantino ; je savais que c’était un grand réalisateur américain, mais je le croyais plus vieux. 50, 60 ans, au moins. Et puis, que venait il donc faire ici ? Il se trouve que Sylvie Vartan représentait un mythe pour beaucoup de cinéphiles et donc de réalisateurs ; elle est en effet la seule actrice à avoir eu le courage, ou plutôt le culot, de refuser le rôle principal de « Pierrot le fou », film au titre homonyme d’un célèbre tueur en série, et œuvre d’un réalisateur prétentieux si justement déboulonné par les Inconnus, Jean-Luc Godard.
Sur ces paroles, écoutez donc résonner le « bang bang » vengeur. Et puis écoutez ensuite ces cris graves et rock’n roll troubler la quiétude de la salle. « Sylvie ! Sylvie ! Tu avais raison, elle est stérile ! », criait un homme d’une cinquantaine d’années aux lunettes noires. « Je veux ton enfant ! Je ne veux pas adopter une chinoise ou un truc bridé du genre ! ». Avant même que le service de sécurité ne réagisse, le mystérieux individu s’était déjà échappé. Et Sylvie Vartan s’effondra.

Silencio.

Je me souviens très bien des Unes des journaux du lendemain. Tous évoquaient sans nuances la « mort » (artistique) de celle qui autrefois croquait la vie à pleine dents et imposait le respect dans sa profession et ailleurs. Fort heureusement, la chanteuse n’avait pas attendu cette triste fin pour diversifier ses activités. Comme pour sa confrère Mireille Mathieu, le Japon lui avait tendu les bras il y a déjà plusieurs années, et cette belle histoire d’amour durait. Si bien qu’un jour, elle y partit, pour ne revenir que plusieurs mois plus tard. Personne ne sut jamais ce qu’elle y a fait. Tout juste peut-on affirmer qu’elle ne fut plus jamais la même.

Mais revenons à nos moutons. Nous sommes à Las Vegas donc, en novembre 1963. J'étais un jeune avocat et je venais de me faire engager pour un des rôles principaux d' "American Tabloid", chef d'oeuvre de James Ellroy. Je sirotais tranquillement un Whisky tout en regardant Nancy Sinatra vétue façon cow-boy se déhancher sur la scène. Alarme à la bombe, alarme incendie, alarme nucléaire : la musique s'arrêta, fondu au noir, résumé des épisodes précédents (voir ci-dessus). Marylin Monroe venait tout juste d'assassiner John "La belle coupe" comme le surnomme (affectueusement, ou non), Ellroy ... Je vois déja vos yeux s'écarquiller (et même sortir de leurs orbites), oui, Marylin est morte en 1962, un an avant, etc. Je ne vous ferai pas de rapport détaillé sur ce qu'il s'est vraiment passé pour ne pas vous ennuyer ou remettre en cause toutes vos certitudes (soupçons autour de la Mafia, de l'industrie du pétrole, d'Yvan Colonna, etc.), disons simplement que Marylin menaçait de crier sur tous les toits la relation qu'elle nouait avec le président, ce qui ne plaisait pas vraiment à Jackie, et vu que la stabilité du pouvoir tenait sur le clan Kennedy et sur son image de famille idéale, il a bien fallu s'en débarrasser, vite fait, bien fait. Enfin, au moins essayer de faire cela vite fait, bien fait. Car quelques fois, ça rate. Il ne lui fallut pas "7 ans de réflexion" pour décider d'accomplir sa vengeance. Au revoir JFK, Oliver Stone se fera de l'argent là-dessus, etc. Et ne me parlez pas de Lee Harvey Oswald, ça me déconcentre.
Pendant ce temps, dans le Tennessee ... Un jeune garçon de 8 mois, abreuvé de télévision et d'images en tout genre, observe "l'oeuvre" amateure de Zapruder (Dallas, E-U, novembre 1963). Le cinéma c'est décidément puissant. C'est sûr, il fera cinéaste.

Fin de l’histoire, que vous jugerez tous seuls et que vous qualifierez de délirante, de nanardesque, ou de signe éclatant d'un ennui profond en ces jours. Ou que vous ne qualifierez pas.
Peut-être à suivre dans un volume 3, ou 4, si jamais ma cote de popularité chute dangereusement.

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 16 avril 2008 à 01:28:50

Mais quel rapport avec la choucroute?

En][Silence
En][Silence
Niveau 8
16 avril 2008 à 06:56:02

La suiteuh...............

kill-tarantino-
kill-tarantino-
Niveau 10
16 avril 2008 à 07:49:25

j'ai lu quelques bribes et je me suis arrêté à "Nous sommes à Las Vegas donc, en novembre 1963. J'étais un jeune avocat et je venais de me faire engager pour un des rôles principaux d' "American Tabloid", chef d'oeuvre de James Ellroy."

Pourquoi ? parce que ce livre est sorti en 1995.......

asnlman
asnlman
Niveau 7
16 avril 2008 à 13:17:00

La première partie du texte est ma rencontre avec Quentin Tarantino, comme je l'ai dit. Un fameux soir de 2004 où j'ai vu "Kill Bill", un film qui m'a montré tout ce que je n'avais pas encore vu et qui en même temps m'a semblé étrangement familier. Le texte n'est autre qu'un mélange de la première partie de Kill Bill et de ma vision du film, le tout de façon romancée ...

Deuxième Partie : fin de "Kill Bill". Et cette fois, regard à travers les influences américaines de Tarantino.

Compris ?
Je sais, c'est l'hommage le plus classe jamais rendu à Tarantino.

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