Paul Greengrass continue à explorer le 11 septembre et les failles de l'administration Bush dans un film d'action époustouflant qui n'oublie jamais la réflexion.
Chaos, K.O.
Ce qui frappe le plus dans Green Zone, c'est le sens du rythme proprement génial du film. Dès les premières séquences - et jusqu'à la fin - le film prend le spectateur aux tripes pour ne plus le relâcher. Plus qu'un simple film d'action, le dernier Greengrass est tout simplement un film d'actions, non seulement dans son acception la plus spectaculaire, mais aussi parce que l'impression qui se dégage de l'oeuvre est qu'il y a toujours quelque chose qui agit à l'écran. Green Zone est un film en mouvement constant, qui ne saurait que faire de l'immobilisme. Et la caméra le comprend bien, et devient intelligente et organique, toujours à l'affût. Greengrass met son passé de documentariste au service de la mise en scène, donne l'impression qu'il ne contrôle aucunement l'action pour créer une ambiance paranoïaque d'un film toujours sur le qui-vive. La caméra dans Green Zone est loin d'une considération démiurgique de la mise en scène, le cinéaste derrière tout ça fait comme si - " comme si ", puisqu'en réalité il contrôle tout - son savoir sur l'action était anéanti, d'où cette caméra qui semble découvrir les événements en même temps que le spectateur. On ne verra jamais de travellings chez Greengrass, ni aucun mouvement complexe, parce que ces derniers sont la conséquence d'une planification de l'action.
Mais l'action dans Green Zone éclate, elle est soudaine, manifeste sa brutalité sans prévenir. Et pourtant, miracle, aucune confusion à l'écran, tout est parfaitement lisible. De manière générale Greengrass a une intelligence évidente dans sa manière de découper l'espace, et ainsi de construire des repères aisément assimilables par le spectateur. On a beau être en terrain totalement inconnu, l'impression qui se dégage n'est jamais celle d'une frustration qui naîtrait de la perte ; malgré l'agitation de la caméra, tout est fluide et compréhensible. Greengrass parvient à retranscrire le chaos d'une ville dévastée, et quand quelques séquences apparaissent comme un peu complexes, cela ne fait en réalité que traduire la complexité de la situation géo-politique.
On ne sait donc jamais ce qu'il va se passer dans Green Zone, et c'est légèrement paradoxal puisqu'il s'agit d'un film historique dont l'action est de plus très récente. Mais nous connaissons les grandes lignes de l'Histoire - la guerre en Irak a eu lieu, il n'y a jamais eu d'armes de destruction massive - et ce sont évidemment les détails et les enjeux secrets qui nous sont ici révélés. Greengrass fait la lumière sur la seconde guerre du Golfe en insistant sur l'ironie multiple de la situation : ainsi, les services de renseignement américains ne font que donner de fausses informations aux militaires, et c'est un irakien qui aidera le personnage de Matt Damon en lui fournissant des renseignements essentiels. De même, le conflit prend des allures de guerre civile puisque des dissensions se créent au sein de l'armée américaine. Le film se construit sur des paradoxes, qui concernent en premier lieu la prise de conscience de Matt Damon-Roy Miller, et qui voit son personnage de soldat défier l'habituelle et rigide hiérarchie militaire pour se lancer dans une quête insubordinée. " Vous êtes avec nous ou contre nous " avait stupidement déclaré George Bush à propos du combat contre le terrorisme. Damon lui, n'est ni tout à fait avec ni tout à fait contre, il oeuvre pour la vérité, au-delà de toute considération économique ou visant à asseoir davantage l'hégémonie américaine dans le monde. Green Zone, fabuleux film de points de vue, milite aussi en faveur de la dignité humaine l'emportant sur la soif du pétrole. C'est en donnant la parole à d'autres personnages que des américains que le film dévoile l'intelligence qui le caractérise. L'humanisme l'emporte ici sur une forme d'ethnocentrisme.
Le film se contredit une fois ceci dit. Il n'y a certes pas eu d'armes de destruction massive, il n'y en a qu'une seule, et elle est toute contenue dans la caméra de Paul Greengrass, véritable jardinier à l'anglaise chez qui l'herbe est plus verte qu'ailleurs.
5/5
c'est légèrement paradoxal puisqu'il s'agit d'un film historique
que dalle, basé sur un roman et c'est de la fiction… c'était marqué à la fin du générique…
Ah pardon je savais pas que la guerre en Irak n'avait pas eu lieu.
J'ai dû rêver en fait, mais tant mieux pour les irakiens dans ce cas ![]()
ça ne change pas le fait que ce n'est pas un film historique…
Sinon Apocalypse Now aussi serait un film historique vu que ça prend place durant la guerre du Vietnam… est-ce un film historique ?
Black book aussi alors, et puis n'importe quel film est un film historique à partir du moment où le contexte est réel…
Ne joue pas sur les mots. Un film historique c'est un film qui ancre son histoire dans un événement historique important. En ce sens Black Book en est un. Et Green Zone est davantage un film historique qu'Amélie Poulain.
C'est de l'histoire importante, certes récente, mais qui n'en conserve pas moins une teneur historique.
Et pas la peine de me prendre pour un débile, je sais bien que c'est de la fiction. Et je sais aussi que le film est adapté d'un livre. Sauf que l'auteur s'est bel et bien inspiré d'événements ayant eu lieu, donc le film a aussi une certaine vérité en lui.
Fiction ou historique, faut savoir… C'est antithétique…
Non ça ne l'est pas. Green Zone se réfère à des événements ayant eu lieu, des événements historiques. Et c'est aussi une fiction, donc tout va bien.
Ouh un petit débat, j'en frémis d'avance ![]()
J'ai pas envie de débattre… Je trouve juste ça idiot de dire que c'est un film historique alors que seul le contexte est réel, tout le reste est inventé… Et surtout qu'il y a un disclamer à la fin pour bien préciser que tout ressemblance avec des faits REELS n'est que pure coïncidence…
Mais évidemment que y a une part de faux dedans. Seulement le film ancre son action dans un événement historique, soit la guerre en Irak et l'intervention américaine. J'ai jamais dit que le film était une histoire vraie, donc en effet y a pas à débattre puisque tu inventes des propos.
Green Zone est bien un film historique, sinon aucun film ne l'est, en sachant que le simple fait de faire un film sur un événement est en soi quelque chose de " faux ". Aucun film, même en respectant un événement, ne peut se targuer d'être totalement authentique. Vol 93 par exemple, reprend le " vrai scénario ", mais c'est de la fiction.
Green Zone, film historique puisqu'il se sert de l'histoire pour développer son intrigue. " Le contexte est réel " comme tu le dis. Bah voilà, ça suffit.
Et sinon le dernier Polanski dit aussi que c'est " pure coïncidence bla bla bla ", mais on n'est pas obligé de le croire hein...
J'ai jamais dit que le film était une histoire vraie, donc en effet y a pas à débattre puisque tu inventes des propos.
Euh là c'est toi qui inventes des propos… Je n'ai JAMAIS dis que tu disais que c'était une histoire vraie.
Green Zone, film historique puisqu'il se sert de l'histoire pour développer son intrigue. " Le contexte est réel " comme tu le dis. Bah voilà, ça suffit.
je ne pense pas que ça suffise, sinon tout est historique, là tout est inventé du début à la fin, dans Vol 93 seul les persos sont inventés, mais leurs actions sont les mêmes que dans la réalité. Idem pour Bloddy Sunday.
Sinon Syriana par exemple est aussi un film historique. Je ne pense pas que le fait de mentionner le conflit fait de ce film un film historique.
Et sinon le dernier Polanski dit aussi que c'est " pure coïncidence bla bla bla ", mais on n'est pas obligé de le croire hein...
Je ne te suis pas là. ça n'a rien à voir, le dernier Polanski fait allusion à Blair (pas pour ça que c'est un film historique), mais le perso de Damon restera fictif quand même et inspiré de personne…
Oui mais résolution, si tu vas par là, aucun film n'est "historique" comme tu veux le faire entendre, dans tout film même qui se veut historique, il y aura de la fiction, des dialogues crées, des imprécisions etc...
Ici y'a pas de quoi s'énerver, Green Zone a montré une situation qui aurait pu arriver, puisque le contexte est visiblement très bien respecté, ce qui en ce sens en fait une fiction qui s'inscrit parfaitement dans cette guerre en Irak.
Euh j'ai dis que tu peux inventé des choses, mais là tout est inventé et si on va dans votre sens le dernier Tarantino est aussi un film historique, il y a autant d'entorses faites à la réalité dedans que dans le Paul Greengrass.
Avoir un contexte réel ne suffit pas, il faut une volonté et des contraintes qui respectent au plus près la réalité, c'est ce qu'il fait dans Vol 93, il invente quoi ? les perso parce qu'il ne les connaît pas, mais il font la même chose que dans la vraie vie, ils pleurent, ils appellent leur famille, il se rebellent, ils meurent…
Je veux bien que Jarhead de Mendès puisse être "historique" puisque les persos font la même chose que dans la réalité mais avec des persos inventés. Ou même Démineurs. Mais là le film "prend" une ampleur internationale avec la fin qui n'a rien à voir avec la réalité.
Un contexte me semble trop peu pour qualifier un film d'historique. HISTOIRE avec un H majuscule n'est pas racontée dans ce film.
Non mais Inglorious Basterds est un mauvais exemple vu que c'est carrément un film uchronique là. Il y a bel et bien un contexte historique, mais ça reste une fiction.
Bah oui, faire tuer Hitler, c'est quand même réécrire l'histoire.
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Je viens de le voir, globalement j'ai bien aimé, j'ai trouvé ça très réaliste, très bien faits les accords cachés etc.. par contre au début Matt Damon m'a paru un peu "cliché", le bon soldat un peu trop naïf.. (dsl pour l'argumentation pourrave, pas envie de faire une grosse critique en ce moment)
"tout est inventé"
Ben non.
C'est pareil rockcity dans ce cas là.
Je peux pas trop en parler vu que je n'ai pas vu le film.
Donc Green Zone est un film uchronique ? Carrément ?
Parce que émettre des hypothèses c'est pas vraiment uchronique...
Disons que ça n'est clairement pas la réalité.
Et dans IB c'est pas vraiment une uchronie (enfin si, mais juste la fin)
Dans les deux cas il y a trop de différences vis à vis de la réalité/histoire pour qu'on puisse qualifier ça d'historique.