C'était, je pense, le dernier Oshii animé que j'avais envie de voir (on verra pour sa filmo live, y'a pas grand chose qui me tente à part peut-être Stray Dogs). Et on peut dire que c'est un vrai film de son auteur, dans les thématiques comme dans l'esthétique.
Ce n'est pas son plus facile à regarder, c'est un film qui fait le choix d'une certaine opacité, de ne pas expliquer grand chose du contexte, des forces en présences, pour que le spectateur comprenne de lui-même à mesure que le film avance. A part ça, ce n'est pas si différent de GitS, on prend un contexte futuriste, la thématique de la manipulation du corps qui ouvre toute une série de questionnements philosophiques. C'est très intéressant dans ce que ça propose et malgré le rythme lent et le côté un peu hermétique des personnages, il y a ce côté très magnétique chez eux comme dans l'univers.
Comme d'habitude, Oshii réussit surtout les atmosphères, les passages muets qui sont ici très planants (forcément) et empreints de mélancolie, comme un rêve triste. Je dois dire que la musique de Kenji Kawai est assez magnifique pour le coup, dans la lignée de celle de GitS mais avec un côté plus lyrique. L'animation est de grande qualité dans l'ensemble. J'avais peur d'être rebuté par l'utilisation de CGI mais ça ne jure absolument, pas, parce qu'ils sont mis en scène, intégrés à l'univers, que ça donne un côté virevoltant assez jouissif aux séquences aériennes.
Un film qui peut être réellement passionnant, pour peu que l'on soit déjà un peu familier avec son auteur je dirais. En tout cas j'en ressors pas déçu du tout.