Trois Couleurs: Blanc (commentaire datant du 18 juin)
Après avoir été agréablement surpris par Bleu, premier volet de la trilogie, je me lance à l'aveuglette dans le second. Aucun synopsis, aucune bande-annonce, j'osais à peine regarder la pochette... Et ben, je me retrouve encore une fois avec une claque, pas aussi visuelle que Bleu, mais d'une mise en scène impeccable et, ici, l'on peut minimalement s'identifier sinon s'assimiler au protagoniste : Karol Karol.
Ah Karol (au carré), j'ai d'abord pensé que le film tournerai autour d'un divorce d'une heure et demi, lui, étant une victime passive. Mais non, la petite histoire de divorce est torchée en 15 minutes chrono - avec d'ailleurs un caméo de 4 secondes de Juliette Binoche, qui m'a laissé le sourire aux lèvres - et l'histoire, la vraie prends place : Karol est ACTIF.
J'ai rien compris à ma vie, je me suis retrouvé avec un film sur l'ambition et la reconstruction d'un homme à partir de rien vers une ascension des plus spectaculaires, le tout pour se réapproprier se ce que sa femme lui a pris : son amour, son respect et accessoirement son argent...en somme, pour avoir le dernier mot.
Parce que oui, les mots, il faut encore savoir les exprimer. (Phrase philozofiik t'a vu?)
Petite frayeur quant à l'histoire avec son pote polonais là, j'ai cru qu'on aurait une heure quart de "bromance" à la noix, mais non... le plus beau moment du film (visuellement comme symboliquement) survient d'ailleurs avec ce dernier.
Comme si c'était pas assez, Kieslowski fait surfer le tout sur une ambiance de voyeurisme du point de vue de Karol, d'abord pathétique pour évoluer en voyeurisme calculé, réfléchi mais toujours malsain, particulièrement dérangeant tout en étant jouissif de bout en bout.
Blanc...Blanc...Blanc comme le voile et la robe de mariée de l'ex-femme de Karol Karol
Si le film en lui-même ne dégage pas autant de puissance brut que Bleu - ce dernier se servant d'une certaine passivité pour exprimer la puissance des émotions - il n'en reste pas moins satisfaisant alliant simplicité dans le récit et mise en scène très réussi. Encore une fois, Kieslowski m'a eu, et j'assume !