Mon avis sur trois couleurs : bleu et putain
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Je me sens faible d'écrire ces lignes. Faible par rapport à la quintessence artistique que Kieslowski a pu atteindre avec une histoire aussi simple, mais avec un traitement de l'image et des conversations si intenses qu'il atteint un degré d'émotion aussi puissant que son décalogue, si ce n'est plus.
C'est le premier film de la trilogie que je vois, et je suis partagé entre l'envie de voir la suite, et peur de tomber de haut. Le bleu possède comme symbolique la tristesse ou l'évasion. Les deux significations de cette magnifique couleur peuvent être appliquées ici. La tristesse faisant bien entendu référence au deuil du personnage porté par l'actrice Juliette Binoche à la beauté éclatante. Et l'évasion peut-être rattaché au rapport à l'art, la musique; la création, ou ces moments solitaires dans cette piscine, seul lieu de tous les jours nous permettant de rentrer physiquement dans un autre environnement, de rêver, de s'évader.
La musique prend une place importante dans le film. Apportant des degrés de lyrisme accompagné d''images subjuguant nos sens les plus profonds. Quel plaisir d'entendre les sons d'un "gîtan" débutant à jouer une faible mélodie, coupant la conversation des personnages, et proposant, à nouveau, un moyen d'évasion de cette tristesse ambiante à nouveau. Mais le nombre de scènes marquantes ne se comptent pas sur les doigts d'une main, tout est magnifique, tout est important, tout est juste, tout est vrai.
Il peut d'ailleurs être intéressant de comparer ce film avec Shame de Steve McQueen, un autre chef d'oeuvre du cinéma, sorti après Trois couleurs certes, mais utilisant la couleur bleue et la musique dans le but de couper ses personnages de la réalité. Même pendant quelques minutes, ou secondes, c'est déjà ça... Une grande oeuvre, du grand Kieslowki!