Y a du bon et du moins bon. Dans le moins bon, je retiens (encore et toujours) la débilité profonde des personnages, notamment au début. J'ai de plus en plus de mal avec les films d'horreur où les adolescents se mettent eux-mêmes en danger. Sincèrement, qu'est-ce que Darius attendait en retournant à l'église ?
Les jumpscares sont assez prévisibles, tout comme la volonté du film de nous faire peur. Pour moi, ça n'a pas fonctionné. Et pourtant, je suis un public facile lorsqu'il s'agit de procurer un minimum de frisson.
Du reste, j'ai bien aimé. Je peux citer le design du Creeper (que ce soit dans sa première ou seconde forme), suffisamment marquant pour que celui-ci reste en tête. L'église n'est pas en reste, avec son aspect délabré et ses nombreux corbeaux qui rôdent aux alentours. Le sous-sol, malsain à souhait, m'a d'ailleurs rappelé, dans une certaine mesure, la Maison de Cire (film pour lequel j'ai beaucoup de sympathie).
Toutefois, la force de Jeepers Creepers repose sur sa structure narrative, qui m'a surpris à plusieurs moments. Par exemple, je pensais qu'une bonne partie du film allait se passer dans l'église. Il n'en est rien, les adolescents parvenant à se tirer d'affaire. Idem avec l'intervention des policiers. Le duo de policiers apprend qu'un incendie s'est déclaré (et des soupçons commencent à peser sur Darius et Trish, par effet de ricochet), ce qui m'amène à penser que cela va avoir un impact sur le déroulement du film. Or, c'est à ce moment là que le Creepers apparaît. Le scénario s'en retrouve, une fois de plus, impacté.
En fait, avec Jeepers Creepers, le spectateur se retrouve face à plusieurs surprises, que ce soit avec la narration ou le Creepers. Sans pour autant aller qualifier le film " d'excellent " (n'exagérons rien), force est d'admettre qu'il tire son épingle du jeu. Et à iconiser son méchant. Ce qui n'est pas à la portée de tous les films d'horreur.