Zoo, étrange et intrigant documentaire retraçant l’histoire de Kenneth Pinyan, ingénieur de Boeing décédé des suites d’une péritonite aigüe survenue après une relation sexuelle avec un cheval (autant dire que le bonhomme a du souffrir, à défaut d’y trouver un certain plaisir habituellement). Bref, aussi tordu que cela puisse paraître, Zoo raconte l’histoire de cet homme qui figure actuellement dans divers classements des morts les plus ridicules du monde.
Qu’en est-il de ce film ? Alors si au premier abord il convient de rire face à l’évènement, le sujet traité s’avère être d’une bien belle complexité. Thème complètement tabou et dont on ne parle donc jamais, il n’est point facile d’appréhender le film de manière convenable (surtout quand on galère avec un certain Seb9523 à extraire le film sur VLC pour le coupler à de dantesques sous-titres afin de jouir au mieux de ce documentaire). C’est donc après quelques heures de galère pour mettre la main sur ce film (Seb l’avait lui visiblement ailleurs) pourtant court (1h16) que nous avons finalement pu nous cultiver.
La première chose qui me vient à l’esprit est que c’est techniquement vachement bon. On a ici plus d’un plan qui vaut le détour, et la photo est également réussie, ce qui nous donne finalement une qualité visuelle de haute volée. Pour compléter cette bonne entrée dans le film (je vous épargne tout mauvais jeu de mot, les laissant à mon collègue Sebinou), on a ici musique dont la place est primordiale dans le film. En effet, étant quasiment présente durant les 75 minutes de docu, l’immersion dans le film est totale. Nous mettant même plutôt mal à l’aise à plusieurs reprises, bien que rien de très choquant nous soit montré. Seul le propos – tellement gênant – suffit à nous faire passer un désagréable moment.
Alors si bien-sûr le tout est intéressant à suivre, il est arrivé plus d’une fois que l’on soit pressé d’en finir. Les situations énoncées par les « témoins » ou encore « amis » de Mr. Hands – je ne sais quel terme employé – sont vraiment perturbantes. Mais ce qui est vraiment étrange avec ce docu, c’est qu’on est parfois très partagé entre la gêne et le rire, comme j’en parlais au début. Et rire d’une telle chose est en soi-même gênant. Plusieurs témoignages sont devenus cultes dans nos têtes, mais ne sommes-nous pas malsains d’en rire ? Tellement improbable.
Le dernier monologue de la femme qui explique son ressenti est vraiment très juste. Elle dit être sur le point de comprendre la chose, d’avoir de l’empathie pour Mr. Hands et ses collègues qui sont des zoophiles, de les comprendre. Et bien oui, on en vient quasiment à se mettre à leur place. Mais à quoi bon ? Dès qu’une image plus explicite intervient dans tête ou face à nos yeux, la gerbe monte progressivement dans notre douce gorge. Il convient donc de conclure qu’un tel acte est définitivement infâme et doit être réprimé.
Ceci pose la question de l’utilité d’un tel documentaire : on évoque ici un sujet qu’on ne devrait même pas évoquer en tant qu’hommes, tellement cela relève de l’inimaginable. Après c’est vrai qu’un tel sujet doit être évoqué au cinéma une fois tous les 30 ans et ça mérite donc d’être vu. Et si cela peut faire avancer les mœurs (avant cette histoire, la zoophilie n’était pas interdite dans l’Etat de Washington), pourquoi pas. Bref, Zoo est finalement un film relativement intelligent dans la forme et le fond, qui transporte le spectateur et l’expose à des choses pas forcément accessibles. A ne pas montrer à tout le monde et à ne pas regarder dans n’importe quelles conditions.