Revu, moins puissant que la première fois au cinéma.
Je suis étonné, toujours, des 2H20 qui passent sans qu'on y fasse gaffe. Le film est passionnant du début à la fin, sans aucun temps mort. Mon étonnement vient du fait que l'histoire n'est pas si importante que ça. Finalement il se passe quoi dans There Will Be Blood ? Et quels sont les thèmes forts du film ? La religion ? Oui un peu, mais finalement Eli Sunday n'apparaît pas tant que ça, et les scènes de la chapelle sont rares. Le capitalisme ? Evidemment, c'est un thème qui hante le film. Mais le plus important dans There Will Be Blood, c'est le personnage de Daniel Plainview. Il est tout simplement fascinant de par sa méchanceté, son arrivisme, sa mesquinerie qui ne le quittent jamais. L'impeccable Daniel Day-Lewis est de tous les plans, on ne parle que de lui dans ce film. Jamais la caméra ne s'en éloigne, il bouffe littéralement l'écran. Le film a beau brasser divers sujets - ceux évoqués donc, mais aussi la famille, etc. - on a l'impression que tout ne tourne qu'autour de Daniel ( Plainview ? Day-Lewis ? ) et que Paul Thomas Anderson offre à - au choix : ce personnage, cet acteur - l'occasion d'exercer sur nous sa fascination. Il est difficile de discerner la performance d'un acteur de la qualité d'un personnage. There Will Be Blood réduit les chances de discernement au plus bas, et doit sûrement son statut d'excellent film aux deux Daniel.
Evidemment le film a d'autres qualités, notamment sa mise en scène aussi précise que puissante, une musique inquiètante qui fait entrer l'oeuvre dans la catégorie du film d'horreur - entre autres - mais la remarquable interprétation de Daniel Day-Lewis et la phénoménale richesse du personnage qu'il incarne sont les plus importantes.
4/5