De mémoire, et sans trop me tromper, les films de John Carpenter prennent toujours du temps avant de réellement démarrer, d'entrer dans le vif du sujet. En théorie, ça ne me dérange pas. Dans les faits, ça ne me dérange pas non plus, puisque le bonhomme m'a prouvé à plusieurs reprises que cela permet d'instaurer une ambiance, de créer une tension, voir une incompréhension.
Du coup, en voyant que They Live (Invasion : Los Angeles pour les français, wtf), je n'étais pas trop surpris de constater que le film prenait son temps. De fait, John, le personnage principal, ne découvre les fameuses lunettes de soleil, véritable porte d'entrée vers la Vérité, qu'à la fin de la première demi-heure. Ne reste plus qu'une heure pour développer le propos (critique) d'une société de consommation visant à faire de nous des esclaves de la consommation de masse, à dévoiler cette race extraterrestre et à trouver une solution pour résoudre ce (gros) problème.
Sauf que le film ne cherche pas vraiment à profiter du cadre posé. Au mieux, ce fameux cadre ne reste qu'un décor, une toile de fond, pour proposer un film à suspense, gentil, efficace, mais beaucoup trop convenu. C'était bien, hein, comme d'habitude avec Carpenter, j'ai kiffé.
Mais voilà, j'ai comme un goût d'inachevé dans la bouche. Le film déborde de bonnes pistes, de bonnes intentions, mais ne les exploitent jamais réellement. J'aurai aimé que Carpenter développe davantage le propos de base plutôt que cette interminable scène de baston (pas vilaine à regarder au demeurant, mais je reste sceptique face à la pertinence de sa durée). They Live n'en demeure pas moins un bon film, mais c'est frustrant de dire ça, car il n'est rien de plus qu'un bon film, alors qu'il y avait matière à en faire un très bon film.