Lorsqu’on se lance dans Sweeney Todd, la première chose que l’on remarque est son aspect visuel très travaillé. Il faut le dire, l’ambiance est totalement réussie. Le vieux Tim filme un environnement londonien du XIXème très percutant. En choisissant des teintes situées dans un gris sombre très esthétique, il fait parfaitement ressortir la ville.
Mais voilà, c’est quasiment le seul point vraiment correct de l’œuvre. Pour le reste, on a une intrigue plutôt grotesque et étrange. Elle se trouve être plutôt bien construite dans son ensemble mais pas aboutie du tout. Certaines scènes mettent en place un suspens qui fonctionne très bien, mais la plupart des éléments du scénario paraissent tout à fait incongrus. C’est probablement dû à une mauvaise exploitation des idées de base. Prenons par exemple le métier du personnage principal : barbier. C’est quelque-chose de parfaitement inhabituel et surtout de très absurde. Sur le papier, ça parait bien, ça parait amusant. Mais le côté comique de la chose est très fortement oublié. Or il se veut appartenant au genre de la « comédie » musicale.
Parlons-en de l’aspect musical de ce film, d’ailleurs. Je suis presque certain que les choses auraient fonctionnées si le film n’appartenait pas à ce genre. Ce choix n’était pas du tout avisé puisque le mariage entre l’aspect gothique et la comédie musicale s’effondre dès le début. Ça ne fonctionne pas. Du coup, aucun des deux aspects n’est intéressant. Toutes les bonnes idées du scénario et de l’ambiance se trouvent gâchées par des gus qui préfèrent danser niaisement dans les rues… À l’inverse, les musiques sont très pauvres en intérêt.
Les personnages, et surtout les relations qui les lient entre eux sont toutes assez creuses. Le scénario ne fait que les effleurer, les sous-exploiter sans arrêt. Si on avait enlevé tout le temps qu’ils perdent à chanter leur mélancolie mièvre, on aurait peut-être eu le droit à des psychologies plus développées.
Pour ce qui est des acteurs, aucune surprise. Chacun reste dans son registre habituel sans jamais en sortir et ça devient totalement cliché. Johnny Depp fait du Johnny Depp, c'est-à-dire du Jack Sparrow. Les deux compères Alan Rickman et Peter Petigrow sont exactement comme dans Harry Potter…
En bref, Sweeney Todd c’est une sorte de délire burtonien tout à fait inabouti qui ne rentre jamais dans le fond des choses.
4/10.