Premier MoH que je vois. J'aime beaucoup les séries d'anthologies à tonalité fantastico-horrifique, mais étrangement elle ne m'a jamais intéressé plus que ça celle-là.
Réalisé par Carpenter, et finalement, comme le dit reso, on a un vrai croisement entre Videodrome et L'antre de la folie. Quitte à vouloir passer de Carpenter à Cronenberg, ce film est un excellent pont.
Un petit plus, c'est que c'est une série. Qui dit série, dit opening. Et vu qu'il est vachement bien, il se retrouve à faire une sorte d'ouverture musicale qui te rentre directement dans l'ambiance.
Toujours avec la musique, l'air au piano composé par le fils de John Carpenter, Cody Carpenter est vraiment excellent. La première fois que je l'ai entendu, il m'a fait frissonner ! Il définit assez bien l'épisode. Une petite musique douce en apparence, mais qui est comme un avertissement. Comme un prélude mystérieux et indéfinissable.
L'histoire n'est pas inédite, et la tournure non plus, loin de là. C'est d'ailleurs assez prévisible en fait. Par exemple le personnage assez étrange qui fait une réflexion sur le montage, même si je le trouve plutôt pas mal et assez effrayant, l'effet est annihilé parce que l'on sait ce qu'il va faire, dès la première seconde où l'on le voit. Même le lieux et les décors suffisent en fait.
Mais le film réussit vraiment son job à nous faire ressentir du frisson. Il joue beaucoup sur l'ambiance, ainsi que sur le hors-champ et l'inconnu au début. Après j'avoue que ce sang, ce côté je montre la mutilation et autre, à la fin, ça m'a un peu décontenancé. Justement parce que le début fait tout pour ne pas tomber dedans la tête la première, et aussi parce que Carpenter ne nous avait pas habitué à ça. Par exemple avec le personnage à Paris. C'est bien foutu. Faut attendre, y a toute une histoire derrière, ça rajoute le côté mystérieux, etc... Même Cronenberg ne joue pas dans ce registre. Il utilise le corps et le "pseudo-gore" (je sais, c'est pas réellement du gore) d'une autre manière. En fait j'ai presque eu l'impression que Carpenter a vaguement tenté d'imiter Cronenberg, sans réellement y parvenir. Si ce n'est à la fin, avec le projecteur et le collectionneur privé, pour ne pas spoiler. Mais là encore, c'est pas vraiment ça.
Après j'aime pas parler à la place d'un réalisateur, et partir dans des hypothèses sur pas mal de vent.
Comme le dit reso, c'est un film purement pour les cinéphiles. La quête d'un film dit introuvable, et qui peut contenir des forces surnaturels, inconnus, voir maléfiques, c'est un peu un rêve. (enfin, peut-être pas avec le côté "maléfique"
)
C'est glauque, étrange, frissonnant, et reste tout du long captivant, même si je trouve la fin assez expédié, et non-finis. Il reste un sentiment d'inachevé. Et le côté le Mal à l'état pur, et encore une fois très bien foutu.