Salut.
Je me suis décidé à regarder les 4 films réalisés par Eastwood dans le genre western : L'Homme Des Hautes Plaines, Josey Wales, Pale Rider et Impitoyable !

Bonne surprise que ce premier film, pourtant seulement sa deuxième réalisation mais déjà d'une qualité assez évidente.
La chose qui frappe dès les premières minutes du visionnage, c'est la ressemblance avec Leone en terme de réalisation et de montage, ne serait-ce que dans son introduction avec ses plans larges et cette magistrale BO. Clint se permet de faire durer cette scène sans le moindre dialogue pendant un temps significatif, révélant d'ores et déjà une ambiance maîtrisée et pesante.
La photographie n'est pas en reste non plus, c'est un régal pour les yeux. J'ai aimé cette volonté de montrer deux styles différents en fonction du moment de la journée. En outre, celle-ci change qu'il fasse jour ou nuit, astucieuse démarche. Certains plans sont également majestueux, comme celui surplombant le village d'une vraie richesse visuelle.
Petite parenthèse ; l'édition 40ème anniversaire est tout bonnement exceptionnelle au niveau de la remasterisation de l'image et de la colorimétrie. Je ne regrette pas d'avoir déboursé 15 euros pour celle-ci. 
Nonobstant, je dois avouer que le point qui m'a le plus marqué, c'est la superbe BO qui n'est pas sans rappeler Morricone. Évidemment, on retrouve des instruments typiques du genre, mais à quelques occasions, des sonorités plus originales peuvent se faire entendre. C'est une véritable réussite dans ce domaine.
L'histoire est quant à elle prenante, on se demande pourquoi cet homme vient ici et quel est son réel but. Le charisme de Clint opère, son personnage à la limite de l'aphasie reste mystérieux en alternant entre gestes bienveillants et d'autres plus répréhensibles. Néanmoins, certains choix scénaristiques, notamment le traitement des femmes, sont relativement discutables (et je suis gentil
). De plus, leurs réactions sont illogiques par rapport aux situations du long-métrage.
Second bémol, même si les gunfights sont globalement maîtrisés, ceux-ci donnant lieu à de belles cascades, le duel final est beaucoup trop vite expédié !
Pour le coup, je pense qu'il n'a pas voulu refaire du Leone, d'où un affrontement de nuit, relativement atypique dans le style. Hélas, cette rapidité dans l'exécution retire à l'ambiance incroyable de cette scène : Eastwood devant des maisons enflammées faisant figure d'ange de la mort, c'est purement jouissif.
Deuxième petite parenthèse ; comme l'a très bien dit Kage, il symbolise parfaitement un esprit vengeur. Je partage son avis et ses différentes allusions. 
À noter quelques moments violents, le viol d'une jeune femme, même si assez "gentillet", et quelques dialogues plutôt crus.
Bonne expérience que ce premier film de cette "quadrilogie" Eastwoodienne. On sent l'inspiration du mentor dans la mise en scène, sans le copier totalement, ajoutez-y une BO d'excellente qualité ainsi qu'une ambiance générale réussie, et voilà comment signer un baptême du feu derrière la caméra chez les cow-boys d'une bien belle manière !
