Le 23 mars 2013 à 01:25:56 :
Film inferieur au remake de 2003 sur bien des plans que ma flemme m'empêche de preciser.
Je vais le faire pour toi !
Salut.
Quelques jours après avoir visionné et aimé le remake de 2003, l'envie de me regarder le préquel de ce dernier est arrivée. Hélas, ce ne serait que calomnies éhontées d'émettre avoir apprécié ce film.
Suite à l'introduction présentant succinctement l'évolution de Leatherface depuis sa naissance, nous découvrons notre bande de débil...jeunes en train de s'amuser. Autant le dire de suite : les 30 premières minutes sont compliquées ! Ce n'est ni intéressant, ni surprenant et surtout mal écrit.
: C'est de la merde !
Au casting, on retrouve les acteurs du long-métrage précédent pour ce qui est de la famille, un bon point en somme. Par contre chez les jeunes, ce n'est clairement pas fameux. Sans être foncièrement mauvais, ils sont définitivement moyens et possèdent les deux clichés habituels du genre, à savoir être beaux et décérébrés. L'héroïne principale, campée par Jordana Brewster, s'en sort relativement mieux que ses compères - sans parvenir à égaler la prestation de Jessica Biel !
Nonobstant, le point m'ayant le plus rebuté est indéniablement l'écriture abracadabrantesque de cette dernière. Le nombre de fois où elle avait la possibilité de se barrer, c'est juste affolant. Dès le milieu du film, n'étant pas encore capturée par ses agresseurs, elle pouvait déjà s'échapper pour appeler des secours. À la place, elle décide d'aller vers la maison pour essayer de sauver ses ami(e)s. À cet instant n'ayant pas encore aperçu la sauvagerie réelle de la famille, j'accepte la suspension consentie d'incrédulité. Mais que nenni pour la seconde fois, à moins d'être suicidaire elle aurait dû prendre ses jambes à son cou comme tout individu normalement constitué.
Dans ma critique du film de 2003, j'avais évoqué mon agacement au sujet de la force exagérée du personnage de Jessica Biel. En attendant sa psychologie était crédible, elle cherchait à fuir lors des moments opportuns...
Pour replacer le contexte ; elle décide de rester dans la baraque pour tenter d'aider une amie alors qu'elle vient de voir son amoureux se faire tronçonner le torse et retirer la peau du visage ! Elle comptait faire quoi avec ses 50 kilos contre un mec de 2 mètres possédant une tronçonneuse et un autre armé d'un fusil à pompe ? Apprendre en accéléré les arts martiaux pour se la jouer à la Kill Bill ; utiliser l'âme des cartes pour invoquer le dragon blanc aux yeux bleus ?
: Je l'aurais fumé, moi !
Un autre bémol m'ayant chatouillé la glotte est cette envie maladive de vouloir tout raconter. Pourquoi le vieux n'a plus ses gambettes dans la suite ? Comment le personnage de R. Lee Ermey a trouvé l'uniforme de shérif ? Pas de panique, toutes ces interrogations substantielles - c'est faux - auront une réponse. Ça me fait penser à Solo de la franchise Star Wars, à force d'expliquer les racines des personnages, ils démystifient les univers établis. Il faudrait qu'ils comprennent que l'imagination du public sur les événements passés/futurs d'une œuvre doit être sauvegardée, c'est aussi ça le cinéma : un silence vaut mieux que mille mots !
Les origines de Leatherface sont quant à elles tout aussi inintéressantes, car si nous avons la confirmation que "sa" famille est responsable de ses premières pulsions meurtrières, c'était déjà sous-entendu dans le précédent au vu du foyer dans lequel il vivait...
Niveau réalisation, nous sommes à des années lumières de l'élégance de Tobe Hooper ou de l'efficacité du remake. L'action y est régulièrement illisible et aucun plan ne se dégage formellement. Puis flûte ; c'est quoi cette caméra qui n'arrête pas de bouger dans tous les sens ? Le réalisateur est atteint de Parkinson ou c'est juste une idée maladroite de sa part ? Même constat pour la photo, si on sent une volonté de coller avec la production antérieure, le résultat n'est franchement pas glorieux.
Là où le film peut légitimement "valoir" le visionnage, c'est par rapport à ses scènes macabres. Il est vrai que les 30 dernières minutes sont assez difficiles à regarder : peaux arrachées, cages thoraciques perforées, langues coupées - les apprentis bouchers seront heureux.
Je précise qu'il s'agit de la version director's cut rajoutant 5 minutes à l'ensemble. Il est inutile de le visionner dans son montage cinéma, le long-métrage étant bien plus édulcoré et perdant par la même occasion l'un de ses rares atouts.
Malgré mes divers reproches, je ne peux pas dire que cette amorce de Massacre à la tronçonneuse soit ennuyeuse, elle est même plutôt divertissante. En outre, il y a un crescendo dramatique qui fonctionne correctement. D'ailleurs, et même si elle est finalement logique au vu de l'histoire racontée, la fin est plutôt surprenante car bien aidée par une habile utilisation de la musique ayant pour but de tromper les spectateurs. Ceci dit, les partitions entendues sont globalement fades, aucun thème ne ressort réellement.
Si l'original et le remake étaient pourvus de propositions différentes et intéressantes, difficile d'en dire autant de ce préquel. Personnages creux, mise en scène approximative, démystification et écriture proche du néant ; la liste est longue pour évoquer les nombreuses maladresses. Reste sa violence visuelle, sans quoi il passerait du côté obscur de la note.
Notation : 🌕🌕🌕🌕🌕🌗🌑🌑🌑🌑
Je n'aime pas être vilain, mais de temps en temps il faut savoir montrer les crocs.
