C'est rare de voir un film français dans lequel les acteurs sonnent juste. C'est non sans plaisir qu'on découvre un Jalil Lespert très convaincant et une Nathalie Baye remarquable.
La psychologie des personnages, la vie menée dans le commissariat, tout ce qui touche à la dimension sociale s'accorde la majeure partie du film, donnant un résultat parfois proche du documentaire. Dès lors, que la partie enquête prend le dessus, l'intérêt du spectateur souffre du manque d'imagination et de fantaisie que cette investigation propose. Ce parti pris de banalité est sans doute voulu par le réalisateur dans le but de fortifier la tendance naturaliste étiquetée sur son oeuvre, mais cela aurait tout de même pu être mieux agencer.
Le petit Lieutenant est donc un film d'auteur français qui n'a pas à rougir de sa prestation, car elle montre bien que ce filon n'a pas encore épuisé toutes ces ressources.
Je ne sais pas si vous avez remarqué le nombres de clins d'oeil sous forme d'affiches de cinéma placardées dans le commissariat. J'ai repéré l'affiche de:
Saving Private Ryan, Seven, Podium, Once upon a Time in America, et des autres que j'ai oublié. 