Refusée !
Je copie leprodiss ![]()
De quel droit oses-tu ?
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DDB approuvé, Le Cercle Rouge et L'armée des ombres, c'est des 9/10 mininum voire 10 ![]()
Mais bien sûr ! ![]()
Et c'est toi qui ça ? faux fan va' ![]()
Un peu long quand même l'armée des ombres.
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En fait, c'est un "bien sûr" d'approbation. ![]()
Et ferme-la Anda.
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Non ![]()
Si si, d'ailleurs tu n'as qu'un seul droit, c'est de te taire et d'ailleurs il est question de te le retirer ! ![]()
Faut que je le revois ce film, il m'avait vraiment laisse un goût amer après la fin, j'avais trouve ça d'une lenteur effarente.
Si j'avais note selon le sentiment que j'avais eu a la fin, j'aurais été lapide a mort sur la place publique par des fans en furie ![]()
Blu-ray Criterion à paraître le 11 Janvier prochain :
http://www.criterion.com/films/153-army-of-shadows
J'viens de le revoir, c'est vraiment un chef d'oeuvre. Il filme les résistants comme des gangsters, très fort.
Une question se pose au moment où les lumières de la salle se rallument : est-ce que c'est une histoire vraie ? La façon de filmer de Jean-Pierre Melville est si respectueuse de son sujet qu'on pourrait presque l'associer à un témoignage...
Bien que le réalisateur s'autorise plusieurs effets, la simplicité de la mise en scène évoque le neoréalisme italien. En effet, la caméra agit à plusieurs reprises comme un témoin. Lorsque, par exemple, les personnages principaux arrivent dans un lieu, elle panote pour suivre jusqu'à leur entrée dans un bâtiment, comme un passant le ferait dans la rue. En outre, lors des passages violents, la caméra a l'habitude de reculer pour cadrer les personnages en pied, comme si elle souhaitait rendre compte de la situation avec le plus d'objectivité possible. Il arrive que quelques gros plans se glissent dans le montage, mais ils ne servent pas à appuyer la dureté de l'acte ou l'émotion des personnages. Ils ne font que montrer l'état d'esprit des assassins, de la résignation mêlée à une certaine solennité.
Cet état d'esprit dictera le ton général du film. Les personnages, face à la gravité de la situation politique, s'effacent et deviennent des ombres calmes et réfléchies. Ils espacent souvent leurs discussions de longs silences, qui leur laisse le loisir de réfléchir et d'écouter le bruit d'une horloge ou celui du vent. L'Armée des ombres n'est pas un film très bavard. Chaque question, chaque affirmation a son importance et résonne dans la tête du spectateur. Du point de vue de l'image, cette ambiance se traduit par des décors sales et humides, éclairé par des ampoules diffusant une lumière faible, en arc de cercle, laissant une bonne partie de la pièce dans l'ombre. Cette imagerie peut paraître clichée décrite ainsi, mais Melville s'arrange toujours pour ne pas trop en faire, et la dureté de l'histoire passe avec beaucoup de douceur.
L'Armée des ombres présente donc de nombreuses qualités qui donnent forme à une expérience globale puissante : le film est très long, très dense et très elliptique, ce qui donne l'impression, quand le générique arrive, d'avoir vécu toute la guerre. Pas étonnant que tout le monde ait retenu ce Melville.
http://www.senscritique.com/film/L_Armee_des_ombres/critique/77085408
Ahh l'armée des ombres, un Melville majeur que j'avais toujours esquivé je ne sais trop pourquoi et autant à chaque fois le Samouraï, le Cercle rouge ça avait été des claques, autant là je ressors peut-être un poil déçu. Alors qu'on ne s'y méprenne pas, c'est un bijou qui regorge de scènes extrêmement puissantes et la fin est juste parfaite et avec un sens du tragique indéniable.
L'ouverture du film, avec les allemands devant l'arc de triomphe fait réellement froid dans le dos et le ton est donné. (au passage la citation qui ouvre le film est très belle également)
Mais ce qui m'a tout de suite beaucoup plu, c'est l'arrivée de Ventura à la prison. On entend les pensées du directeur de la prison, qui est en train de se demander comment se la jouer avec Ventura et rien qu'avec ça, on sent déjà que l'on a face à soi une œuvre fascinante qui va être un peu plus ambigüe que d'autres films. Il s'agit là pour le directeur de la jouer finement, de ne pas maltraiter quelqu'un qui a de l'influence, mais de ne pas se laisser déborder par un type plein de caractère. En plus, quelle meilleure présentation pour le personnage de Ventura ?
Mais ce que j'ai adoré, c'est l'utilisation du silence. Déjà dans le Cercle rouge j'avais adoré cette longue séquence de casse sans bruit, sans musique... la tension montait follement et on trouvait déjà ça dans l'armée des ombres à plusieurs moments. Mais là où c'est le plus marqué reste la première évasion au début. On n'entend rien, tout le monde est silencieux si ce n'est un léger tic tac d'une montre... Melville nous montre les visages en gros plans... Vont-ils passer à l'action ? Comment ça va se passer ? Quand vont-ils le faire ?
Et en face on a cette figure effrayante du soldat allemand dont l'ombre du casque cache les yeux, le déshumanisant, mais le rendant aussi plus terrifiant.
Clairement Melville sait y faire. Mais ce qui me plaît c'est l'ambigüité de la résistance. S'ils combattent bien les nazis, on n'est pas encore dans un film comme Black Book, ils doivent également se salir les mains. Nous ne sommes pas dans un film qui idéalise ses protagonistes. Ils font des choses terribles et forcément la fin est terrible également.
Disons que ça m'a fait penser au Vent se lève de Loach que j'aime beaucoup aussi.
J'apprécie également que l'on ne soit pas face à des super héros, il leur arrive de réussir certaines actions, il leur arrive d'échouer... et d'échouer même lorsque ça importe beaucoup. Ce qui forcément rajoute une forte tension, car tout peut se produire. Et malheureusement à la fin le pire se produit.
Vraiment le final est déchirant...
Mais autant le film est une réussite, autant je ne peux m'empêcher de préférer l'univers du Samouraï ou du Cercle rouge dont le côté film noir du premier et film de braquage me parlent un peu plus. Enfin c'est du détail.
Une interview de son directeur de la photographie, Pierre Lhomme :
Vous souvenez-vous précisément de votre première rencontre avec Jean-Pierre Meville ?
Il m’avait fixé rendez-vous à midi devant la gare d’une ville de province. Sur la place, vide, il m’attendait près de sa Camaro, blanche je crois, avec son Stetson, ses Ray-ban, son imper mastic… C’était assez impressionnant d’autant plus que connaissant sa réputation, j’étais un peu tendu. Melville était en fait un magnifique séducteur, un peu pervers. Il pouvait me donner du "Pierre" ou du "mon petit Pierre", puis subitement du "Monsieur Lhomme" pour reprendre ses galons avec autorité.
C’est Henri Decaë qui avait éclairé ses précédents chef-d’œuvres. Il vous expliqué pourquoi il avait fait appel à vous sur celui-là ?
Je ne lui ai jamais posé la question. Il connaissait bien le peu de films auxquels j’avais participé comme La Chamade d’Alain Cavalier. Nous avions en commun d’aimer les couleurs froides parce qu’elles sont plus fidèles au grain de la peau. Il voulait une image aussi monochromatique que possible, dans les tons bleus et verts. C’était important pour lui que les résistants n’aient pas un air poupin, comme s’ils revenaient des sports d’hiver… En fait, on aurait aimé tourner en noir et blanc mais le film était cher, c’était un risque trop grand.
Vous avez plusieurs fois déclaré avoir poussé Melville à soigner davantage la direction artistique du film. C’est étonnant de la part d’un cinéaste qu’on range dans la catégorie des grands formalistes.
Je ne l’ai pas "poussé". J’ai regretté que Théo Meurisse, le chef déco, n’ait pas le temps de donner plus de réalisme à certains décors en studio. Trop souvent, on ouvrait une porte ou une fenêtre sur du carton pâte. Melville nous rétorquait que dans les films d’Hitchcock, ça ne gênait personne. Disons qu’une image qui se voulait naturaliste ne se mariait pas bien avec le carton pâte. Mais il n’y a que le pauvre opérateur et le pauvre décorateur qui voient les approximations esthétiques !
Il y a tout de même cette scène improbable où Charles De Gaulle est joué, pour un plan d’ensemble très court, par un figurant revêtu d’un masque ! Ca, c’est assez raté…
Mais ce n’est pas un masque ! Melville a fait faire une peinture du visage de De Gaulle, appliquée comme on pouvait sur l’acteur… tout avait été pensé de façon à ce que le raccord du regard soit juste. On pleurait de rire derrière la caméra en voyant le résultat ! Melville a fait ses classes dans la pauvreté, si je puis dire, avec des moyens limités. Mais comme il était très astucieux, il avait réussi à développer une certaine habileté pour se sortir de situations délicates.
Dans le genre situation délicate, on raconte beaucoup de choses sur le tournage du pré-générique où de faux soldats allemands défilent sur les Champs-Elysées. Et notamment que Melville l’aurait tournée seul, sans autorisation.
C’est une légende. Le problème, c’était d’obtenir les Champs-Elysées vides, requête finalement acceptée. Pour l’anecdote, les soldats sont joués par des danseurs qui ont répété pendant une semaine au studio de Boulogne. Melville pensait que personne d’autre n’arriverait à marcher au pas de l’oie. Il était obsédé par ce plan au point que les jours qui ont précédé son tournage, il quittait sans arrêt le plateau en disant "les cocos, je vais voir mes danseurs !".
Comment avez-vous géré les conflits entre Melville et Lino Ventura ou Simone Signoret ?
Que peut faire une équipe quand un metteur en scène se met à humilier un acteur ? Il faut être aussi calme et bienveillant que possible avec la personne en question, ce qui n’était pas difficile avec Ventura, un type épatant. Melville réglait des comptes en permanence, c’était un homme très dur. Il avait eu un différend non réglé sur Le deuxième souffle qu’il faisait payer à Lino. Avec Signoret, c’était plus insidieux. Il estimait l’actrice mais pas la femme, dont il ne partageait pas les convictions. Elle était à cette époque malheureuse et abîmée physiquement. À une ou deux reprises, j’ai suggéré à Melville de couper certains plans en deux, de façon à s’approcher de Simone en changeant d’angle et de grosseur. Quand je n’arrivais pas à bien filmer son regard, j’étais quand même très embêté. Melville, lui, s’en foutait.
Pourquoi les avait-il choisis ?
L’exigence cinématographique passait avant tout pour lui.
Vous êtes parfois crédité au générique avec Walter Wottitz…
J’ai fini par me fâcher avec Melville. Quand il m’a demandé, bien après le tournage, de faire des raccords, je n’étais plus libre - je préparais le Festival Panafricain avec William Klein. J’ai quand même réfléchi à ces raccords et lui ai proposé un collègue que j’avais briefé en amont - Yann Le Masson, qui avait filmé certaines séquences, dont la journée à Londres. Melville ne l’a pas crédité (c’est l’usage pour les opérateurs seconde équipe), alors qu’il l’a fait pour Walter Wottitz, auteur également de quelques plans. Celui-ci m’a d’ailleurs téléphoné pour me dire combien il était contrarié par sa présence au générique. Une petite vengeance de Jean-Pierre...
Melville, Rappeneau, Eustache, Duras… On a l’impression que vous aimiez travailler avec de fortes personnalités.
Le cinéma est une histoire de rencontres, certaines sont provoquées, d’autres sont le fruit du hasard. Pourquoi on tourne un film très visuel ou un film très dialogué ? On ne peut pas écouter et voir en même temps, je suis d’accord avec Bresson là-dessus. Rétrospectivement - quarante ans plus tard - alors que je supervisais la restauration du film, j’ai réalisé combien Jean-Pierre Melville était bressonien. Tous ses moments de grande cinématographie, au fond, c’est du Bresson avec de grands acteurs.
http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Pierre-Lhomme-Le-cinema-est-une-histoire-de-rencontres-certaines-sont-provoquees-d-autres-sont-le-fruit-du-hasard--Interview
(le film passe dans une heure sur France 3, pour ceux que ça intéresse - j'en suis !)
Chef d'oeuvre.
Je l’avais vu au ciné et j’ai encore la scène d’intro en tête ainsi de la scène d’attente (pour pas spoil). Magnifique film.
Vu ce soir. Puissant... et quelle photo. Un peu déçu du peu de présence de Paul Meurisse, j'avoue.