Ca y est, dyptique bouclé.
Disons le d'emblée:L'ennemi public n°1 est moins bon que son aîné.Cependant, il est d'une qualité bien supérieurE à la moyenne et s'avère être un très bon film.
Le problème,c'est que plus encore que dans le premier, le scénario survole un peu l'histoire. On passe d'une situation à une autre sans lien véritablement logique.Mais qu'importe finalement, tant le brio de Richet atteint encore une fois des sommets cinématographiques. Si cet opus est moins tonitruant que L'instinct de mort, il n'en reste pas moins incroyablement vigoureux. La mise en scène est plus qu'inspirée, multipliant même les clins d'oeil au grand cinéma américain(De Palma en tête), c'est simple, le film est dans la lignée formelle du précédent: sublime. Il faut voir comment Richet filme les attaques de banque et autres évasions de prison, comment il fait monter le suspense en reprenant la toute première séquence du tout premier film(un long silence avant l'exécution, formidable)
Si le tout est moins énergique, cela s'explique par le caractère fataliste de l'oeuvre. Plus le film avance, plus le sort de Mesrine ne fait pas de doute quant à son aspect tragique(aspect renforcé par notre connaissance historique, on connaît tous la fin). Il y a de formidables moments dans le film, surtout à partir du milieu, où Mesrine paraît hors de lui, semble avoir oublié sa fougue, et sait comment tout ça va finir. De rares moments où il ferme sa gueule (c'est rare!)et qui en disent long sur ses sentiments.
Au niveau casting, le film est plus que jamais porté par un Cassel impeccable. Amalric est un excellent choix et l'acteur livre aussi une prestation d'une efficacité redoutable. Un bémol cependant sur Ludivine Sagnier, qui ne semble pas jouer(contrairement à Cécile De France,qui composait réellement)et sur Gérard Lanvin, acteur par ailleurs excellent, mais dont l'accent marseillais casse un peu la prestation. Bon le vrai type qu'il incarne parlait peut-être comme ça, mais bon là ça passe pas.
A part ça, très bon film,et la réflexion sur la gloire et le rôle des médias est très intéressante aussi.
Du grand art.