Mon avis :
Sortit depuis quelques jours dans nos salles, attendu de pied ferme par tous ceux ayant pris goût au cinéma façon Malick, Tree of Life se révèle être une œuvre extraordinairement poétique.
Cartésien, cartésienne, passez votre chemin, ce film ne vous est pas destiné. Si je devais décrire cette œuvre en trois mots, je dirais qu’il s’agit d’un film néo-impressionniste romantique symboliste. Je m’explique.
Littéralement « l’arbre de vie », Malick nous conte l’histoire d’une famille ayant perdu un enfant. Pour ses proches parents, cette perte remet en cause le sens de la vie, sa fatalité ainsi que son apprentissage. Nous vivrons l’évolution d’une famille de sa création à la perte dudit enfant. Un père dur mais aimant, une mère en retrait, trois enfants qui apprennent à vivre. Le cadre est posé. Ce qui pouvait être un banal drame chiant à souhait, Malick s’en approprie l’essence même et transpose ce drame non pas seulement à l’humanité mais à l’univers tout entier. De là je lui lancerais mon premier pique. Légèrement prétentieux et peut-être surfait ; Malick pousse trop loin son problème métaphysique et qui peut donner ce côté emphatique qui a par la même occasion, fortement déplu à la personne avec qui je me trouvais. Malgré cela, nous suivons avec intérêt l’évolution de la vie de cette famille et plus particulièrement, celle de Jack. Le fils qui a pris les traits de son père.
La voix-off, élément quasi-prépondérant d’un film chez Malick, sonne le glas d’une humanité voué à mourir avec une diction et une intonation admirable. En version originale œuf course. De prime abord, le film apparait comme étant d’un rare pessimisme puis… Puis je me tairais de peur de ne le spoiler. Le seul véritable regret est l’impression de simplicité et d’explicité que se dégage du film. A moins de vouloir s’amuser à déchiffrer les nombreux symboles présents tout au long du film, le scénario laisse cet arrière-goût de facilité qui n’est pas présent dans ses autres œuvres.
Terrence Malick est certainement l’un des cinéastes les plus romantiques qui soit. Ce constat est d’autant plus flagrant dans Tree of life. J’irais même jusqu’à dire que la nature est le protagoniste.
L’eau est à l’instar de l’arbre, le symbole de la vie. Là où tout a commencer, là où nous avons été créé. A-t-il pris le chemin de la facilité ? J’en doute, il a pris le chemin qui lui plaisait le plus.
Des galaxies, des nébuleuses, des explosions solaires. Malick nous montre le commencement de notre univers sous fond d’airs d’opéra. Des images sublimes ainsi qu’une photographie non moins poétique.
Des champs de tournesol, des gerbes d’eau, des explosions volcaniques et cetera. Amoureux du cosmique et de la nature, n’attendez pas, vous allez être émerveillé par ce spectacle.
Il s’est même permis un clin d’œil à un tableau du peintre romantique Friedrich. Je ne vous dis pas lequel, c’est si flagrant que sous esquisserez un rictus qui sera sans nul doute semblable à celui que ma provoqué la vue de cette image.
Les personnages nous apparaissent dans leur véracité et leur intimité la plus profonde. Quoi que je n’aie toujours pas compris le choix de Sean Penn qui doit apparaitre pour tout et pour tout 3 voire 4 minutes. Capturer l’essence même d’une émotion est la recherche de tout artiste, dans ce film, les enfants en sont remplis, que ce soit dans leur geste ou bien leurs regards et faciès que soulignent les très nombreux gros plans qui m’a directement fait penser aux films expressionnistes . Quand même bien je ne comprends pas le choix des acteurs, ils sont bons. Mention spéciales pour les enfants.
Quant à la bande sonore, elle n’est pas en reste, composé par Alexandre Desplat, elle comprend des œuvres majeures d’un certain Strauss, Brahms, Berlioz et bien d’autre. Les amateurs de musique baroque et romantique seront ravis comme je l’ai été.
Malick soulève des questions métaphysiques toujours très en lien avec la nature ainsi que les sentiments humains. Très lyrique, quoi qu’un peu prétentieux avec un fond un peu à la ramasse, la forme est si belle qu’on se laisse volontairement emporter dans son univers purement romantique.
7/10