Le summum de la masturbation intellectuelle.
Il faut scinder l'art de faire du cinéma du réalisateur du film lui-même. Terence Malick maitrise le cinéma, les plans sont bien menés, beaux. Le langage cinématographique est maitrisé, le montage ourlée. Le film en lui même est un chef d’œuvre d'esthétisme. La musique est sublime. Ceci dit, il n'est pas possible de se contenter de la technique, de l'apparence.
Malgré une beauté visuelle incroyable, tout le reste est une torture qui dure plus de deux heures. Tout le long du film, je me suis dit que j'allais enfin "rentrer dedans" mais je suis resté totalement spectateur. J'irai même plus loin en disant que ce film est totalement méprisant pour le public, qui sort de la séance en se demandant pourquoi il n'a pas compris ou n'a pas pu rentrer dans un film que la critique a salué.
Comme quoi on peut faire une soupe imbuvable avec de délicieux ingrédients. J'ai détesté Tree Of Life, et pourtant j'aime les films lents, où il ne se passe pas grand chose, où les émotions s’entremêlent au détriment du visuel ou de l'action, ou la poésie remplace le romantisme et où la philosophie s'impose en maître. Mais ce film, même au cinéma, m'a profondément ennuyé. Un Brad Pitt et Sean Penn qui font honte à leur carrière, au travers 15 minutes de dialogues étalées gracieusement sur 2h20 de film. Des slideshows -certes magnifiques, on est scotché devant une telle beauté- trop longs qui perdent de leur charme. Une minute, ça va. Dix minutes, on regrette de ne pas être dans la salle d'à côté, quoi qu'ils y projettent.
La partie concernant l'enfance des gamins est sans doute sa madeleine perso, mais n'arrive pas à toucher, et n'atteint pas l'universel,mais c'est là que résident les meilleurs instants du film, moments fugaces où l'on voit grandir les enfants, les seuls que je retiendrai : ça doit faire 5mn sur 2h20. C'est beau , comme un magazine Géo ( ou Vogue pour la reconstitution années 50) oh la belle éruption volcanique, oh les beaux nuages sur la facade des buildings, oh les beaux arbres,et le joli bébé.. J'y ai mis pourtant beaucoup de bonne volonté, pas comme les spectateurs partis dès la première demi-heure ( la moitié de la salle !! ) A force, c'est hypnotique et l'endormissement guette.Moi qui déteste les documentaires animaliers et géographiques ainsi que les prêches , j'ai pourtant tenu jusqu'à la fin, heureuse de la voir arriver !
Je cherche encore le pourquoi du comment d'une Palme d'Or. Et qu'on vienne pas me dire que ce film ressemble un tant soi peu au chef d'oeuvre " 2001, l'odyssée de l'espace. Même le 20 heures avec Laurence Ferrari est moins soporifique.