C'est quand même aberrant de lire que la mise en scène serait "maladroite".
Le début du film est très franchement déroutant, je savais que j'avais à faire à quelque chose de très original, pas de la soupe. Puis vint la naissance de l'univers, magnifiée par des jeux d'ombres et de lumières, jamais agressives même avec un écran qui semble en fusion entre jaune vif et rouge écarlate. C'est beau, c'est harmonieux, même les formes a priori monstrueuses et inhabituelles ne choquent pas dans cet univers étoilé. La musique contribue à cette dimension un peu mystique.
Après une telle expérience visuelle, j'étais curieux de savoir comment Malick allait revenir dans la petite bourgade américaine des années 50, comment passer de l'immense univers à quelque chose d'infiniment plus réduit. La vue du fœtus a quelque chose d'astral, dans la continuité de ce qu'on a vu précédemment, ça ne choque pas vraiment.
Mais en fait, l'arrivée au monde de Jack et ses premières années nous émeuvent autant que la création de l'univers.
Il y a notamment une scène qui m'a marquée, où on a un gros plan sur son visage alors qu'il est dans les bras de sa mère : il est tellement innocent, mais il semble avoir conscience des choses, malgré son tout petit âge...
Tout ces plans proches des personnages nous font ressentir leurs émotions autant que possible, ça les rend sincères, humains, chaleureux, et on vit l'enfance de Jack au rythme de ses sentiments et de sa famille.
Une telle mise en scène révèle un jeu d'acteur particulièrement réussi.
Voilà comment j'ai perçu le film sans trop rentrer dans les détails techniques ou interprétations pointilleuses. Je ne me présente pas comme cinéphile, mais je considère The Tree of Life comme une œuvre, une expérience qui m'a réellement touchée.