Introduction
Comme on le sait, le Japon est le pays de tout les extrêmes .Nous avons donc décidé de mettre le cours de philosophie et de littérature en rapport avec deux films japonais, ceux-ci reprenant certaines thématiques abordées durant le cours, il s´agit pour le premier film de Tokyo Fist de Shinya Tsukamoto et de Visitor Q de Takashi Miike.
Tokyo Fist de Shinya Tsukamoto
ou "la redécouverte de l´humanité par la violence"
Tsuda est un Salary-man et Kojima est boxeur professionnel .Ce sont deux anciens amis qui se sont connus au lycée et qui vivent tous deux à Tokyo.
Un jours Kojima retrouve Tsuda dans un couloir de métro et il le frappe .Par la suite, petit à petit, Kojima va s´immiscer dans la vie de Tsuda, vie professionnelle et amoureuse et le provoquer.
Le film parle clairement du problème d´aseptisation de la ville et de la recherche de la vie à travers la boxe, de la sensorialité à travers la souffrance du corps. En effet Kojima va provoquer Tsuda en raison d´une promesse faite pendant le lycée, juste après l´assassinat d´une fille qu´ils aimaient tous les deux. Ils s´étaient promis d´apprendre la boxe et de retrouver et de tuer les meurtriers de leur amie une fois ceux-ci sorti de prison ,n´ayant pas pu la venger . Par la suite, Tsuda oubliant sa promesse et s´est laissé emporter par l´aseptisation de la ville ,les désirs de tous les jours et l´immédiateté de la vie .Tsuda a oublié sa promesse. Kojima utilise tous les moyens pour réveiller la violence qui s´était endormie chez Tsuda. Il cherche à coucher avec sa femme, en vain, il bat Tsuda jaloux. Et sa femme ne reste pas insensible à Kojima, celle-ci est fascinée par la vie qu´il mène, par sa violence et son métier (la boxe).
Une relation triangulaire va se construire entre eux. Elle va s´installer chez Kojima, et devient une déesse manipulatrice pour tous les deux, elle va réveiller la colère des deux pour les aider à sortir de leur train quotidien dans lequel ils s´étaient jusque là tous les trois encroutés, en se tournant vers la violence. Mais contrairement à la boxe de Scorcese dans Raging bull, qui est perçue comme une punition, ici la boxe est vu positivement, comme un retour à l´humanité, à une vie chaleureuse en opposition à la froideur de la ville, à travers une violence bestiale.
Tsuda se rend compte qu´il est impuissant contre Kojima et incapable de retrouver sa femme. Il décide donc d´apprendre la boxe.
La femme de Tsuda décide elle aussi de retrouver la sensorialité par le biais du tatouage, du piercing. Il y a un certain retour à la société archaïque, primitive. Elle ira jusqu´à parsemer son corps de barres de métal.
Tsuda réapprend à désirer sa femme et elle retrouve la valeur qu´elle avait perdue. Et même s´ils n´ont pas répondu à toutes les questions, à la fin, ils ont chacun retrouvé une part de leur humanité qu´ils avaient perdue dans cette société.
Dans les commentaires, Tsukamoto avoue clairement que lui aussi avait perdu cette sensorialité à Tokyo en devenant salary-man, travaillant dans la publicité. Il trouve que Tokyo est une ville où on cache les morts, on ne les voit pas, et questionne "Comment peut on apprécier la vie si on ne voit pas la mort en face?".
La souffrance des protagonistes est voulue et pleinement assumée et malgré les résultats apportés elle a un certain prix.