Jim le jardinier présente :
" Viande et jardinage pour un type de femme"
C´est avec beaucoup d´incertitude que Jim décida de continuer l´élaboration de son livre.
Ca s´appelerait : " moiteur d´un camarade mort"
et ça relaterait les mésaventures d´un vieux colonel à la barbe drue, pêtant tout-à-coup les plombs au milieu de la jungle du Pacifique Sud, se prenant pour un singe et passant ses journées suspendu à un félin. Jim hésitait encore sur quelques revers narratifs, mais le contenu principal avait de quoi faire pâlir plus d´un éditeur. < Antidépresseur et psychothérapie>
la découpe scénaristique révolutionnerait le genre. Elle serait désordonnée, englobée d´une somptueuse lumière safrane, inhumaine et frivole, passant comme ça, sans raison, de moult célébrations indigènes pleines de sacrifices humains, à d´étranges expéditions dans la brousse ayant pour sois-disant but la découverte des ossements de nos augustes ancêtres. Le tout n´étant en fait qu´un gros complot monté de mains de maître par une bande de talibans adoratrice des jeunesses hitlériennes.
Sur la machine à écrire : le résultat est là !
Jim n´a rien commencer, il ne fait qu´imaginer.
Jim le jardinier se pose, se serre un verre de gnôle, le vide et entreprant un exercice de relaxation. Il prend son temps, s´imagine prendre son temps pour une introspection qu´il aimerait se faire subir à lui-même, pense éventuellement à quelques adjuvants pour son histoire, et enfin, décide de s´imaginer en train d´écrire son livre.
C´est quelques choses de nécessaire chez lui.
L´influence désastreuse des écrits sacrés sur la personne de Jim était visible à l´oeil nu. Il souintait littéralement la bonne parole, ce qui, avouons-le, n´est pas facile à vivre lorsque l´on est non croyant, psychotique, nécrophile et jardinier. D´un coup, il frappa les touches et la feuille blanche commeça à se remplir.
Intérieurement, il jubila :
" Oui ! l´inspiration arrive, me voilà Pivot"
mais retomba aussi net à la lecture de ce qu´il était en train d´écrire.
Le virus H.I.V. est une bénédiction pour les gens comme moi. Voilà un virus qui tue l´hommes ET le singe. Autrement dit, qui tue l´humanité, et ce qui serait en phase de le devenir si nous n´y prenons pas garde. Moi je dit, monsieur le Virus..
" C´est de la merde ! " Se gueula Jim à lui-même avant de se foutre son poing dans la machoire
Putain mais j´en ai marre d´écrire des saloperies sur mes semblables, je veux régir le monde moi, pas seulement le meubler à ma façon. Le corps froid de l´effroyable lépreux qui s´est empressé de se frotter sur tout ce qui était à sa portée avant de trépasser, voilà un sujet qui pourrait faire l´affaire se dit-il à nouveau.
Une effrayante besogne de début de millénaire, retourner le tournevis contre l´ignoble main qui le fait pivoter.
AAaaahhh Jim est en pleine forme, il braque une pharmacie de province, crie à la responsable
" Des cachets pour le déclin universel ou je te fais sauter le crâne ! " et s´enfuit tout nu à l´horizon.
être défiguré et plein d´ecchymoses ne lui pose pas de problème particulier, tout ce qu´il demande c´est de vivre au-delà de ses moyens, comme se brave journaliste porté disparu pendant un reportage en Amazonie, dont tout le monde ou presque a oublié le nom. Revenons en au livre de Jim. Son livre ! Le supplicié vomissant ses tripes au pied du dictateur à fourrure mauve, l´éloquence du concierge ingrat boursouflé de mauvaise foi qui me jure que mon courrier n´est pas encore arrivé, et qui me dit, en me regardant droit dans les yeux :
" il faudra repasser demain"
Vous pouvez pas comprendre ce que c´est que de vivre dans la peau et les organes de trente individus différents, c´est comme un recyclage existenciel. sur ce, vive les turpitudes, et vive les puttes