Mais quelle merveille. N’en déplaise au détracteurs qui critiqueront en vain la surdose de vilains, la surdose d’histoires ou la séquence emo de Peter (on y reviendra), le film est une franche réussite qui conclut parfaitement la trilogie de Raimi. Plus qu’une histoire d’amour, c’est cette fois aussi l’histoire d’une amitié. Le film se centrera autour de la relation conflictuelle entre Peter et Harry de la plus juste des manières.
Les deux s’affrontent d’abord pendant la majeure partie du film avant de se réunir au combat pour la séquence d’action finale, alors que Peter demande à Harry son aide, quelque temps après lui avoir jeté une grenade à la figure. Harry découvre la vérité et se joint au combat, reliant son amitié avec Peter au passage. Ce film, c’est la consécration de la rédemption que Sam Raimi a cherché tout du long de ses films.
On le voit chez Harry, qui cherche la vengeance de son père depuis deux films. Et on le voit chez le Sandman, plus que chez quiconque personnage de l’univers Spider-Man adapté au cinéma. Le vilain n’a aucune mauvaise intention. Il cherche à aider sa fille. Et Spider-Man l’en empêche. D’une certaine manière, c’est ce dernier qui pose problème, aspect intéressant du film à observer dans le sens où le héros cherche systématiquement à faire échouer les plans du Sandman à aider sa petite fille.
Ce Sandman, c’est lui qui a droit au plus beau plan-séquence du film : après l’exposition involontaire à l’étude scientifique, il se transforme en sable et renaît, dans une séquence magique et envoûtante, de ses particules. On le voit se reconstruire, brisé. Il attrape le pendentif de sa fille tant bien que mal, le tout accompagné d’une musique de Christopher Young qui fait honneur à celle de Danny Elfman, et repart dans sa quête.
Ce besoin de passif et de rédemption chez Raimi est singulier. On ne le retrouve quasiment nulle part ailleurs dans le genre. Marvel Studios n’y parviendra jamais et DC choisira une autre direction. Pourtant, c’est ça le cinéma : une recherche de l’émotion. Une recherche de réalité dans les relations humaines. Le cinéaste comprend parfaitement ses personnages et leur donne un sens.
Et son style se perçoit tout du long du film : on constatera que toutes les scènes de chutes libres se ressemblent, qu’il emploie à foison les jeux de zoom, que le montage fonctionne de manière sublime. Bref, Sam Raimi sait ce qu’il fait, malgré les contraintes du studio. C’est triste à dire, mais ce sera la dernière fois que l’on percevra ça d’un film Spider-Man (avant la trilogie animée Spider-Verse ?).
La seule erreur, c’est Venom. Ou l’est-elle vraiment ? Certains diront que le réalisateur s’est raté. D’autres argumenteront qu’il s’est vengé contre le studio. De fait, ce n’était pas sa volonté d’inclure le vilain dans le film, et la scène de danse emo va dans ce sens de ridiculiser le studio. Et, in fine, si la représentation de Venom n’est pas ressemblante aux comicbooks, elle est en tout cas fonctionnelle et terrifiante. Qu’attendons-nous de plus de Raimi que de jouer sur l’effroi ?
Mon marathon s’arrêtera probablement là, car je souhaite finir sur une note juste, et ni les Amazing, ni les Marvel, ne sauront remplir cette qualité. La trilogie Spider-Man, autant ai-t-elle ses défauts, restera probablement dans les annales comme la seule trilogie super-héroïque marquante du cinéma.