Du 2 au 21 juin, la Cinémathèque Française propose une rétrospective des films de Lee Man-Hee, un des réalisateurs les plus importants du cinéma classique coréen (avec Kim Ki-Young et Im Kwon-Taek). 51 films réalisés entre 1960 et 1975, certains ont totalement disparu, d'autres sont en piteux état, la Cinémathèque propose donc les 12 films restaurés à l'occasion du festival de Pusan en 2005 : du film de gangster, du film de guerre, du film d'aventure, du mélo, Lee revisite les genres pour mieux les triturer.
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L'ouverture a donc eu lieu ce soir et il y avait du beau monde (la fille du réalisateur elle-même venant parler de son père). C'est Black Hair qui a été mis à l'honneur pour ouvrir le bal, l'histoire d'une épouse de gangster qui, comme le veut la règle dans le Milieu, se fait défigurer après qu'elle ait été prise en flagrant délit d'adultère. Désormais prostituée et masquant ses cicatrices, elle gagne l'amour des hommes comme elle peut...
Ca commence donc comme un film de gangster et ça emprunte une voie étrange, totalement imprévisible, toute en disgressions. On suit un personnage qui en rencontre un autre. Du coup on va s'immiscer dans la vie de ce dernier, et introduire de nouveaux persos. Qu'on va apprendre à connaître à leur tour. Et tout ce beau monde se retrouve mêlé à la même histoire par le jeu des coincidences. Ca donne un gros bordel porté à bout de bras par l'énergie de son réalisateur qui fait partir son film dans tous les sens à tel point que la narration rebondit d'un évènement à l'autre avec une joie communicative. Là, comme ça, je rapprocherais grossièrement le film d'un croisement entre Seijun Suzuki et Yasuzo Masumura avec un gros côté mélo bien sirupeux qui prend à mon grand regret un peu trop de place sur la fin (c'est d'autant plus dommage que jusque là j'avais pas vu le temps passer). Sorti en 64, Black Hair a également tout le loisir de prouver que l'amour des coréens pour le sadisme esthétisé est pas né avec le nouveau millénaire (la défiguration à la bouteille brisée, une décapitation ferroviaire...).
Bien que très imparfait (montage plutôt brouillon, quelques scènes qui prêtent à sourire, une musique omniprésente et parfois casse-burne), c''était suffisamment surprenant pour que j'aille reposer mes fesses à la Cinémathèque.
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