Généralement, pour pouvoir prétendre se faire un avis objectif et construit d'un film, j'estime qu'il faut avoir vu l'intégralité dudit film. Même si c'est le pire étron possible, la rigueur cinéphile impose de tenir aussi solidement qu'une phalange spartiate.
Mais en vrai, je pense que cette règle trouve une exception avec Cobra. Pourquoi ? Car l'intégralité de ce que propose le film se retrouve dans sa scène d'introduction, au cours de laquelle un méchant prend en otage de faibles consommateurs dans un supermarché.
Pour venir en aide aux innocents, la police fait appel à Cobra, où le légendaire Stallone arrive habillé de ses plus belles lunettes de soleil, avec une p'tite allumette dans la bouche, histoire de montrer qu'il a la plus grosse paire de couilles de tous les Etats-Unis (voir du monde, maintenant que j'y pense). Le bonhomme s'infiltre dans le supermarché et... bordel, que c'était naze. Le mec se fait repérer à des kilomètres, n'en a rien à foutre des civils, prend le temps de boire un soda avant de jeter la canette (ce qui grille sa couverture, wtf). Il fait littéralement des culbutes avant de se décider à prendre le méchant par surprise, dans son dos. On a droit à quelques répliques bien beaufs, bien nazes, périmées avant même leur naissance, un peu d'action, des plans de caméra atroces, et Stallone qui sauve la belle brune en détresse (par contre il a en rien à faire des autres otages, probablement pas à son goût).
Cette séquence se suffit largement à elle-même pour résumer ce très mauvais film. Je savais que ce n'était pas un chef d’œuvre, mais je ne m'attendais pas à voir un nanar, un vrai de vrai. Je ne m'y attendais pas et l'exercice fut très déstabilisant (quoique très drôle par moment, je dois l'avouer).
C'est un peu comme quand un pote vous fait une olive. C'est pas prévu, douloureux, mais on finit quand même par apprécier, car il a osé aller au bout. Comme Cobra, en fin de compte.