J'avais envie de l'écrire, mais voilà pourquoi il faut revoir plusieurs fois un film.
Platoon, j'ai dût le regarder minimum une dizaine de fois (en entier, je ne parle même pas des extraits revus régulièrement). Et là, en le revoyant, je viens de relever un truc que je n'avais jamais vu : à un moment un peu avant la fin, ils sont en hélicoptères, et Taylor (en mode narrateur) dit "nous ne sommes pas loin de la frontière Cambodgienne, nous sommes repassé par les lieux du crime" (note : là où est mort Elias + le village brûlé), et là, la caméra nous montre Taylor choqué, Bunny qui sourit sans remord, et Barnes qui semble... bouffé de remord. Là le réalisateur, sans le vouloir, veut nous dire : "vous voyez la différence entre un humain normal, un psychopathe, et un sociopathe". Car un sociopathe est clairement un humain qui a tellement vu d'horreur, qu'il en a eu des comportements de psychopathe, mais il lui reste une chose que n'a jamais eu le psychopathe : des sentiments.
Bunny n'en a jamais eu, c'est ça qui rend plus touchant et plus courageux un Barnes, d'ailleurs Bunny le dit à un moment qu'il s'en fout de mourir (il dit ça que de toute façon on ne le verra même pas venir), et il n'éprouve d'empathie à aucun moment. Barnes lui n'est clairement pas un psychopathe, mais c'est un gars courageux devenu sociopathe, car il est à bout de nerf (il est touché devant la mort de ses hommes par exemple), et malheureusement avec tout ce qu'il a vécu, il n'est plus intégrable dans la vie civile (et au fond de lui il le sait). Une autre preuve à ça, c'est que quelques minutes plus tard (genre 10 minutes), avant le combat final, il fait un grand sourire au lieutenant qui lui est à cran : alors que le lieutenant est jeune et ne veut pas laisser sa vie au Vietnam (surtout que comme tout officier tout fraichement sortit de l'école il a dût voir ça juste comme un passage obligé), le sergeant-major Barnes voit ça comme une nouvelle opportunité d'en finir avec honneur.
Barnes est clairement bouffé par les remords, et son souhait le plus cher finalement, c'est de mourir. Vraiment ce film est un chef-d'oeuvre, Oliver Stone ne fera jamais aussi bien, et la performance de Tom Berenger est parfaite du début à la fin.