Il y a de ces revisionnages qu'on ne devrait pas se permettre, afin de laisser le souvenir lentement périr dans notre mémoire. 
J'ai pendant très longtemps porté ce film dans mon coeur, et bien que conscient de ses nombreux défauts j'étais toujours parvenu à passer un bon moment devant.
Tout le monde n'aime pas mais beaucoup le considèrent culte avec sa suite. Pour ma part j'ai un rapport très spécial avec les deux Ace Ventura, pas seulement parce que ce sont des films que j'avais découvert et aimé enfant, à l'époque de la sortie du second, mais aussi parce qu'ils étaient inscrits malgré eux dans le patrimoine cinématographique d'une période de ma vie dont j'ai, depuis plusieurs années, appris à vraiment en tourner la page. 
Ainsi, le doux tintement du glas du temps aura eu raison de ce film, puisque pour la première fois depuis, je me suis tenté à le revoir et pour la première fois, j'en suis sorti partagé.
Il peine à raconter quelque chose de vraiment prenant une fois qu'on le connaît en long en large et en travers, tant le projet est décousu. Je ne peux pas lui en vouloir pas plus que ça vu sa nature ; une comédie bas de gamme mettant en vedette une star montante du stand-up, mais quand même... que c'est débilement mal écrit (car du débile "bien écrit" ça se trouve).
Certaines blagues qui me paraissaient curieuses étant petit, et que j'avais fini par simplement esquiver plus âgé, sont malaisantes aujourd'hui, spécialement la révélation finale. D'autres n'ont plus le même effet.
Je mentirais toutefois si je disais que je ne m'étais pas réjoui à nouveau lors d'autres passages, me rappelant quasi religieusement des répliques qui faisaient alors mouche sur moi et qui le font encore.
L'énergie de Carrey et son sens de l'improvisation y sont pour beaucoup et, in fine, c'est ce que je parviens encore et toujours à retenir malgré ce que j'ai désormais jugé détrimentaire à mon appréciation.
Ce sont ces moments moins scriptés dûs à ses facéties sur le plateau, où alors lorsque l'espièglerie du personnage, aussi efficace en VO qu'en VF btw, rendent ses punchlines souvent joviales, amusantes, et sa maitrise de l'environnement et de son corps si rigolos. D'ailleurs dans ces moments-là, on peut occasionnellement déceler çà et là ses partenaires de scènes discrètement lutter pour ne pas briser leur personnage.
C'était un exercice intéressant, je n'ai de toute évidence plus besoin de le revoir avant très, très, très long moment. Cette boite de pandore qu'on appelle la nostalgie, n'a plus d'emprise sur ce film. 