Bonne idée un topic commun pour ces deux films.
Personnellement, les deux me frustrent.
Blow up a une ambiance géniale, très contemplative, une photo très belle (le contraire serait un comble pour ce film), des décors parfaits. Il nous montre le milieu underground/arty qui couve la révolution des moeurs post 68... pourtant le film a été tourné en 1966 et c’est déjà bien libéré pour le sexe ou les drogues ! Voyait-on un plan à trois improvisé ou des gens se rouler des joints aussi ouvertement avant ? Et ces concerts bariolés dans des hangars où tout le monde va et vient... D’un point de vue « documentaire », c’est vraiment passionnant, fluide et immersif. On se surprend à observer une sorte de légèreté ou de spontanéité en société plutôt éloignée de ce qu’on connaît aujourd’hui, à l'ère plus aseptisée du numérique et des RS.
On s’immerge très bien dans les pensées du personnage principal, avec tout ce que ça comporte d’erratique, d’impulsif, de perplexité.
Mais pour l’intrigue, c’est autre chose ! Il ne se passe pratiquement rien de concret à ce niveau pendant la majorité du film et ce n’est pas creux pour autant car on a d’autres choses à se mettre sous la dent, une réflexion sur le paraître, le mensonge... Mais je reste sur ma faim concernant ce meurtre, j’aurais aimé un peu plus de matière... Même si la scène finale nous confirme que ce n’est pas le propos du film, que peut-être que tout cela était une illusion... A croire que le meurtre aurait pu être remplacé par n’importe quel autre évènement photographiable et que nous aurions eu le même film !... Nous sommes dans un rêve brumeux.
Quant à blow out, l’intrigue est bien mieux développée, très vite les éléments se mettent en place, le rythme est très bon, mais l’ambiance est beaucoup plus superficielle ou conventionnelle sur la forme ou pour les milieux sociaux ou les quartiers dans lesquels ont est immergés. C’est un film beaucoup plus « froid » et linaire.
En somme, Blow up a une vraie âme unique avec une intrigue un peu mise au placard, un film assez « abstrait ». Blow out, c’est l’inverse : il a très bien réussi le traitement de l’intrigue mais n’a pas développé d’âme particulière (autrement que celle d’un bon thriller américain classique) ni pris une hauteur particulière sur les évènements, il est trop « concret » à mon goût.
Le film parfait serait une fusion entre les deux.
En attendant, l’un comme l’autre me frustrent, en dépit de leurs qualités respectives indéniables. 