Bonjour à tous, je sais qu´il y a un forum Fanfictions, mais comme la mienne n´en est pas vraiment une... J´ai hier soir terminé la première partie de cette nouvelle, inspirée majoritairement des films Zombie et Pulp fiction. Pour le premier c´est le lieu et les évènements imprévus, pour le second le déroulement scénaristique et le côté parfois délirant. Vous noterez également une tonne d´allusions à de célèbres ou moins célèbres films, à vous de les trouver. Par manque de place, je diffuse d´abord un premier morceau, puis la suite d´ici dix minutes...
PARTIE 1 Je ne saurai dire...
28/06/04 - Mais je vais lui dire...
J´avançais avec peine dans l´allée. Sans doute étais-je près du but. J´étais dans un parc public situé en centre ville que je n´avais jamais fréquenté auparavant, et je ne regrette rien tant il est mal entretenu. Malgré l´obscurité nocturne, on distinguait des mauvaises herbes qui abondaient, le paysagiste qui l´a conçu a certainement autant de talent que ma belle-mère. Au niveau de la constitution de ce parc, ces arbres partout, une sorte de petite forêt emplie de bancs et bosquets placés certainement à la va-vite. Dans ces talus de fleurs, mélangées bien peu harmonieusement, une tonne de déchets, la mairie ne faisait pas son boulot de nettoyage... Hormis cette physique bien peu attrayante du parc, la situation est propice à me faire paniquer : il fait nuit et je suis seul. Je continua à penser à ce malhereux parc mal entretenu, sans doute pour dédramatiser toute l´horreur à laquelle j´assiste depuis hier soir.
On ne voit absolument rien malgré la pleine lune, ombrage des arbres oblige. Des hiboux et leurs si caractéristiques bruits se faisaient entendre. Tiens, un puits. Regardons un peu à quoi ça ressemble un puits, je suis tellement citadin que je n´en avais certainement jamais vu auparavant, à part sur des bouquins. En même temps, sur quel bouqin j´ai pu voir un puits? C´est rond, un puits. Et c´est surtout profond. Je ne pouvait apercevoir le fond, ah si peut-être un reflet de la lune sur l´eau du bas. Et une chose assez imposante que je ne pouvais identifier. Encore une situation effrayante, la peur du vide et de l´inconnu étaient de retour devant cette innovation du passé permettant, en théorie, de s´abreuver. Sauf que ce puits est parfaitement inutile! Que fait-il au milieu d´un parc ouvert à tous, ah si, il pourrait servir aux courageux pompiers tant il est dangereux pour un enfant. Ah, j´adore cette ville. Et si j´arrêtais les futilités de bas étage?
Putain! C´était quoi ce bruit! Du fond du puits j´entendais un gémissement rauque, comme si quelqu´un de blessé appellait au secours! Je me mis à paniquer, à crier une fois de plus. Qu´est-ce que c´est que ça? Je m´éloignais du puits mais la voix se faisait plus dense. Terrorisé, je partis en courant.
Dix minutes plus tard, je m´assis, épuisé. Je repensa à tout ce qui m´étais arrivé depuis hier soir, cette succession d´évènements imprévus. Mais quel était ce mal qui rongeait cette bourgeade, au demeurant presque paisible auparavant? En tout cas bien plus calme que ce silence auquel j´assiste maintenant, cette immense solitude me faisant penser que j´étais dans un film dont j´étais le héros. Et si tout cela n´était que manigance, tous les habitants seraient montés contre moi? Hier encore, j´étais avec ma femme et mes deux filles. Allongés autour d´un feu de cheminée à nous raconter des histoires horrifiques, comme on le faisait régulièrement pour nous distraire et casser ainsi la monotonie quotidienne. Peu après, je n´ai pu comprendre ce qui s´est passé, tout est allé si vite... Flash back pour un perdu.
26/06/04 - Le début de la fin
Je se souviens encore du début du cauchemar, cette chose immonde sur le téléviseur. Un être humain qui avait la tête
en lambeaux, le cors effrité. C´était absolument épouvantable. Mais comment ces images pouvaient être diffusées alors que l´on n´avait rien fait pour? L´écran s´était illuminé sur sur cette peu ragoûtante vision. Sur le coup, je n´ai pas compris. Moi et ma famille étions horrifiés, on aurait dit une sorte de reportage macabre. Le caméraman filmait des cadavres massacrés par je ne sais quoi, certains avaient perdus un bout de leur ventre, d´autres leurs bras et jambes, les plus atteints étaient coupés en morceaux à même le sol. Puis l´image s´est arrêtée, ma femme et mes filles criaient en se serrant mutuellement, elles étaient complètement appeurées. Seul à regarder, Je vis ensuite la caméra stopper sa séance. Noir. Quelques secondes plus tard, vision de ce cadavre debout, comme s´il était pendu par un fil invisible à l´oeil nu.
J´étais à deux doigts de rendre mon dîner à peine terminé. Mais j´étais tellement intrigué que je continuais à regarder cette chose, l´image resta telle quelle durant deux bonnes minutes, entre temps ma femme et mes deux filles étaient parties, en courant, je ne sais où. Soudain la chose se mit à bouger, brusquement, sans prévenir.
Elle ne me laissa pas le temps de souffler, je fus surpris à un point que ma respiration en était altérée. J´étais cardiaque, cela n´aide pas dans le cas présent. Le cadavre me fixait, les yeux ouverts. J´étais terrorisé, je partis en courant rejoindre mes filles, ma femme.
-Clara! Bon dieu, Clara!
Pas de réponse.
-Où est-tu? Où sont les filles! Je fis le tour de la maison, sans repasser par le salon car je n´osait plus affronter du regard cette télévision et sa macabre diffusion.
Je sortis de la maison, car un cri strident m´interpella.
Ce son aïgue me déchira les tympans, sur le coup je ne saurai analyser sa source lointaine, mais je doutais que cela soit une voix humaine... Un son comme modifié.
-CLARA!
Mais où est le voisinage? Il resta sourd à mes appels malgré l´heure hâtive, je décidais d´appeller ceux de gauche. Mais pas
de réponse après l´utilisation de la sonnette et des cris de ma part à travers la serrure!
J´ouvrais la porte, puis fouillais le rez-de chaussée car le couple Flecher n´avait pas répondu à mes appels.
Pas de traces, je monta à l´escalier... Encore ce sentiment de peur panique qui ne me quittait pas depuis tout à l´heure, ce dégoût pour l´inconnu, une frayeur incontrôlable de tout nouvel évènement imprévu, il faut bien avouer que c´est le cas ce soir.
Une fois à l´étage, je ne vis rien et ne parvint pas à trouver l´interrupteur. Les cris extérieur avaient stoppé, mais des bruits venaient du fond du couloir, mais comme je ne voyais rien je dû me servir de ma lampe torche pour fouiller les environs lentement, ne lâchant pas du regard le faisceau de la lampe.
BOOM! BOOM!
C´était de la chambre que cela provenait, lentement j´avançais afin de ne pas rater un détail de cette maison que je visitais pour la première fois.
-STOP!
Je n´en pouvais plus de supporter ces bruits! J´étais complètement affolé.
Je cria pendant 10 secondes, devint complètement fou!
J´aperçus une chambre, un placard à l´intérieur. Le tapage répété venait de celui-ci, je continua à paniquer ne sachant ce que c´était. L´affreuse sirène à résonnance métallique stoppa net, quel hasard. Mais mon ami adepte de nuisance nocturne continua, qui étais-ce? Qui peut bien marteler ainsi une surface?
Stop, je repris curage, enfin presque, c´était cette panique qui me décida à foncer sur cette armoire. A toute allure, ne
sachant comment l´ouvrir et vu mon état, j´entrepris d´utiliser un moyen radical.
BOOM!
27/06/04 - Premier contact avec la mort.
Mon dieu! Qu´est-ce que c´est encore que ce truc? Devant mes yeux horrifiés je vis le cadavre de Franck, mon voisin. Il était bel et bien mort, et d´une façon tout bonnement horrible. Ses bras étaient attachés aux supports pour vêtements, sa tête était ouverte au niveau de ses yeux, permettant d´apercevoir l´intérieur de son crâne. Son ventre était lui aussi salement amoché, son intestin sortait et dégageait une odeur répugnante. Je n´ai pas eu le temps de tout apercevoir tant je fus dégoûté. Cette fois-ci je vomis pour de bon, il fau dire que depuis tout à l´heure je me retenais sans cesse dans une lutte contre mon corps.
J´étais tellement sous le choc que je manqua de peu une chute vertigineuse vers les abîmes du sommeil forcé, un coma éthillyque, ce cauchemar qui depuis tout à l´heure me poursuit. Sans crier gare, il me harcèle de scènes absurdes comme celles-ci.
Mais que se passe-t-il? En fait, je ne me pose pas cette question tant tout paraît surréaliste. Je me releva après avoir déversé tout le contenu de mon estomac sur la splendide moquette du couple Flecher. Mais qu´est-il arrivé à Franck? Comment son corps a pu être autant malmené, un assassinat? Un coup monté contre mon quartier, c´est ce que je me mis à penser. Sans doute ces sales rats du MIN, encore à faire les pires choses possibles, un concours de conneries dépassant l´entendement.
Je ne me détaillerai pas à décrire pourquoi ils pourraient accomplir ça, juste vous dire que depuis le meurtre de leur " chef", un psychopate sans vergogne, ils soupçonnent une personne habitant dans notre quartier. Or cette personne se trouve être le délégué de celui-ci, il est censé, malgré son laisser-aller, nous aider à mieux vivre le quotidien pour un monde utopique. Je l´adore ce type.
Je suis désormais certain que le MIN, ne pouvant tuer notre roi suprême, s´en prend à nous. Bien décidé, je partis de cette pièce et abandonna cette macabre découverte. Je descendis les escaliers, toujours avec ma lampe torche, mais je réentendis ce bruit! Cet épouvantable tapage contre je ne sais quoi! Non, ce n´est pas possible, le bruit de l´armoire! Je me souvint alors que juste avant d´avoir défoncé celle-ci, les tapotements étaient là, je les avais oubliés! Merde, ce gars est mort! Mais qui est l´auteur de tout ça! J´ai soudainement l´impression que quelqu´un m´observe, me jette un sort dont je ne pouvais me défaire.
-Merde! Qui es-tu!
Silence.
Je jeta un vif regard vers le haut de l´escalier, mes oreilles se contentant d´être abassourdies par ceut ignoble tapage, se propageant jusqu´à mon cerveau qui analysa ceci comme un danger! Cours! Je détala à toutes berzingues, trébucha. Vite, cours! Je me relèva, arriva dans la ruelle et continua d´entendre les bruits sourds provenant de la chambre!
Je descendit la ruelle en criant le son le plus fort auquel ma voix pouvait monter. Je ne vis absolument personne dehors, à part un pauvre chien, probablement atteint d´une maladie fatale. Ses yeux étaient brûlés, son ventre à moitié pourri. Décidément, durant toute ma vie je n´avais pas vu autant d´atrocités que ce soir.
Je courus le plus vite possible en criant le plus fort possible, vous voyez le topo.
J´ouvrais les yeux pour voir cette superbe lune, ah ça fait du bien un peu de sérénité. Pfff. Cela faisait une heure que ma peur et ma fatigue m´avaient contraint à m´écrouler à même le sol, en plein milieu de cette ruelle, dans mon quartier. Soudain, encore cette odeur de moisi. Merde! C´est quoi ce chien!? Il ne m´a pas lâché lui? Il me regardait à deux bon mètres de ma lamentable position, les crocs à vifs, comme un festin à savouer du regard avant de s´y attaquer.
-Woof! Tiens, je fais super bien le clebs! Et accessoirement le fou...
Faut dire que j´ai, où plutôt j´avais moi-même un chien. Il est mort pas plus tard qu´il y a une semaine, écrasé par la voiture de ma belle-mère. Je me mis à rigoler, comme un fourbe, à la pensée de cette à la fois tragique et comique scène. Puis je me souvint de ses funérailles non moins marrantes dans le jardin, aidé de toute ma famille! Hé oui, fêtes et hasard oblige, du monde était invité ce jour-là, et comme il ne fallait pas davantage attendre avant que le chien ne pourrisse, un enterrement en bonne et dû forme était recommandable.
Puis je revins à la réalité, regarda fixement cette bête de la même manière que j´ai pu matter la télévision tout à l´heure, et je constata la troublante ressemblance entre cette chose au corps mutilée et notre défunt animal de compagnie. On aurait dit le même, c´est incroyable!
27/06/04 - Appréhension, non, compréhension!
C´est à partir de ce moment que je compris. Je me releva, courut vers mon domicile. Les lumières étaient toujours allumées, j´entra, où plutôt je fonça sur la porte en ne manquant pas de me faire mal.
-Clara!
Toujours pas de réponse, j´avais l´habitude du silence mortel qui règnait. Je jeta, très vite, un coup d´oeil dans le salon. Mon dieu! Toujours cette image du cadavre aux yeux ouverts, regard dénudé de tout sentiment. Ca n´était pas fixe! Ce corps décomposé était toujours filmé sans interruption, car je put distinguer de l´eau en mouvement dans mon bref regard horrifié. Egalement un mur en spirale, le tout était très sombre. Ma respiration redevint saccadée, encore une tentative de chute libre de mon corps, peu habitué à ce genre d´horreurs. Je me repris en main et songea à ce qui me fit revenir chez moi. Le jardin.
Il était derrière la maison, accessible uniquement par une porte située dans le garage. Je hais ce garage. A peine rénové depuis le passage de mes amis du MIN, il était grand temps de réparer tout ce carnage. Ces enfoirés avaient tentés une action afin de terroriser le quartier, c´était réussi. Comme d´habitude la police ne put rien faire, on se croirait dans un film tant c´est pathétique. Ces bleusailles étaient financées par le MIN, forcément un pot de vin dissuade de toute arrestation, sous couvert d´excuses minables. J´ouvris la porte menant au jardin.
Horrifié une fois de plus je stoppa net. NON! Ce n´est pas possible, non! Je pleura toutes les larmes de mon corps, non pas de tristesse mais de folie. Je retournais dans le garage, massacrant une fois de plus tout ce qui pouvait l´être. Verres, bouteilles et ous les jouets des filles. Puis je sortis, retournant dans le quartier et revis le chien.
-Merde! Je dois halluciner, ce n´est pas lui!
En plein délire, j´insulta cette bête au regard incisif. J´avais peur de ce chien, certes imposant. Ma pensée envers celui-ci était, à mes yeux en larmes, justifiée. Ce clebs, qui me fixait en plein milieu de la rue, c´était le nôtre! Je ne rêvais pas! Dans le jardin j´ai constaté, d´une façon inconcevable, quel le lieu où il avait été enterré était creusé! La bête que moi et ma famille avaient dignement enfouie il y a une semaine a été exhumée!
Le chien s´avanca lentement vers moi, les crocs bien apparents, nous étion face à face. Il n´avait plus d´yeux, ses tripes pendaient à son bas ventre. La poche de mon pantalon était boursouflée, ceci à cause d´un objet de défense que j´avais pris par peur de l´inconnu tout à l´heure, après avoir perdu ma femme et mes deux filles. Je le sortis, le braqua sur ce chien, mon chien. Tira. Avais-je visé juste? Apparament non, la bête avançait toujours. Quelle scène cocasse. De mon point de vue, je tremblais tellement que je ne pouvais concevoir une autre vision que celle d´un face à face mortel, avec un chien. Soudain, la chose commença à s´énerver, elle me fonça dessus!
-Merde!
Je tenta de viser malgré ma peur démesurée. Je tirais encore, cette fois-ci j´étais certain d´avoir visé juste! Ce n´est pas possible, immonde! Répugné, je détourna le regard. Je venais d´exploser la tête du chien. Je releva la tête, il avançait toujours, et plus rapidement! Il était à quelques mètres de moi. Il accélèa encore. Il courait!
Je me sauva en courant. Vite, vite! Je pris une petite ruelle, monta sur une grille et resta suspendu en haut de celle-ci.
-Et là, tu fais quoi?
Sa réponse fut immédiate, un grand bond de sa part me fit trébucher de l´autre côté. Il commeça à défoncer le grillage.
-C´est quoi ce clebs?
En effet, il devait avoir une force surhumaine pour arriver à casser une grille si solidement ancrée. Je ferma, ouvra successivement les yeux de peur d´avoir affaire à une hallucination, mais non. Il me fallait trouver une explication plausible! J´étais dans un cul de sac, pas moyen d´aller quelque part! Ah si, franchir à nouveau ce grillage. Je m´éloigna de la grille, en paniquant, en pleurant! Vite, une solution! Puis, d´un air décisif, je tenta la méthode la plus scuicidaire. Pourquoi pas... Je refranchis le grillage, cette fois-ci avec une poubelle d´une taille assez imposante.
Je sautais et écrasais de plein fouet le tas de chair. Je le bloquais à l´aide de la poubelle, prit mon pistolet et me mis à tirer sur la poubelle. Les balles passèrent à travers. Plus de bruit. Je souleva la benne et constata ce qu´il restait de notre animal de compagnie. En plein énervement, je l´écrasa de mes chaussures forcément imposantes. Comme dans du beurre! Je martelais ce tas de chair plusieurs fois, le ridicule ne tue pas mais dans le cas présent je pense en avoir fini.
Oui, je venais de tuer pour la seconde fois ce cher nabot, apprament belle-mère n´a pas dû uliliser sciemment sa R5. A partir de ce moment, ma folie s´aggrava. C´était un mélange des tois verres de rosée de tout à l´heure, cette télévision macabre, la découverte non moins joviale de mon voisin mutilé, et enfin cette scène surréaliste qui venait de m´arriver. Ah, j´avais oublié un détail. Comme dans un mauvais nanar, le retour des sonneries à vocation vivante à la fin d´une action héroÏque de votre serviteur. Hé oui, le cri stident réapparut, toujours ce mélange de ring après une heure de cours et de hurlement rauque. Ca me rappelle le collège tout ça.
Après dix bonnes minutes à contempler les tripes que je venais d´écraser, les hurlements stoppèrent. J´en profitais pour me relever et voir si quelqu´un pouvait m´expliquer ce délire. Je revins sur mes pas et fouilla toutes les maisons voisines. Une, deux, trois, quatre, cinq, six... A part le fait de réapprendre à compter et à m´extasier devant la laideur architecturale des bâtisses, je ne vis personne chez le voisinage. Personne! 28 jours plus tôt, tout prêtait à une jovialité collective, avec la fête du quartier pour tenter d´oublier les actions de fourbes du MIN. Là, le désert, j´étais absolument seul! Mais mon délire intérieur ne me faisait plus paniquer pour un rien, la peur avait disparue. Il faut bien avouer que tout ce qui m´arrive n´est pas grave! Un chien mort-vivant, un cadavre par là et toutes ces broutilles ne me faisaient plus rien, j´étais rôdé. Je devais attendre le lendemain matin pour un réveil en bonne et dûe forme, ras le bol de ces cauchemars sans queue ni tête. Si seulement tout cela était crédible. Que nenni!
Toujours aussi dingue, je titubais entre les maisons de mes chers voisins, et décida de quitter ce Tchernobyl du pauvre. Pour tenter d´atteinde le centre ville, pourquoi pas! Je marcha ainsi dans le no man´s land, car les nautres quartiers étaient tout aussi désert. Il devait bien être quatre heures du matin... Soudain, je stoppais net. Je vis un haut parleur par terre, sur le trottoir à peine rénové. Je le pris, tenta de trouver le bouton " on" entre deux " hips" tant j´étais allumé. Ca y est, je l´avais allumé. Je resta au mileu de la ruelle aux lampadaires même pas allumés. Je tenta un mot.
-Bonjour!
Incroyable, la résonnace était ahurissante. Tellement que mes oreilles sifflaient. Je regarda près de moi, une boîte aux lettre. Je la défonca, tout simplement. Dedans du papier journal. Je le mâcha, en fit deux petites boulettes, les plaça dans les oreilles. A partir de ce moment je n´entendis absolument plus rien! Je revins au milieu de la rue, repris mon haut-parleur et cria.
-Ex... Excusez-moi! Même après avoir rembourré mes oreilles, je m´entendais scander dans cet appareil!
-Je suis seul! Je veux dire... Il y a quelqu´un?
Je stoppa. Attendis quelques secondes. J´entendis un bruit sourd! Incroyable! Dans l´excitation mêlée de panique, je tenta de me déboucher les oreilles.
-Merde! Allez!
Ce que je venais de dire résonna dans le haut parleur, j´étais énervé car je ne parvenais pas à extraire le papier mâché. Et les bruits continuaient, mais ils paraissaient vouloir dire quelque chose!
-Chi... Allez!
Après une bonne minute, encore une fois teintée de ridicule, je parvint à retrouver une audition correcte. Ouf, les bruits continuaient. C´étaient les mêmes que tout à l´heure! Leur clarté était toutefois bien plus appréciable, quoique, et je pus distinguer une phrase sans sens mais complète.
-Ooooo! Des suis fe ces!
-Quoi?
Je repris mon haut parleur et tenta une communication avec cette personne où je ne sais quoi, qui parlait d´une façon incompréhensible. Ce n´était pas une langue étrangère, mais discours était sans doute altéré par la situation de la personne.
-Je ne vous comprends pas!
A ce moment-là, un bruit rauque se fit entendre, le genre de bruitage tenu quand on veut effrayer un marmot. C´était parfaitement inaudible, mais je resta à l´écoute pour tenter de percer ce mystère, parmi tant d´autres.
BRRRRR.
-Génial, je vais devenir sourd!
-BRRRRR! D moi!
-D moi? Aidez-moi?
-IIIIIIIIIIIIIIIIIIII!
-Stop! Arrêtez ça! Vous voulez la perte de mes oreilles?
-IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII!
Enervé, je repris mes boules quies couvertes d´actualités, les plaça au plus creux de mes oreilles, même si cela me faisait légèrement mal.
-Qui êtes-vous?
Tentative vaine de sympathisation, la réponse était un silence absolu. Arrassé par tous ces évènements, je décidais donc de me coucher, pour de bon. J´étais trop loin de ma demeure, je n´avais pas le courage de rebrousser chemin. Et j´étais censé, dans mon acte de folie, aller en centre ville. Je décidais donc d"entrer dans la première maison du coin, voir s´il y a du monde, et pieuter jusqu´à demain, sans doute pour longtemps. DRIIING! Attente. DRIIIING! Attente.
Hop, j´ouvrais la porte, n´ayant pas de réponse des habitants. Bien sûr, la porte n´était pas fermée à clef. Une fois à l´intérieur, j´alluma au plus vite cette sombre demeure. Comme c´est beau! Ce n´est même plus une simple maison, on se croirait dans un manoir! Je n´y avait pas prêté attention de l´extérieur, mais c´était immense : trois étages. Ayant une flemme incommensurable à chercher une chambre, je pris la première porte à droite.
-Génial! Un lit!
Bon, l´odeur de cette chambre n´était pas forcément agréable, j´utilisa mes splendides boules quies pour me les mettre dans le nez. Une couverture fort agréable, ma foi. Dernier regard sur ma montre, cinq heures du matin. Le soleil commençait déjà à percer!
28/06/04 - Le jour le plus long
Fantastique! Ca sentait à plein gaze dans cette pièce! Je venais d´ôter de mes narines les habiles protectrices de mes maux, et j´eus un subit étourdissement, tant l´odeur était nauséabonde. Merde, quelle heure est-il?
-Quoi? 19 heures? J´aurai donc dormi toute la journée?
Derrière les rideaux de la fenêtre, je voyais déjà un soleil orangeâtre se pavanner, comme pour se moquer de moi. Forcément, dormir toute la journée ce n´est pas très sérieux.
-Tu as perdu trop de temps, idiot!
-Quoi? Le soleil me parle maintenant!?
-Idiot!
J´avais beaucoup dormi. Et pourtant, je délirai toujours autant. Vite! Je me releva, énervé d´avoir ainsi gâché ma journée. Je pus, grâce à la lumière, mieux apprécier les environs. Une pièce divinement décorée, cela change des minables habitations de mon quartier! On pouvait apercevoir de magnifiques vases chinois, des bonzaïs, et plein d´autres objets de valeur. Et si toute la maison était ainsi décorée? Cela me paraissait peu probable, malgré tout j´imaginais un couple richissime habitant ici. Voire davantage de monde, une telle bâtisse nécéssite beaucoup d´argent à sa création et à son entretien.
-Et ces rideaux de soie! Wow, ça c´est la classe internationale!
En examinant le reste de la pièce en en reniflant encore davantage l´odeur épouvantable qu´elle pouvait dégager, je me posais quelques questions... Je finis par deviner la source de ce mal, sans doute le placard. Evidemment, cela me rappella les déboires du couple Duval, ce cadavre enfoui chez mon voisin. Alors que toutes les autres habitations étaient vides, étrange... Sans perdre un instant, car j´avais égaré par mégarde ma peur panique, je me leva d´un bond motivé, chevaucha le canapé et ouvri avec entrain ce placard.
-Oh! Pas de cadavre! Par contre, l´odeur provenait bel et bien de cette armoire. Pein de joiles choses à l´intérieur, des broderies faites main, enfin je suppose. Des paquets cadeaux. Des vêtements : robes, pantalons jeans... Je me dit que, quitte à perde du temps ici, autant en profiter. Hop, je pris l´un d´eux, tenta de l´enfiler avant de le rejeter violemment. Mon dieu, ça pue! L´odeur était imprégnée dans tous ces vêtements, c´était une horreur.
Je fouilla le reste, encore plein de paquets cadeaux, apparament vides. Enervé par ces senteurs abominables, je fginit par jeter successivement les étalages de splendides présents.
-Mon anniversaire?
Je fis un bond en arrière, mon coeur battait à cent à l´heure. C´était mon anniversaire aujourd´hui, le 28 juin 2004! Soudain, je devint mélancolique, le jour de mes 33 ans. Ce jour est parfaitement misérable, totalement machiavélique, à mon grand dam.
-Merde, qu´est-ce que je fous dans un manoir parfaitement inconnu. Où est ma femme, où sont mes filles?
Je tomba en larmes, complètement désespéré. Dans ma tête, uniquement des idées noires mêlées à un rire satanique, une impression de moquerie du monde envers moi. Que sont devenus tous les habitants de cette ville? Et tous les trucs complètements surréalistes qui me sont arrivés précédemment, qu´ont-il en commun avec notre monde? Celui où l´on cherche le moindre évènement surnaturel? Ici tout est parfaitement inhumain, complètement stupide!
Quel curieux hasard, ces paquets cadeaux, tout de même. Après les pleurs, la folie, qui ne me quittait pas depuis hier soir. Je me releva, continua ma détérioration de présents.
-A présent, je suis seul responsable de moi-même! Personne pour me soutenir!
Le monde avait stoppé autour de moi, d´un geste machinal je renversait ces cadeaux. L´un d´entre semblait bien plus lourd que les autres! En deux temps quatre mouvements, je le prit, retourna sur le lit, et d´une façon joviale je m´apprêtait à l´ouvrir!
-Bon anniversaire Jean!
Je détacha tout ce qui est fait pour retenir le peu de notre temps destiné à nous rendre encore plus joyeux avant l´ouverture d´un présent. Le carton était la seule limite entre moi et le bonheur de recevoir.
-NON! NON!
28/06/04 - Fruit d´une réalité débordante
Je me remis à pleurer de plus belle, là j´étais en état de parfaite folie. Je pris un vase, puis deux... Je fracassa tout à terre. Je pris mon flingue, le mis sur ma tempe.
-MERDE! POURQUOI? POURQUOI?
-J´étais près à tirer, désormais je n´avais plus rien à perdre. Tout n´était qu´illusion, un bain de folie dans lequel je tentais d´atteindre les rebords. Ne pas me noyer, surtout.
Trop tard.
PAN!
Un moment de lucidité me traversa l´esprit. Et si j´étais victime du syndrôme de Phillis? Celui qui touche n´importe qui, celui qui vous met dans un état second. Seule une utilisation abusive de mon cervelet pouvait y remédier.
-QUOI? C´EST QUOI PHILLIS?
Phillis n.m.
Etat second durant lequel une personne peut percevoir une déformation de la réalité. Cette maladie fatale à certaines personne ne peut être contourné par un moment de lucidité de longue durée.
-MOMENT DE LUCIDITE?
Je venais certainement d´en avoir un, la balle qui était censée me tuer est partie je ne sais où. Mais ça n´avait pas l´air d´être efficace, j´étais toujours face à ça.
-MERDE!
Je vis un trou dans le mur, juste derrière moi. C´était cette balle, cette même balle qui a failli m´amener au même lieu que l´amour.
-JE VEUX MOURIR! TU M´ENTENDS?
Le silence était absolu, je quittais au plus vite cette pièce. Cette demeure. Ce quartier. Direction le centre ville, comme prévu au départ. J´étais complètement malade, je ne saissisait même plus ce que je faisais. Il me semble que je courais vers l´inconnu. En fait, avant d´être dans cet état, je pensais continuellement à aller au plus loin dans cette ville. Dans mon état actuel, je vois ce point comme un nirvana, quelque chose qui soulagera tous mes maux et qui me rendra enfin tout ce que j´ai perdu jusqu´à présent.
-RUN! RUN! RUN!
Et je courus en fredonnant d´une voix dépravée je ne sais quelle misérable refrain. Je vis encore un chien, il faut quand même signaler que c´est le seule présence vivante que j´ai pu apercevoir depuis la précédente bêbête. Mais ma vision était totalement altérée, une sorte de tube dans lequel je tentais d´apercevoir quelque chose sans y parvenir. Mon esprit lui aussi était en vacances, sur une île déserte près de la Martinique. Il devrait logiuquement revenir d´ici peu, Phillis oblige. Mais rien n´est moins sûr, en fait. Ha ha! Le silence était également plus dense, j´étais tout bonnement sourd.
Je me retourna, aperçut une ombre, quelque chose de difforme.
-Sale clebs!
Le chien me suivait depuis tout à l´heure, mais je ne pouvais l´entendre. Régulièrement, je me tapais les paumes de ma main pour tenter de me raisonner. Aucun effet.
-C´est la lutte finale!
Une lutte contre moi-même, mais j´avançais malgré tout vers le centre ville. Hé oui, je ne savais ni ce que je faisais ni où j´allais, mais je progressai, toujours en fredonnant des chansons paillardes, où autres futilités. Je repensa à ma femme.
1 mètre 60, cheveux châtains, yeux bleus. Regard foudroyant. Elle était belle, oui c´est classique de dire cela, seulement là c´était la première chose qui me venait à l´esprit. Veronica, c´était son nom. Belle, sa vocation. Enfin pas seulement, elle entreprenait des recherches scientifiques dans une société parfaitement louche. Elle m´en parlait peu, à tord où à raison?
-A TORD!
Après m´être rappellé de Veronica, je repensa à cette scène. A ma phrase complètement idiote, à ce jolis colis et à ce qu´il contenait.
-Bon anniversaire Jean!
Je détacha tout ce qui est fait pour retenir le peu de notre temps destiné à nous rendre encore plus joyeux avant l´ouverture d´un présent. Le carton était la seule limite entre moi et le bonheur de recevoir.
NON! NON!
Il y avait la tête de ma femme dans ce paquet cadeau.
28/06/04 - Tu dois penser que je suis un rêveur
J´étais effaré par la beauté archtecturale de cette grande surface. Je ne vais pas à l´encontre du fait que ce vulgaire cube, contenant tonne de produits parfaitement utiles(ou pas), est avant tout destiné à faire du bénéfice en offrant de l´indispensable. Mais quand, même, cette disposition des rayons, c´est sacrément bien pensé! Forcément, continuais-je à penser, forcément. Ils on mis des années à peaufiner tout ça, après comment veux-tu que ça soit laid!? Ca, c´est vraiment moi, à m´extasier pour un rien. Bah, aprs tout, la vie est belle! Malgré tout, il faut quand même avouer que toute cette technologie offre le nec plus ultra de l´art contemporain. Ah, il était beau le De Vinci à bourriner sur son petit carré, et vas-y que je te fais une fleur avec trois petits points rouges. Là, c´est beau, c´est bien et surtout parfaitement orchestré! Pas un pet de travers, le monde moderne. Sauf quand tout part en couilles sans prévenir.
Je venais de gaspiller mes dernières balles sur le chien, oui, celui qui me suivait depuis mon atroce délire. Je saurai malgré tout retranscrire l´intensité de la chose, je me souviens parfaitement avoir parlé de... Phillis. Etais-ce une invention? Et un rapport avec ce que puuvait créer ma femme? Merde, rien que d´y repenser me donne la nausée. Sa tête avait été coupée, certes, mais d´une bien laide façon. Sans doute le meurtrier s´y étais pris à la tronconneuse, il à eu du mal à arrondire les angles. Un vrai massacre, ça ne ressemblait plus à rien.
-Bordel! Comment je peux parler ainsi de ma femme! Enfin... Ce qu´il en reste?
J´avais découvert son crâne dans une pièce que j´avais fréquenté par pur hasard, bien sûr, la tête était pile à cet endroi, pardi! Mazette, quelqu´un me suit! C´est ça!
-QUI ETES-VOUS?
Merde! Une réponse!
-QUI ETES-VOUS?
Je parlais à moi-même, trop de résonnance dans cette superettes à bourges. Bon, si je visitais un peu les environs, marre de la puanteur de ce chien, j´ai été obligé de le finir au couteau. Oui, un couteau à 19 dollars, même, trouvé rayon cuisine. Dollars? Ah, bel indice. Faux indice surtout, je suis français môssieur! Et fier de l´être! Vous m´entendez?
-FIER!
Stop. Arrêtons le délire. Bon. Par là.
J´étais mort de faim, j´en profita pour avaler tous les brownies du rayon confiseries, malhereusement pas de micro ondes pour les surgelés. Ma solitue me faisait dire des choses que je ne soupçonnait de moi-même auparavant.
-TA MERE SUCE DES QUEUES EN ENFER! MOUAHAHA!
Bien évidemment, l´écho m´adorait et donnait quelque chose de plus épique à mon esclaffage. Ah, c´est toujours bon la solitude, il est ainsi possible de faire absolument ce que l´on veut. Tiens, le rayon alcoolisé, la fête est plus folle. Une, deux, trois... Non, ce n´est pas le nombre de bouteilles que je pouvais où que j´ai englouties, mais que j´ai, par pur plaisir, renverser.
-HAHA, LE MAL DU SIECLE EST RONGé!
Tout le rayon y passa dans un épouvantable vacarme. Bien sûr, j´exagère en disant cela car j´ai quand même consommé quelques mythiques breuvages. J´étais totalement ivre, et par conséquent totalement heureux. Je me mis à tituber entre les allées, dans ce silence redevenu absolu, pour tenter une nouvelle et sympathique occupation.
BOOM!
Bom. Bom.
Devant mes yeux je vis un rat crevé, et dans une étonnante synchronisation, ce bruit sourd provenant du plafond.
Bom bom BOOM bom.
On aurait dit quelqu´un qui marchait à vive allure, je le sentais tout près de moi.
-Ya quelqu´un?
Bom bom bom!
Aecetera... J´avançais, mais le bruit me suivait! Il ne me lâchait plus! Et si c´était quelqu´un, quelque chose attiré par mon énorme vacarme de tout à l´heure? Pris de panique, je couru tout le long du rayon, à la sortie j´étais devant les caisses. Au-delà, la sortie, et stupeur... Le noir le plus complet, hé oui il était déjà 21 heures... L´immense baie vitrée laissait à peine entrevoir les bâtiments extérieurs, cette ville toujours endormie... Les tapotements avaient disparus. Décidément, beaucoup de tapotements ces temps-ci! Je longea les caisses, et me demanda... Oui, il y a sans doute de l´argent là-dedans! Je pris celle qui me faisait face, tenta de décrypter le mystère de la caisse noire. Clic, clac. Pas d´ouverture. Clac clic. Rien. Pourtant j´avais tout essayé, aucun moyen d´ouvrir ce bazar. Dépité, je décida de sortir. Enfin presque. J´étais devant la vitre, et regarda dehors. La peur du néant revint. Au loin je voyais toutes ces bâtisses. Je me focalisa sur l´une d´entre elle, car quelque chose m´échappait. C´était quoi ça?
Une chose s´agitait sur le perron d´une habitation lointaine. Elle semblait s´orienter vers moi. De loin je ne pouvais l´identifier. Je pris mes précieuses lunettes, il est vrai qu´elles m´ont toujours été d´une grande utilité. Là c´est devenu vital.
-Putain! Je rêve!
On aurait dit ma fille! Elle appellait au secours! MA FILLE! A la fois excité et profondément appeuré, je cherchais la porte de sortie, toujours en fixant du regard ma petite. Je voulais la serrer dans mes bras! Elle n´avait que 16 ans, elle était très attachée à ses parents.
-J´arrive! Criais-je.
Je ne la quittais pas des yeux, j´avais besoin d´elle. Tout de suite. Soudain, derrière elle surgit quelque chose de parfaitement sidérant. Un autre être humain! Mais de quel bord est-il?
-Mon dieu! NOOOOOOOON!
Il prit ma fille en lui étouffant la bouche, la tenait entre ses bras. Elle tenta de se débattre, mais le type devait bien mesurer un bon mètre 80. Mais que lui veut-elle? C´est complètement idiot, comment aurais-je pu être au bon moment pour la voir, là? Non, c´est totalement impensable. Sidéré, je finit par trouver la porte. Je ne quittait pas Jenna des yeux. Le gars la tenait en joue, il me regardait. Très drôle, j´étais dans le noir complet mais il ne me lâchait pas du regard. Puis il s´éloigna pour rentrer dans la bâtisse.
-JENNA! NOOOOON!
Mais que lui voulait-elle? Et mon autre fille, où est-elle? Toujours avec mes question existentielles face à cet amas de choses totalement fantaisistes, je courait le plus vite possible, tentant un nouveau record pour mon moi. Pas possible, j´étais épuisé mais je continuai. Allez! Vite! J´étais presque perdu, il y avait de la dévinnelation dans ce centre-ville, à un point que je ne soupçonnait pas. Vite! En me rapprochant, j´entendis des cris, des cris de douleur.
-NOOOON! Non, vous n´avez pas le droit!
Ca y est, j´y étais presque. Plus je me rapprochais, plus ces cris provenant à coup sûr de ma fille étaient forts. Ca y est.
BLAAAM.
Porte défoncée, habitude certainement. Vite, les escaliers. Des bruits sourds, gémissements étaient là. Ils m´envahissaient littéralement. Je n´en pouvais plus. Non. Vite.
J´étais devant la porte qui menait à tout ce mal, sans doute aurais-je la solution. Oui, elle est derrière cette porte.
VLAN!
-Connard.
Je le prit par les bras, lui défonca le visage à coup de crosse. Le frappa, à grands coups de pied dans le ventre. Je finis par lui exploser la tête grâce à mes chaussures. Vlan! Vlan! Je l´avais complètement mutilé, j´avais beau être moins fort que lui, j´avoue que la haine parvient à régler tous les maux.
Puis je m´approcha de Jenna, la rhabilla.
-Jenna, il faut que...
-Papa!
Elle éclata en sanglots à mes pieds, je m´assit. Pendant un long moment, nous nous consolâmes mutuellement. Nous étions absolument terrorisés de ce qui venait de se passer durant les dernières 24 heures. Du moins moi, mais j´étais certain que Jenna avait enduré des souffrance terribles, mais certainement pas autant que ce qui venait de se produire.
-Ecoute Jenna, saches que ce qui s´est passé restera entre nous, et surtout essaie de ne plus y penser. Tout cela est parfaitement futile, tout ce qui s´est passé dernièrement est un concentré de futilités! Essaie d´oublier!
Je lui répètais toutes ces choses, tenta de la calmer, mais comme peut-elle retrouver une vie normale après ça? La haine remonta en moi, je vis un flingue sur la table basse. Le prit, le pointa sur cette enflure.
-Pauvre con!
PAN!
Bel et bien mort, je revins vers ma fille mais elle resta parfaitement muette.
-Que s´est-il passé dernièrement de ton côté?
Son silence me gênait, elle se remit à pleurer.
-Papa, je... Je ne veux pas en parler.
-D´accord, je pense que l´on a eu assez d´ennuis aujourd´hui. Il est presque minuit et je suis épuisé, dormons ensemble.
29/06/04 - Vers minuit et quelques
J´étais en plein rêve, je me voyais dans un parc, je vis un puits. Dedans du bruit. Je pris peur et partis en courant. Je me réveilla.
- Mais qu´est-ce que c´est que...
-Cen´est pas possible, une incohérence scénaristique là. Je...
Je me rendormis.
Partie 2 - Tu seras une femme, bientôt...
26/06/04 - I´m gonna kill ill
-Pourquoi as-tu fait cela?
-Je ne sais pas, je... Ce n´étais pas moi!
Elle se retourna, n´osant plus m´affronter du regard.
-Ecoute Sandra, si tu continues comme ça, je vais finir par très mal le prendre!
-Qui es-tu pour me dire ça? Tu n´est pas ma mère! Tu n´as que 16 ans! Va-t-en!
Elle tomba en sanglots, ne pouvant plus contenir son émotion. Elle tenta de bredouiller quelque chose de parfaitement incompréhensible.
-Tu n´est qu´une sotte! Tu ne te rends pas compte de ce qui m´arrive! Je vais mourir!
Ma soeur n´allait plus très bien ces derniers temps, et c´était un doux euphémisme. Je ne comprenais pas pourquoi. Ses résultats scolaires étaient pourtant resplendissants jusqu´à présent. Dernièrement, elle avait reçu un excellent bulletin : seconde de la classe! Puis, plus rien. Depuis deux semaines elle avait ramenée plusieurs notes tout bonnement catastrophiques avant de ne plus fréquenter son lieu d´apprentissage. Je n´arrivais pas à décerner ce qui ne tournait pas rond chez, elle j´avais décidé il y a deux jours d´en parler à son petit ami.
Il était tout aussi étonné que moi! Il ne la voyait pratiquement plus, quand il arrivait malgré tout elle restait muette, où l´insultai.
-Elle a voulu me quitter, elle pensait que je la trompais!
Disait-il, d´un air sûr. Je voyais bien que c´était totalement faux, d´ailleurs elle m´a moi aussi accusée de lui avoir dérobée de l´argent, beaucoup d´argent. Elle délirait complètement, comme si elle consommait je ne sait quelle drogue pendant plusieurs journées d´affilée. Sans jamais se calmer. Cette situation ne pouvait plus durer.
Ma mère. Ma mère restait totalement muette à tout cela. Mais pourquoi, il s´agit de sa fille? Que cachait-elle derrière son désespoir quotidien. Elle paraissait lessivée, abassourdie par tout ce qui l´entourait. Elle négligeait totalement mes remarques, celles de papa, et le désespoir de Sandra... Elle était, je pense, débordé par son boulot au sein du groupement scientifique de la ville. Cette même organisation qui avait importé des déchets nucléaires il y a deux ans de cela, manquant de peu une explosion fatale à tout le département. Voire pire, quelque chose qui aurait pu s´apparenter à Tchernobyl. Aujourd´hui, les laboratoires souterrains de Roivas sont totalement sécurisés... . ..Contre l´extérieur. A l´intérieur, il pouvait se passer bien des choses que le gouvernement même ne contrôlait totalement.
-Tu joues trop à Bio hazard! S´exclaffait mon père, pensant que je délirais. Mais qui sait, peut-être avais-je raison... En tout cas, je commençait à faire le rapprochement entre l´état maladif de ma soeur aînée et les préoccupations de ma mère. Peut-être avait-elle ramenée une saloperie? Peut-être que ma soeur avait un besoin urgent de faire un tour chez le médecin! Cette phrase, je la répètais sans cesse à ma mère, cette idiote ignorait tout. Quant à mon père, ah mon père. Comme ma mère, débordé par son boulot, peu satisfait des rapports actuels avec ses filles et sa femme, déprimé par la mort du chien la semaine dernière...
-Papa! Il faut à tout prix emmener Sarah chez le médecin! Elle est malade!
-Jenna, tu sais bien que je ne peux pas en ce moment, mais je te promets que...
-Mais vous avez quoi bon sang, toi et maman? Cela fait deux semaines qu´le soufre et vous ne voulez rien faire?
-Je sais bien ma chérie, mais en ce moment je suis surboké, et puis...
-Oui, je sais, vous êtes en rogne contre le médecin et il faut alle à 40 kilomètres d´ici pour en trouver un autre... Bla bla bla, coin paumé oblige!
-Jenna, je te promets que... Demain! Demain nous irons au village voisin pour voir tout ça!
-Merci papa! Je n´en pouvais plus, elle ne va même plus en cours!
Soudainement je fus rassurée, mon corps tout entier cessa de se figer de stresse, j´étais à nouveau calme. Depuis que ma soeur était dans cet état, je harcelais mes parents de l´aider, sans solution. Mes voisins, personne ne pouvait m´aider. Le petit ami de ma soeur ne pouvait pas l´emmener chez le médecin, le peu d´amis qu´elle avait non plus.
27/06/04 - Je suis au regret de vous annoncer que...
-Votre fille va très mal, mais je ne sais pas pourquoi!
-Mon dieu. Mon père éclata en larmes, me ragarda, puis répondit d´une façon à la fois énervée et moqueuse.
-Vous vous moquez de moi? Vous avez fait quelles genre d´études pour en arriver à cette conclusion? Vous vous moquez de moi?
-Monsieur, j´ai été six années dans cette grande communauté qu´on appelle l´université, six années après l´obtention de mon baccalauréat.
-Connard.
Mon père était à deux doigts de le frapper,je me demande si il l´aurai fait si je ne m´étais pas interposée.
-Papa! Tu es malade!
-Non, c´est elle qui est malade et il faut la soigner! Cria-t-il.
-Bougez-vous le... Hein, et trouvez-nous vite quelque chose! En attendant allez vous faire foutre!
Il la prit par le bras droit, me demanda de le suivre et lui montra un de ses signes favoris à l´aide de sa main gauche.
-Honteux! Quel con celui-là!
Mon père était dans une de ses nombreuses crises de folie, souvent résultats d´une humeur dégradée et d´une occasion propice à irriter. Il claqua la porte de la salle, la porte du couloir, la porte de l´accueil. Nous montâmes au plus vite dans la Peugeot. Démarrage express. Virage savamment négocié. Mais direction inconnue.
-Papa! Tu vas où?
-Je ne veux pas voir laisser crever ma fille!
Pendant ce temps là, Sarah resta muette, assise à côté de moi sur la banquette arrière. Son teint resta toujours plus pâle.
-Sarah, tu vas bien!
-CONNARD!
-Excuse-moi Sarah, répondit papa profondémenté ému. Je ne voulais pas dire ça! Excuse-moi! Il arrêta la voiture net, des klaxons se firent entendre quelques secondes plus tard.
-Sarah, je ne sais pas ce qui se passe avec toi depuis quelque temps, mais... Je soupçonne ta mère.
Sarah commençait à parler normalement.
-Ma tête va exploser! Je ne contrôle plus ce que je fais!
-On va aller voir un médeçin sérieux à Convoirno, le village voisin. J´espère que l´on sera rentrés pour ce soir.
-D´accord papa, dit-elle.
Elle paraissait complètement perdue, somme si elle était forcée de suivre nos faits et gestes depuis tout à l´heure. On va donc à Convoirno, j´espère qu´ils auront ce qu´il faut pour la soigner, je ne supportais plus de la voir comme ça. Le paysage me calma, de splendides peupliers tout le long de la route. Un champ de je ne sais quelle culture, un paysant semblant tourmenté. Il restait fixement à nous regarder, comme si nous n´étions pas du même monde. Des tournesols, c´était ça le nom des plantes. Très joils ma foi. Et très grands, incroyable à quel point ça peut monter haut, sans doute pour atteindre le soleil.
Je repensais à mes amis de classe pour me rassurer, à Cathy ma meilleure amie. Elle était comme moi, perdue dans un monde d´adultes emplis de ersponsabilités. Nous ne voulions pas grandir, passer à une étape supérieure. Nous sommes encore jeunes et voulons en profiter! C´est quoi tous ces vieux qui ne pensent qu´au boulot, négligeant totalement leur vie sociale? J´avais presque pitié pour eux et leur regard empli de cernes, de la fatigue jusqu´au menton. Ils se lamentaient, forcément, comment vivre heureux de dur labeur au quotidien? Moi-même, avec mes maigres heures de travail au lycée je me fatiguais, mais qu´est-ce quils doivent endurer? Un peu, beaucoup de souffrance. Peu de passions et de goûts pour la folie. Pas du tout de loisirs avant la fin de la semaine. Je ne voulais pas être comme eux, mais étais-je une flemmarde? Quelqu´un qui n´aime pas le travail et qui sera au chômage dans quelques années, aidée par la pension de mes parents retraités? Mon dieu, quelle vision horrifique...
-Nous sommes presque arrivés, dit mon père. Courage Sarah!
Il lui en faudra certainement beaucoup pour affronter ce qui lui arrive. Aujourd´hui, je plaignais tout le monde, enfermée dans une sorte de mélancolie intérieure. Ma tête était totalement enfouie sous les reproches contre moi-même, ma mère. Et les plaintes contre ma soeur, mon père. Aidez-moi! Encore un égoïsme certain de ma part, je ne pensais qu´à moi alors que ma soeur avait de sérieux ennuis. Aidez-nous!
27/06/04 - Miracle!
-Voilà! Avec ceci votre fille devrait mieux se sentir monsieur! Mais je me demande toujours ce qui vous posse à éviter à tout prix votre médecin habituel...
-Merci! Je crois qu´avec tout l´or du monde je ne vous devrait jamais assez!
-Bien, commencez par me donner 52 euros!
Je ne sais pas comment mon père a pris cette blague douteuse du médecin, mais il sortit aussitôt de sa poche boursouflée son plus cher bien. Il en tira quelque chose ressemblant vaguement à... Un billet complètement écrasé par le poids des pièces, tant il était amoché.
-Bien! Merci monsieur!
Nous repartâmes avec la joie de vivre si caractéristique d´un bien nécéssaire à la bonne conduite de notre vie au quotidien. Un papier censé tout arranger, ma soeur s´empressa aussitôt de fouiller dans le sac de mon père une fois sorti de la pièce.
-Oh, du calme Sarah!
-Il n´y a rien, cria-t-elle.
-Attends un peu qu´on aille monter cette ordonnace chez la pharmacie la plus proche, répondit mon père en rigolant. Cela faisait longtemps qu´il n´avait pas rit, mais celui-là paraissait nerveux, forcé.
-Le médecin nous a donc dit d´aller dans cette voie, bien, prenons la voiture continua mon père.
Nous fonçâmes donc " rue du Calbour", et...
-MERDE!
Il était 19 heures, la phramacie avait fermée. Plus qu´à attendre demain.
-Sarah, écoute...
Sarah criait, en plein milieu de la rue, interpellant passants et habitants.
-SARAH! Ecoute...
Elle ne voulait rien comprendre, gagnée à nouveau par la folie.
-CREVE EN ENFER!
-Sarah, tais-toi, criais-je! Tu veux que tout le monde nous remarque?
C´était déjà fait, une bonne dizaine de personnes ne nous lâchait pas du regard. Gron plan sur Sarah, caméra tournant autour d´elle, thème de Requiem for a dream. Le script était bien mené, on était dans les temps. Cela me faisait peur tant de haine dans son regard. M´en voulait-elle personnellement? Son tein était limpide, même dans l´obscurité je parvenais à parfaitement la voir, blanche. Elle n´était même pas coiffée, ses fringues délavées. Elle a dû perdre ses chaussures en route, sa tête je ne sais où.
-Sarah! On rentre! Mon père criait pour tenter de la calmer mais elle repartait de plus belle. Elle vit un passant, voulu le frapper.
-Putain! Sarah, calme-toi!
-Je veux mes médicaments! dit-elle.
-TU M´ENTENDS CONNARD? Elle frappa le passant qui ne tarda pas à répliquer en lui filant un coup de poing en pleine figure. Elle s´écroula par terre.
-Aide-moi à la porter, on rentre.
Je suivis mon père, nous emmenâmes Sarah dans la banquette arrière, je me mis à l´avant avec mon père. Il faisait nuit.
27/06/2004 - About a girl
Elle avala une, deux, trois pilules.
-OH! Cria mon père. Ca va pas! Les instructions du docteur nous conseillaient deux pilules!
-Va te faire! Cria-t-elle.
-Ce n´est même plus la peine de répondre papa, je crois qu´elle ne sait plus ce qu´elle dit.
Srarah resta toute la journée au lit, je n´espèrais qu´une chose : qu´elle guérisse au plus vite. Sa fièvre montait à 42! Les médicaments n´avaient pas l´air de faire de l´effet, du moins dans l´immédiat. Je retais souvent auprès d´elle, pour la rassurer. Tenter de lui faire comprendre que son ami est fidèle, que ses copains et copines de classes se demandaient ce qu´elle faisait.
-Emilie me demande régulièrement de tes nouvelles, tu sais, elle s´inquiète!
-Je m´en fous, acquiesca t-elle, avant de se retourner. J´étais face à son dos, et me rendis compte qu´elle tremblait! Mais d´une façon anormale, exagérée.
-Sarah! Tu as froid
-Non! répondit-elle. J´ai peur!
-De quoi?
-Du mort.
-Pardon?
-Le cadavre près de toi.
Je compris qu´elle avait des hallucinations maintenant. Elle accumulait les ennuis.
-Ecoute, je...
-Pas la peine de m´aider, il partira pas...
-Tu veux changer de pièce?
-Je veux aller avec vous.
-Très bien, lui dit-elle, tu vas aller dans le salon avec nous. Ferme les yeux si tu ne veux pas voir cette chose.
Il était 19 heures, une journée après la visite du médecin et huit heures après la prise du médicament rien ne s´était arrangé. j´emmena Sarah dans le salon, mes deux parents étaient assis dans la cuisine, je pouvais les apercevoir.
-Papa! Maman! Sarah a besoin de vous!
Ils se levèrent communément, vinrent vers nous.
-Sarah, je suis désolée de n´avoir pu te soutenir dernièrement, dit ma mère. Nous resterons ensemble ce soir.
-Je ne veux plus être seule, dit Sarah, soutenez-moi!
-D´accord, dit papa, on va manger ensemble puis on fera quelques jeux de société.
Le repas téait très bon, une succulente entrée composée de salade garnie de pommes de terres. Le plat de résistance était très appréciable pour Sarah, elle dévora toute son assiette de porc d´une traite. Mes parents restaient muets, comme pour vouloir lancer un sujet de conversation.
-Vous voulez jouer à quoi les filles? lança mon père. Tarot, jeu de dames, fléchettes?
-Pas les flèchettes, répondis-je, je n´aime pas trop ça et ça pourrait être dangereux pour Sarah. Pourquoi pas un tarot?
-C´est d´accord, dit ma mère, qui n´avait jamais été présente depuis fort longtemps.
Le fromage était varié, tellement rare, je pense que mes parents avaient préparés ce repas depuis longtemps.
-Maman, c´est toi qui a fait les courses, dis-je?
-Oui ma puce, j´avais envie de casser un peu la monotomie.
-A quelle occasion, répondais-je?
-C´est l´anniversaire de ton père demain.
J´avais complètement oubliée, mais comment puis-je être aussi bête. Bien évidemment je n´avais rien préparée.
-Mais pourquoi ne le fête-t-on pas demain, dit mon père?
Sa réaction m´étonna.
-Parce que, je... Je ne serai pas là demain. Ma mère paraissait embarassée, mais que cachait-elle depuis que ma soeur était malade?
-Bien, dit mon père, apportons le gâteau.
Personne ne mit vraiment d´entrain à chanter l´habituelle conmptine pour attardés, je veux dire ce refrain que tout le monde fredonne depuis je ne sais quand. Il faudrait peut-être songer à faire plus original. Ma soeur, pourtant très fatiguée, se mit à chanter, du moins essayer, une curieuse complainte.
I´m standing in your line
I doo... hope you have the time!
I... pick a number too
I do... keep a date with you...
Pendant ce temps-là, mes parents faisaient mine de s´y intéresser en applaudissant. L´ambiance était noire de mon point de vue. Après coup, nous mangeâmes ce succulent gâteau au chocolat et nous nous lavèrent les mains. Pendant que ma mère tentait de réparer le téléviseur, mon père fit la vaisselle. Scène inversée, gros plan sur nous. A dessiner je ne sais quoi sur la table basse du salon, pour rompre l´ennui. Pour attendre l´heure de se coucher, nos parents qui vont bientôt nous rejoindre. Ma soeur s´allongea subitement.
-J´ai l´impression que ça va mieux, dit-elle.
-Génial! Le médicament a dû faire son effet.
-Oui, mais je vois toujours un cadavre, près de maman.
-Oh, tu sais, l´effet va s´estomper, essaie de ne plus y penser.
-J´ai un rat crevé à mes pieds.
Je regardait autour d´elle, pour faire semblant de la comprendre et de vérifier si effectivement il y a des cadavres dans cette maison. Mais non. Elle s´était calmé sur certains points mais pas sur celui-là.
-J´arrive, cria mon père.
-J´ai bientôt finie, cria ma mère.
-Super, dis-je d´une façon ironique.
Super(d´une façon ironique).