Y'a des films qui déroutent, comme celui-là. Je ne m'attendais à rien, et j'ai bien fait, car de toutes façons j'avais jamais rien vu de tel.
C'est un documentaire, mais pas un classique. Le personnage qui filme est imaginaire, ça raconte des trucs mais on ne sait pas vraiment si c'est vrai. Seule une voix off détachée parle, nous rappelant régulièrement qu'elle ne fait que transmettre avec le répétitif "il m'écrivait". Ca donne pas envie ? Et pourtant !
C'est vraiment génial. Déjà parce que ça ne ressemble à rien de déjà fait comme je l'ai dit. Ceci dit, l'originalité n'est pas forcément synonyme de bonne chose, ça ne suffit pas.
Mais là c'est juste beau, on a envie d'y croire, on s'en fiche qu'elle raconte des bêtises ou non. En quelques images on est dedans, ça filme des choses toujours intéressantes. Des choses peut-être banales (et c'est dit vers le début, (pour paraphraser), qu'après de nombreux voyages, seule la banalité l'intéresse encore, c'est pas bien trouvé ça ?), mais justes. J'ai adoré par exemple le long moment du train, ou il filme des gens qui dorment sans autres bruits que celui des roues sur les railles, le tout parsemé d'image de rêves. J'y étais quoi ! Et pourtant j'aime pas le train, mais là j'étais bien, j'y croyais, l'ambiance était là, et pourtant c'est pas compliqué ce qu'il montrait, mais ça suffit.
Puis ce texte quoi ! Au début je me disais que je voulais retenir quelques idées dîtes par la voix off, mais en fait c'est le texte entier qu'il aurait fallu que je relève.
De nombreux thèmes sont exposés, ça parle de mémoire, de voyage, de temps qui passe. La Jetée parlait déjà de ces thèmes, j'image qu'ils sont chers à Marker. Des choses un peu métaphysique comme ça.
Puis le moment où elle parle du regard d'une femme, de la parade amoureuse par le regard sur le port de Guinée-Bissau (si j'ai bon souvenir). Mais c'est tellement génial, tellement vrai.
Bref, vraiment un film à voir.