Le 07 mars 2024 à 13:24:01 RamiValak a écrit :
Esthétiquement ça n'a rien à voir, et Uncut Gems on a un anti-héros auquel on s'identifie et s'attache car humain malgré son égoïsme et sa vanité, Bad Lieutenant c'est un héroïnomane dégueulasse qui récolte ce qu'il a semé.
Oui je suis d'accord esthétiquement ça n'a rien à voir et les Safdie n'ont pas du tout la même manière de filmer qu'Abel Ferrara.
Et je suis d'accord les deux personnages ne sont pas traités de la même manière.
Mais il reste que les deux films ont beaucoup de similitudes. J'ai trouvé sur internet pas mal d'articles anglais comparant les deux films : https://movieweb.com/uncut-gems-and-bad-lieutenant-have-the-exact-same-plot-netflix/
+ Thomas Grignon de chez Critikat qui en parle mieux que moi :
"Par ailleurs, je trouve intéressant que Victor ait mentionné Ferrara tout à l’heure, car Uncut Gems me semble être le film des Safdie qui épouse le plus une structure « ferrarienne », construite selon une logique d’anamorphoses (pour reprendre un terme de Nicole Brenez). La première scène du film, très longue, ce ballet de plus de vingt minutes où Howard ne cesse d’aller et venir, d’échanger de l’argent et des bijoux et de hurler au téléphone, se rejoue à la toute fin avec le match de basket et le montage parallèle entre Howard, Julia puis Demany. Un motif y est clairement répété : un personnage casse la vitre des présentoirs de la boutique de Howard (d’abord Kevin Garnett, puis les hommes de main d’Arno). Prendre un détail et le rejouer sous une forme tragique ou catastrophique à la fin du film, c’est quelque chose de systématique chez Ferrara (cf. Ms. 45 ou Bad Lieutenant). Uncut Gems tire en partie sa cohérence de là : beaucoup de scènes contiennent des éléments qui seront repris d’une manière ou d’une autre dans la suite du film. Lorsque nous avons préparé cette discussion, Josué avait par exemple noté que le rouge du smoothie que Howard jette sur Julia prolonge le rouge de la boisson énergisante que Demany verse dans l’aquarium, etc."