le titre ne paye pas de mine, mais bon...
Ce film, il est impossible de le comprendre, c´est à dire de l´appréhender par la raison. Ou alors, celui qui le fait n´en a pas perçu toute la généreuse émotion. Il dégage de ce film une atmosphère de rêve et de son, de musique et de voyage. Huis clos en deux espaces, on est pourtant transporté sur une mer d´émotion allant de la joie la plus " pure" à la tristesse la plus ineffable.
Vous aimerez ce film ou alors, vous y resterez indifférent, mais je ne crois pas qu´on puisse l´exécrer.
Une corde de piano tendue de plus en plus, à l´extrême, jusqu´à la cassure, qui ne peut pas ne pas être, jusqu´à l´inéluctable fin dont le début est déjà porteur ; " si l´on regardait dans ses yeux, on l´y verrait déjà" voilà ce qui est dit de l´Amérique et des yeux d´un immigrant, voilà ce que l´on peut dire de la fin, que l´on voit déjà gravée dans les yeux du début.
Je ne vais pas vous cataloguer les émotions contenues dans ce film, je ne vais pas vous conter l´histoire, même si " rien n´est vraiment perdu tant qu´il reste une bonne histoire et quelqu´un pour l´écouter".
Voyez ce film, lisez le livre, faites vous plaisir.
Une petite mise en garde quand même : mettez votre fierté de côté parce qu´il est très facile de se surprendre à pleurer !
Tant pis, je ne résiste pas à la tentation de vous donner ce qui à mon sens, est peut être la seule chose qui manque au film par rapport au livre. Pour ceux qui verront le film ou qui l´ont déjà vu, sans vous en dire beaucoup, je vous dirai simplement de replacer cette phrase pendant la dernière scène dans le bateau :
Citation :
" J´ai dit adieu à la musique, à ma musique, le jour où je suis arrivé à la jouer tout entière dans une seule note d´un seul instant, et j´ai dit adieu à la joie, en l´ensorcelant elle aussi, quand je t´ai vu entrer ici. Ce n´est pas de la folie, mon frère. C´est de la géométrie. C´est un travail d´orfèvre. J´ai désarmé le malheur. J´ai désenflé ma vie de mes désirs. "
Surtout, si vous en avez l´occasion, ne manquez pas de voir ce livre ( sans mentir, c´est un de mes plus jolis lapsus, et c´est un véritable lapsus " écrit", sans que j´y aie réfléchi) :
La légende de pianiste sur l´océan
Novecento : le pianiste
Je vais arrêter là mon monologue, mon panégyrique de ce film car je pourrais continuer à vous parler encore bien longtemps de l´effet produit sur le spectateur, du style littéraire de Baricco