Revu hier soir en le montrant à mes parents
A l'âge de treize ans, une future sorcière doit partir faire son apprentissage dans une ville inconnue durant un an. Une expérience que va vivre la jeune et espiègle Kiki aux côtés de son chat Jiji et de Osono, une gentille boulangère qui lui propose un emploi de livreuse.
Force est de constater que le génie de Miyazaki tend paradoxalement à nous étonner de moins en moins, tant il parvient à se surpasser à chaque nouveau film, nous offrant un voyage bien loin des productions Disney en grande majorité de plus en plus commerciales. Pourtant, nous n'avons de cesse de nous émerveiller devant les nombreuses fables contées par le Studio Ghibli. Disons-le tout de suite, Kiki la petite sorcière n'échappe pas à la règle.
Sous le déguisement bien mal réussi d'un dessin animé pour enfants, Hayao Miyazaki nous fait cadeau de la réalisation d'un vœu cher à tout un chacun. Car, après la vision de cette œuvre enchanteresse, le spectateur ne peut avoir qu'un seul désir en tête. Celui d'être Kiki, l'une des héroïnes les plus attachantes du maître japonais ; celui, également, de pouvoir voler telle la petite sorcière durant les nombreuses scènes aériennes incroyablement bien réalisées ; celui, enfin, d'habiter dans cette ville au bord de la mer, inspirée des plus belles architectures européennes et respirant la joie de vivre et le bonheur. Bref, celui de retomber en enfance.
En effet, et cela ne surprend guère, le réalisateur signe encore une fois un film intemporel, qui n'a pas pris une ride, et qui n'en aura sûrement jamais. Les visages expressifs, les couleurs chaudes, les paysages variés, pas de doute nous sommes bien en présence de l'habituel hymne à la nature du studio. A cela vient bien sûr s'ajouter la sublime musique de Joe Hisaishi, dont on se demande s'il pourra un jour composer une mauvaise bande originale, même en se forçant.
Tandis que Kiki poursuit son apprentissage, qui n'est autre que la fin de l'enfance comme semble l'indiquer le mutisme de son chat noir durant la dernière partie, elle nous présente à travers des dessins particulièrement soignés une galerie de personnages uniques, de son ami passionné d'aviation à la vieille dame qui se prend d'affection pour la sorcière, en passant par une jeune artiste peintre vivant seule dans la forêt, et qui sera d'ailleurs à l'origine d'une des plus belles séquences du film quand Kiki viendra passer une journée avec elle. Mais nous n'en dirons pas plus, car ce dessin animé ne se raconte pas : il se savoure.
Hayao Miyazaki a su comme toujours nous faire oublier notre vie grisâtre que nous ne retrouverons le sourire aux lèvres qu'après le magnifique générique de fin, qui vous donnera à coup sûr envie de remettre le compteur à zéro et de repartir pour de nouvelles aventures avec la jeune sorcière. Mais d'ailleurs, le titre du thème principal du film, « Enveloppée de tendresse », concerne-t-il Kiki, ou le spectateur ?
Une bouffée d'air frais.
Un régal.
Une petite merveille.
5/5