1930 en Afrique du Sud. Né anglais, orphelin de père, le jeune Peter ( surnommé ironiquement P.K.) commence très tôt à subir la haine que se vouent les Afrikaners ( Européens venus coloniser le pays jadis) et les sujets de Sa Gracieuse Majesté. Il se retrouve en pension, plus ou moins martyrisé par l´odieux Jaapie Botha ( Robbie Bulloch). A la mort de sa mère il est confié à son grand-père puis à Doc ( Armin Mueller Stahl), un pianiste allemand intelligent et cultivé. La guerre survient et Doc est incarcéré avec de nombreux Noirs dans un camp anglais. P.K. y apprend la boxe grâce à Geel Piet ( Morgan Freeman) et devient un lien presque magique entre les tribus qui s´entredéchiraient.
Oeuvre puissante à la tension émotionnelle constante, ce film est tout à la fois un hymne au courage, au dépassement de soi, à la fraternité humaine en même temps qu´un constat simplement édifiant de la haine stupide qui peut germer dans le coeur de l´homme et le ravaler au bien en-dessous de l´animal le plus cruel qui soit. Il est également l´initiation d´un enfant dont le parcours de vie est constellé de drames, de morts, et qui découvre, à travers les souffrances, l´injustice, le véritable sens de sa vie. Illuminée de moments magnifiques, tels le match de boxe contre Gideon Duma ( Alois Moyo) et surtout le concert de la prison qui voit toutes les tribus ennemies héréditaires s´unir dans l´envoûtement d´un chant magique, cette fresque est, malgré l´horreur qui la traverse, un appel à l´amour universel et à l´harmonie qui peut germer au milieu des épreuves les plus dures.
Pas de grands discours, pas d´images grandiloquentes, la vérité brute et sombre, l´émotion à fleur de peau, la beauté simple d´un pays magnifique déchiré par la furie de la peur et l´égoïsme de l´inconscience. Des personnages humbles ( Gideon ; Doc ; Geel Piet ; Gruenewald ( Ian Roberts), le directeur de la salle de boxe ; dont l´humanité transcende la misère et qui développent, par la poussée des événements, le héros qui sommeille au plus profond d´eux. Sans oublier la frêle Maria ( Fay Masterson) qui découvre l´amour en même temps que la réalité sauvage d´un pays qu´elle ne connaissait qu´à travers les yeux de son père, fervent partisan de l´Apartheid. Et puis ce P.K., que l´on retrouve à différents âges, commentant son parcours en voix off, rassembleur, bien malgré lui, de ces tribus ennemies héréditaires, grâce à la légende du " faiseur de pluie" dont il est, pour les Noirs, l´incarnation exemplaire.
S´il est un film qui pourrait utilement être passé dans les écoles, c´est bien celui-ci, oeuvre magnifique sublimée par les lyrics de Johnny Clegg.