Le mot chef d'oeuvre est beaucoup trop utilisé de nos jours...tellement qu'il en devient galvaudé, et sa signification en devient dévalorisée. Un film comme Le Parrain(le premier, pour l'instant)nous rappelle à quel point nous devons choisir nos mots pour parler de tel ou tel film. Je vais pas faire une critique, je saurais pas quoi dire de ce bijou du septième art.
(Attention,
)Disons que j'ai eu très peur avec les 25 premières minutes(jusqu'à la fin du mariage quoi), me demandant si j'allais endurer 9 heures de "ça"alors que je souffrais quelque peu au bout de si peu de temps. Et puis le film démarre véritablement...et là quel bonheur...2H45 où l'on a l'impression d'être hors du temps et de l'espace, comme si notre propre vie s'effaçait devant cette saga tragique d'une puissance rare. 2H45(enfin 2H20) d'une maîtrise scénaristique et cinématographique totale. L'histoire est fabuleuse, et la mise en scène coppolienne crée suffisamment de scènes anthologiques pour bouleverser le spectateur à jamais. Je pense notamment à la scène qui suit l'achat d'oranges par Brando, le double homicide de Pacino, la séquence du péage, la tête de cheval. La plupart d'entre elles sont cultes, connues même par ceux qui n'auraient pas vu le film(je pense à de multiples références faites par les Simpson par exemple!)mais elles ne perdent presque pas de leur intensité. Mais le plus remarquable de la part de Francis Ford Coppola, c'est comment il met en place un rythme d'une lenteur proprement hypnotique, qui nous happe pour ne plus nous lâcher. Bon je vais pas en dire plus sur ce film, à part que Brando et Pacino y sont énormes, tout simplement énormes, que la musique suit et que tout le monde a fait un travail fabuleux.
Chef d'oeuvre donc.