Le problème chez Danny Boyle, c'est que ces films partent toujours sur des sujets intéressants, mais finissent trop souvent comme des coquilles vides. Ca donne l'impression de dire beaucoup de chose, mais ce n'est qu'un leur bien destiné à piéger un maximum de spectateurs vite impressionnables. Parce qu'entre la pseudo-philosophie baba-cool de The Beach et une réflexion naïve sur le destin dans Slumdog Millionaire, Boyle ne nous donne pas grand chose à nous mettre sous la dent, et ne paie pas les pots cassés avec Sunshine, film dont la dimension meta-physique s'efface vite sous les coups de gomme d'un impératif commercial consistant à finir cela en bon vieux slasher violent afin de ne pas larguer son public.
Trainspotting n'échappe pas à la règle... On parle de drogue tout en contournant le sujet...Ce qui se présentait sous la forme d'un portrait de toxicomane, arrive à terme sous forme de film pots-pourris parlant de trafique de stupéfiants, de trahisons, de cambriolages et d'amitié. Pourquoi? parce qu'à partir d'une heure de film, Boyle a fait le tour du sujet, parce qu'à partir de ce moment là, il n'a plus rien à dire et met fin à son discours; discours qui jusqu'ici n'était composé que d'illustrations de trip psychédélique, de crise de manque ou encore de gags bien débiles et régressifs, mais foutrement rigolos.
Ainsi, le seul propos digne d'intérêt qu'il pouvait tenir se trouve réduit à une espèce de récital tragi-comique dont les effets purement amusant sont très réussis, mais qui saborde complétement le noyau dialectique du film.
Toutefois, en s'accrochant fermement à son idée d'offrir un film drôle et léger, Boyle parvient à séduire. Sa façon de traité la pellicule à l'aide de plans originaux, d'effets surréalistes et d'une narration à 100 km/h, donne un ton très personnel au film tout en lui accordant ce zeste de fantaisie qui parvient à créer cet univers concret et déjanté. Certaines situations sont hilarantes et les personnages, bien que manquant cruellement de profondeur, restent des modèles de personnages comiques (je pense notamment à Spud ou Begbie). Alors si le film manque de profondeur, il reste une comédie efficace.
Voilà pourquoi ce Trainspotting rejoint 28 jours plus tard dans le registre des seuls vraies réussites de Danny Boyle.
8/10