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de Marie-Noëlle Tranchant
[12 août 2003]
Merveilleux danseur de claquettes, chorégraphe, acteur, présentateur de télévision, Gregory Hines est mort samedi à Los Angeles des suites d´un cancer. Fils d´une danseuse du célèbre Cotton Club, né à New York en 1946, il pratiquait déjà la tap dance à l´âge de 3 ans, et fit ses débuts professionnels à 5 ans avec son frère aîné, dans un numéro baptisé «les Enfants Hines». Il le transformera plus tard en «Hines tout seul».
Dilettante dans la vie mais parfait professionnel sur scène ( il a reçu l´éducation raffinée de Henry Le Tang), il devient célèbre à Broadway dans diverses revues, notamment Eubie ( hommage au pianiste Eubie Blake), Sophisticated Ladies ( hommage à Duke Ellington), Cotton Club, qui lui vaudront quelques Tony Award. Il se produit aussi à plusieurs reprises à Paris, en 1957, avec un spectacle de Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, en 1967 avec Aznavour, en 1972 avec Polnareff.
Dans les années 80, on le retrouve au cinéma, d´abord dans La Folle Histoire du monde de Mel Brooks ( 1981) puis, surtout, dans Cotton Club de Coppola ( 1984), où il exécute un époustouflant solo, et dans Soleil de nuit de Taylor Hackford ( 1985), face à l´ex-étoile du Kirov, Mikhail Baryshnikov.
Curieusement, ce n´est pas parce qu´il est un des plus prestigieux et des plus bril lants artistes des claquettes que Gregory Hines décroche un rôle dans Cotton Club, mais un peu par hasard, en remplacement de Richard Pryor. Et il se révèle aussi bon comédien que danseur.
A la télévision, il avait sa propre série, The Gregory Hines Show, sur CBS. Musicien, aussi, il avait un instant délaissé la danse pour créer un groupe rock.
Mais sa prédilection allait au jazz des années 20 et 30, dont il aimait «la pureté et l´intensité émotionnelle». Une expression qui vaut aussi pour son art. Il a su moderniser la tradition des claquettes, avec sa grâce nerveuse et fulgurante.