Salut. 
Après mon revisionnage de l'original, j'avais fougueusement envie de me replonger dans cette relecture qui m'avait laissé de bons souvenirs. Ma mémoire ne m'ayant pas fait défaut, mon appréciation est restée sensiblement identique.
De prime abord, si l'introduction donne immédiatement le ton, je dois concéder préférer celle de son grand frère, l'écriture n'aidant pas particulièrement à rendre ses protagonistes attachants. Car oui, deux amoureux parlant de leur situation amoureuse alors qu'il y a une fille qui vient de se suicider dans le van, ce n'est pas forcément cohérent. Heureusement, de par ses choix scénaristiques, le film s'améliore au fil des minutes. Par ailleurs, avec cette volonté de se moderniser, les années 70 ne sont que très peu palpables, ce dernier donnant plutôt l'impression de se dérouler lors de sa véritable sortie, à savoir début 2000. 
À l'origine, une ouverture et fermeture alternatives étaient prévues, celles-ci présentant Erin plus âgée parlant de son histoire à un policier dans un hôpital psychiatrique. Les scènes coupées, qui changeaient légèrement la tonalité de l'œuvre, sont disponibles dans les bonus.
Le casting, élément chancelant de l'opus initial, s'en sort globalement mieux pour les rôles importants. Par conséquent, hormis l'héroïne principale et le chérif interprété par R.Lee Ermey - qui se lâche totalement - le reste est toujours assez lambda. Ceci dit, on sait qu'ils sont là dans l'unique but de se faire étriper à la chaîne pour notre plus grand plaisir. Une chose est néanmoins sûre ; Jessica Biel/Erin est bien plus intéressante et meilleure actrice que Marilyn Burns, sans même parler de son physique se rapprochant dangereusement de celui d'une déesse à cette période.
C'était un phénomène, elle n'était pas humaine, une beauté sans pareille, le genre de femme qui change le plus grand délinquant en gentleman...
: Qu'est-ce que tu me chantes là ?
Oups ! Quoi qu'il en soit, ce n'est pas la première fois que je trouve bonne cette actrice, déjà dans The Secret sa prestation m'avait plu. Au-delà de ça, il y a un léger problème sur le traitement de son personnage, cette dernière étant trop parfaite et se sortant facilement de toutes les situations sans la moindre égratignure. En outre, j'ai davantage l'impression de voir Lara Croft qu'autre chose ! J'aurais aimé qu'elle finisse au moins avec une cicatrice ou un membre arraché.
La réalisation, sans être aussi classieuse que par le passé, parvient à être efficace et maintenir correctement la tension. Daniel Pearl - qui avait déjà opéré sur celui de 74 - se charge de la photographie avec un vrai savoir-faire. On sent une volonté de désaturer l'image pour se distinguer et rendre l'ensemble plus sombre, en atteste le sang qui apparaît noir plutôt que rougeâtre. À noter le côté sépia qui se dégage des plans en pleine journée ayant pour but de renforcer l'aspect étouffant, tandis que les teintes utilisées de nuit servent à faire ressortir les différentes textures macabres.
Si le mixage sonnore est convaincant, la musicalité ne parvient quant à elle pas à tirer son épingle du jeu. En l'occurrence, et à l'exception d'un thème sympathique, les autres sont totalement oubliables. 
Globalement, cette relecture est intéressante car elle n'est pas identique à l'œuvre fondatrice, elle prend des libertés tout en faisant des clins d'œil appuyés au bébé de Tobe Hooper. Exemple tout bête ; l'un se passe de jour et l'autre de nuit. Ça peut paraître facile, mais c'est déjà une nuance qui change la donne. Il y a cet même état de fait sur les destinées des personnages, elles sont différentes pour surprendre les spectateurs qui s'attendaient à revoir la même tambouille.
Leatherface est dépeint différemment dans cette nouvelle version, et même si sa famille est toujours aussi dérangée, il passe moins pour une victime mais plus pour un tueur sanguinaire. D'ailleurs, lors d'une scène où il retire son masque, on peut apercevoir qu'il se rapproche dorénavant d'un "monstre".
: Il a un problème de peau qu'on a dit !
Il faut admettre que ce remake de Massacre à la tronçonneuse possède divers moments de grâce ; en témoigne, l'apparition particulièrement intense de Leatherface face aux deux jeunes gens après que le vieux l'ait appelé en tapant sur le plancher. Malgré tout, le passage que je trouve fichtrement réussi étant celui qui voit le "bûcheron fou" regarder Erin en portant le masque de son petit ami tantôt décédé. Il y a une poésie morbide dans cette scène qui marche du tonnerre. Je pourrais également parler de la poursuite finale dans l'abattoir réellement maitrisée, ou certains plans de la maison très photogéniques, antre qui se voit attribuer une architecture appréciable et ô combien inquiétante.
Les 30 dernières minutes sont vraiment jouissives, le rythme va crescendo et les péripéties s'enchaînent à la pelle. Malheureusement, des jump scares ont fait leur apparition dans ce volet. C'est regrettable, surtout que le film est pourvu d'une ambiance qui se suffit à elle-même... 
Même si cette réédition de 2003 est plus classique que la proposition d'Hooper, il y a une envie concrète de respecter le produit jadis consommé tout en s'affranchissant de ses propres doctrines. À dire vrai, on remarque que les codes ont changé pendant les 30 années qui séparent ces deux œuvres. Finalement, elles se complètent habilement, l'une étant plus contemplative alors que l'autre bénéficie d'un tempo intensif. Dès lors, je trouve la première partie de l'opus antérieur davantage réussie, tandis que celui de 2003 jouit à mon sens d'un deuxième acte plus viscéral ayant mieux fonctionné sur ma personne.
Je valide !
Note : 🌕🌕🌕🌕🌕🌕🌕🌘🌑🌑