Dans un film, il y a toujours deux parties bien distinctes : La forme et le fond. Le premier point concerne la totalité de l'aspect visuel, de la technique cinématographique (photographie, grammaire des plans, musiques, acteurs, etc...), alors que le deuxième définit le message, la réflexion ou les thèmes qu'a voulu soulever le réalisateur dans sa démarche intellectuelle. Je considère toutefois que les meilleurs films restent ceux qui associent la forme avec le fond, comme chez De Palma par exemple, qui se plonge dans une réflexion sur le montage dans Snake eyes. Ces métrages à discours méta-filmique, Catch me if you can en fait partie.
Au premier abord, l'histoire raconte simplement le parcours d'un faussaire de chèques de paie, spécialisé dans les arnaques en tout genre. En réalité, derrière cette intrigue basique, se cache la vision d'un passionné de cinéma, qui ne peut s'empêcher d'exhiber cette obsession à travers le protagoniste du film magnifiquement interprété par Leonardo Di Caprio.
Car lorsque Frank Abagnale apprend que le secret de la réussites des yankees, c'est que leur maillot impressionne l'adversaire, il comprend l'importance primordiale des apparences. Les apparences sont trompeuses, et c'est sur celles-ci que toutes ses tromperies se baseront. Ainsi, la relation avec le Cinéma devient évidente, car le 7ème art n'est-il pas l'art du faux? Lorsqu'Abagnale se fait passer pour un agent secret auprès du personnage joué par Tom Hanks, ne découvre-t-il pas à ce moment là, l'art de la mise en scène? Celui de faire passer le faux pour du vrai en se servant des apparences? Lorsqu'il se met à pleurer devant son futur beau-père, ne devient-il pas un acteur de talent? fin du 
L'idée que développe Spielberg à travers ce film, est donc de mettre en scène un personnage qui découvre le pouvoir du cinéma, pouvoir qui par la suite, va vite devenir une idée fixe. D'une certaine manière, Abagnale devient l'allégorie de la Cinéphilie.
Bien sûr, Spielberg n'oublie pas de rebondir sur son thème de prédilection, celui de la famille, de la relation père-fils (qui pour une fois demeure bouleversante de sincérité), mais en l’occurrence, ce sujet ne m'a jamais vraiment intéressé chez notre ami réalisateur.
Néanmoins, il me semble fondamental de souligner les performances d'un Di Caprio crevant l'écran comme à son habitude, de Christopher Walken et Nathalie Baye. L'évolution en terme de maturité artistique chez Spielberg est ici flagrante.
9/10