Suite à mon sujet précédent sur Irreversible, je voudrais réagir sur les différentes réponses que j´ai reçu.
Les gars, je comprends votre point de vue. Moi-même, j´aurai pu aimer ce film s´il n´avait eu recours à ces fameuses scènes révoltantes. Je me suis arrêté à la scène de l´extincteur, choqué.
On m´a d´ailleurs reproché de juger le film sans l´avoir vu en entier, mais il m´est impossible de passer outre.
La violence peut être un formidable véhicule artistique, quand elle se prête à un contexte imaginaire. Quand elle s´inscrit dans un registre de réalisme jusqu-au-boutiste, je ne peux rester insensible et confortablement assis à ma place de spectateur passif.
Je crois que c´est Sam Peckinpah qui disait "on ne peut dénoncer la violence qu´en la montrant". Cet argument me parait un peu fallacieux, surtout quand il est partagé par le spectateur.
Il y a de part et d´autre un côté voyeur mal assumé.
On a tous ce côté voyeur, moi y compris.
Mais le cinéma vient à nouveau de franchir une barrière avec IRREVERSIBLE et colle désormais de trop près à la réalité.
Ce qui m´inquiète là-dedans, c´est quand je vois plus loin dans l´avenir.
Quand on se sera habitués à ce genre de traumatisme ( car ce film risque de faire école), on en aura tellement vu!...
Après cela, il ne restera plus beaucoup de barrières à franchir avant le snuff movie.
Je ne cautionne donc pas cette triste évolution du cinéma, qui est parfaitement capable de délivrer des messages poignants sans avoir forcément recours à de telles extrémités.